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5 facettes touchantes de la personnalité d’Avicii

Sorti en novembre 2017 avant d'être récemment rediffusé sur la plateforme Netflix, le documentaire Avicii : True Stories retrace la vie du jeune dj suédois, virtuose de l'électro devenu une star planétaire. | © Instagram : Avicii

Documentaires

Quelques jours avant le décès d’Avicii, Netflix diffusait un documentaire retraçant la fulgurante carrière du jeune DJ suédois. Dans Avicii : True Stories, le réalisateur Levan Tsikurishvili montre l’artiste sous son vrai jour : une personnalité introvertie, sensible et rongée par l’angoisse.

 

Quatre ans. C’est le temps qu’a pris le réalisateur Levan Tsikurishvili pour suivre le quotidien de Tim Bergling. Sorti en novembre 2017 avant d’être récemment rediffusé sur la plateforme Netflix, le documentaire Avicii : True Stories se voulait « brutalement honnête », confiait son réalisateur en octobre dernier. En 95 minutes, le film retrace la vie du jeune suédois, virtuose de l’électro devenu star planétaire, rythmé par les concerts et les souffrances causées par une santé fragile.

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Passionné de musique, rapidement devenu DJ avant d’être propulsé sur le devant de la scène, Avicii est décédé ce vendredi 20 avril, laissant sous le choc ses proches, ses fans et la scène de l’électro. S’il avait annoncé en 2016 qu’il quittait la scène, rien ne prédisait qu’il quitterait ce monde deux ans plus tard, du « haut » de ses 28 ans. Si ce n’est les appels à l’aide qu’il avait discrètement lancé entre deux tournées. En plein émoi planétaire, le mystère demeure quant à la cause du décès de l’artiste. Et dans la tête de ceux qui l’ont suivi, de près comme de loin, les questions se posent : Qui était-il ? Comment vivait-il son succès ? Et pourquoi est-il parti si tôt ?

1. Addict à la musique

« Quand j’ai commencé à mixer, je me suis donné à 100% », raconte-t-il dès les premières minutes du documentaire. C’est à se demander si le jeune Tim Bergling aurait su faire autrement alors qu’à 17 ans, dans sa petite banlieue de Stockholm, il est déjà persuadé de vouloir « créer ». Très vite, ce jeune passionné de musique s’improvise un studio dans sa chambre et bricole quelques notes sur un logiciel de mixage. Les yeux rivés sur l’écran et le casque sur les oreilles, le petit Tim passe la plupart de son temps à confectionner des morceaux, à tester des rythmes et à monter des boucles. Oiseau de nuit, rares étaient les heures de repos qu’il s’accordait « sur le toit, au soleil ».

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« La première année, j’essayer de reprendre les sons des autres. Une fois que tu as fait ça des milliers de fois, tu peux enfin commencer à improviser », explique l’adolescent à quelques accords du succès. À force de créations, de démos et de prises de contact, Tim Bergling devient rapidement Avicii avec la promesse d’un succès inespéré. De ses premiers tubes comme « Levels » ou « Wake Me Up », aux collaborations avec Niles Rodgers, David Guetta ou encore Madonna, le Suédois fait de sa passion une obsession au point de n’être plus que « l’ombre de lui-même », trop absorbé par son travail qui s’apprête à devenir une source de stress incommensuré.

2. Rongé par l’angoisse

« Les quatre ou cinq premières années, tout était grandiose ! », admet-il. Mais progressivement, les crises d’angoisse prennent le pas sur l’euphorie des premiers triomphes. Avec plus de 800 concerts en moins de dix ans, Avicii tente de canaliser le stress des tournées. En vain, puisque c’est son corps qui finit par payer. Atteint d’une pancréatite aiguë dès 2014, puis opéré de la vésicule biliaire et de l’appendice, le jeune homme à la santé fragilisée par le stress et l’alcool parvient à résister, mais se voit contraint d’annuler de plus en plus de dates. « Même pendant les périodes de pause, je n’arrivais pas à me détendre », confesse-t-il. « Ma tête continuait à penser au prochain départ en tournée. Je subissais un stress hallucinant. »

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Jusqu’au jour où monter sur scène devienne un véritable calvaire. Il annule alors plusieurs dates à Las Vegas, malgré les tentatives de son manager de le convaincre à repousser ses limites. « Ca m’angoisse déjà d’avance, je te jure. Je ne vais pas y arriver, pas moyen », lui répond-t-il en se rongeant le sang. Si à ce moment-là, il a déjà pris la décision d’arrêter les tournées, il lui reste plusieurs concert à assurer. Devant la caméra de Levan Tsikurishvili, on découvre alors un Avicii terrorisé, attendant la dernière minute avant de monter sur scène au Japon puis à Ibiza (son tout dernier show) et faire face à ses démons qui le hanteront jusqu’au dernier set. Dans une lettre ouverte communiquée après sa mort, sa famille le décrivait comme « un perfectionniste éternellement insatisfait qui a voyagé et travaillé dur à un rythme qui l’a conduit vers un énorme stress ».

3. Grand timide

« Quand je joue sur scène, j’ai l’impression d’être quelqu’un de spécial, de créer une connexion avec les gens et je me sens accepté », dit-il à la caméra. C’est que le petit Tim Berg est tout sauf un amoureux des projecteurs. Après une période sombre de sa carrière, il parvient à se recentrer en prenant du temps pour lui et en s’écartant de la scène pour se focaliser sur un deuxième album. Là, il fait la connaissance de Carl Jung en feuilletant les pages de sa « typologie des types ». Il comprend alors qu’il est ce gars introverti, peu sociable, qui préfère l’intuition à la sensation. « Les personnes extraverties vont plus facilement socialiser, aller à la rencontre des autres dans les fêtes. Moi j’ai plutôt des conversations profondes avec les gens », confie-t-il à un ami. Et d’ajouter qu’il s’est toujours senti « jugé » de ne pas être assez extraverti. Une « révélation » qui l’a amené à mieux s’accepter et à cesser de « se soucier de l’opinion des autres ».

4. L’alcool, son « remède miracle »

Parce qu’il n’était encore qu’un adolescent lors de ses premiers shows, Tim expérimente très tôt les dérives de la nuit. Et avec une telle charge de stress à canaliser, il lui fallait trouver un moyen d’assurer, coûte que coûte. « Au début, j’avais trop peur pour boire, je ne voulais pas merder », explique-t-il. « Mais je me suis rendu compte que j’étais vraiment tendu quand je ne buvais pas, alors j’ai trouvé le remède miracle : boire un verre ou deux avant de commencer ». Tombé dans le piège de l’alcool, incapable de gérer l’angoisse autant que le succès, Avicii ne s’était probablement pas imaginé qu’en évacuant ainsi la pression, sa santé finirait (aussi) par trinquer. « J’ai vu un tas de DJ boire. Des gens qui sont dans le circuit depuis dix ans et qui boivent toujours à chaque show. » Depuis le jour où il fut emmené à l’hôpital pour une pancréatite aiguë, les douleurs abdominales ne l’ont plus quitté, lui faisant perdre des dizaines de kilos et suivre de nombreux traitements. « Le gros problème, c’était que la douleur restait là. La première fois ça a duré un mois. La deuxième, j’ai eu mal pendant environ quatre mois. Ca ne s’arrêtait pas, je ne voyais pas de solution », raconte-t-il.

Capture d’écran. Avicii : True Stories

5. Poussé par son entourage

Tout le long du documentaire, on voit le jeune DJ évoluer, entouré de ses amis et supporté par son manager. Mais les années passent et l’artiste s’épuise, de plus en plus désireux de fuir ce qu’est devenu sa réalité. Son entourage – et notamment son manager Ash – le pousse alors à dépasser ses limites et à « respecter ses engagements » dès le jeune DJ commence à s’essouffler. « Je leur ai dit que je n’étais plus capable de jouer. J’ai dit ‘Je vais mourir’. Je l’ai dit tant de fois. Et je ne veux même plus entendre que je dois refaire un concert ». Pourtant, il peine à trouver l’écoute et la compréhension escomptée, bien qu’il ait toujours autant d’estime pour ceux qui l’accompagne « depuis ses débuts ». Toujours contraint de justifier ses difficultés et de résister, encore un peu plus, avant que tout s’arrête. Enfin.

Traduction : Ce moment où tu souris en repensant à des vieux souvenirs avec quelqu’un qui a été là depuis le premier jour. Je t’aime mon frère. (Tim Bergling et son manager Ash.)

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Si la famille de Tim Bergling n’apparaît pas dans le documentaire, on devine la voix de sa maman à son téléphone dans les dernières minutes du film. Inquiète, il tente de la rassurer. « Je me sens en pleine forme. Je ne ferai plus de tournée après cet été », lui promet-il. « J’essaye de tenir le coup pour les dernières dates et après, ça sera terminé. Je ne veux pas faire ça toute ma vie. Je n’aime pas assez la musique en public pour continuer à vivre comme ça ». Des propos confirmés par sa famille, quelques jours après sa mort : « Tim n’était pas fait pour la situation dans laquelle il se trouvait; c’était un homme sensible qui aimait ses fans mais qui évitait les projecteurs », écrivait-elle dans une lettre ouverte précisant que ce qu’il voulait, c’était « trouver la paix ».

Grattis på morsdag världens bästa mamma!

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Traduction : Bonne fête des mères à la meilleure maman au monde ! (Tim Bergling au côté de sa mère.)

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