Paris Match Belgique

Oscars 2018 : l’absence de « 120 battements par minute » n’est pas un scandale

Extrait du film "120 battements par minute" | © D.R.

Cinéma

L’Académie des arts et sciences du cinéma a annoncé jeudi les titres des neuf films pré-sélectionnés pour la catégorie meilleur film en langue étrangère. Et le Français 120 battements par minute n’y figure pas. 

 

Mauvaise surprise ce matin pour le cinéma français. Alors que 120 Battements par minute de Robin Campillo figurait parmi les outsiders pour la statuette dorée de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, le magnifique film de Robin Campillo ne figure pas parmi les neuf films pré-sélectionnés. Les différents comités devaient choisir parmi 92 films candidats représentant les pays et ont donc décidé de ne pas choisir le Grand prix du jury du dernier Festival de Cannes.

Des sujets très contemporains

Pour autant – et ce serait mauvais joueur -, il est inutile de crier au scandale. Très bien accueilli sur la Croisette puis au Festival de Toronto, 120 battements par minute était déjà devancé dans le panel de critiques internationales de Screen Daily par Faute d’amour du Russe Andrei Zviaguintsev et The Square du Suédois Ruben Östlund, deux films qui figurent eux dans la pré-sélection. On retrouve aussi dans celle-ci les trois films préférés de la presse internationale lors du Festival de Berlin – Corps et âme de la Hongroise Ildikó Enyedi, le magnifique Félicité du Franco-Sénégalais Alain Gomis et Une femme fantastique du Chilien Sebastian Lelio -, l’une des révélations du Festival de Sundance, le Sud-Africain Les Initiés de John Trengove et deux chocs du Festival de Venise, L’Insulte du Libanais Ziad Doueiri et Foxtrot de l’Israélien Samuel Maoz. La surprise, c’est la présence d’In the Fade de Fatih Akin, film qui a pour lui son sujet – le terrorisme d’extrême-droite en Europe – et la présence à sa distribution de Diane Kruger, récompensée du prix d’interprétation féminine à Cannes.

On remarquera une prédilection pour les sujets contemporains – le transsexualisme, les conséquences de l’ultra-libéralisme sur l’éducation des enfants ou encore la cohabitation multi-confessionnelle au Liban. C’est peut-être la raison de l’absence de 120 battements par minute, même si ce qui se joue dans le film est intemporel et universel.

Lire aussi > « 120 battements par minute » : Ce que le cinéma peut faire pour les morts (mais surtout pour les vivants)

Bref, aucun des neuf films pré-sélectionnés n’a usurpé sa place et s’il faut regretter l’absence du film de Robin Campillo, le cinéma hexagonal peut s’enorgueillir d’avoir un réalisateur français encore en lice, Alain Gomis. Les nominations des cinq finalistes seront annoncées le 23 janvier alors que la 90e cérémonie des Oscars se déroulera elle le 4 mars prochain à Los Angeles.

CIM Internet