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Agnès Varda : « Visages Villages est un film de paix dans un monde de chaos »

Agnès Varda et JR à Cannes. | © AFP PHOTO / Valery HACHE

Documentaires

À l’occasion de la sortie de son nouveau documentaire en collaboration avec JR, Agnès Varda se confie, le photographe la complète.

Une génération les sépare. Agnès Varda, 89 ans, est une des réalisatrices les plus emblématiques du cinéma français. Lui JR, 33 ans, est un des street artist les plus brillants de son époque. Ensemble ils ont créé de la magie. Ensemble ils ont réalisé une promenade, un voyage dans la France profonde qu’ils montrent dans le documentaire Visages Villages, en salle dès ce mercredi 5 juillet 2017. Alors depuis, Agnès et JR sont devenus inséparables. Ils ont remporté un prix à Cannes, l’Oeil d’or, et se préparent à dévoiler au grand public le fruit de leur travail. À cette occasion, les deux trublions ont évoqué leur désir de travailler à l’unisson. « J’étais curieuse de lui, j’aimais son travail. Alors on s’est amusés, on a créé du lien, une œuvre partageable », confie Agnès avant que JR ne la coupe et complète ses propos : « On a rapidement oublié les 55 ans qui nous séparent. Agnès nous fait oublier avec le cinéma la triste réalité ».

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Et c’est de cette réalité qu’il est question dans ce documentaire. Au hasard des rencontres, Agnès et JR sont allés vers les autres, à travers la France tout entière, et les ont écoutés, photographiés, parfois même affichés. Ce sont toutes ces histoires que la réalisatrice a souhaité mettre en lumière. « Mon film est un film de paix dans un monde de chaos », nous explique-t-elle. « Durant le tournage, nous avons été les témoins avec JR de la paix entre les gens, d’une paix qui existe encore en France ».

🎈 @agnes.varda ✨

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« Aucune raison de m’arrêter »

Grande dame du cinéma, Agnès Varda a remporté de nombreuses récompenses tout au long de sa carrière. Bien peu de choses aux yeux de la cinéaste. « Le premier prix que j’ai remporté en 1955 s’appelait L’Âge d’or. Le dernier, à Cannes, c’était l’Oeil d’or. Tout ça, c’est honorifique. C’est un prix de plus. J’ai une quantité de prix, parfois des objets affreux ! (rires) Mais je les garde, je suis reconnaissante ». Alors après cette longue et prestigieuse carrière, Agnès pense-t-elle arrêter ? Sa réponse est claire et nette. « Je n’ai aucune raison de m’arrêter. J’ai une liberté totale dans mon travail. J’ai le choix et c’est la plus belle des choses dans une vie ».

Visages Villages sort en salle ce mercredi 5 juillet. Alors Agnès donne un conseil au spectateur souhaitant se rendre dans les salles obscures. « Le Desplechin est somptueux, le travail d’Hazanavicius sur Le Redoutable est intéressant ». Mais le compliment se transforme vite en anecdote. « Le Godard d’Hazanavicius est imaginaire. Je connaissais Godard », confie Varda. « Je n’aurais pas dû y aller. Car Louis Garrel, aussi talentueux soit-il, ne lui ressemble pas ». Agnès Varda, la mémoire du cinéma français.

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