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« Docteur Jack », 87 ans, un anti-héros… héroïque

«Docteur Jack», en salles depuis le 8 novembre. | © Eurozoom/Episode4/Pointprod

Documentaires

Dans Docteur Jack, le cinéaste suisse Bruno Lange suit un médecin anglais de 87 ans, l’inventeur de la médecine de rue en Inde.

 

C’est une situation peu fréquente : le réalisateur de ce film extraordinaire a dû batailler avec son sujet pour… qu’il se laisse filmer ! Bruno Lange, cinéaste suisse, aime la difficulté. Mais ce fut payant. Le Docteur Jack Preger a finalement accepté une caméra jusque dans sa chambre –un cagibi d’étudiant fauché–, lui qui pourrait être riche et couler une vieillesse tranquille dans son pays, l’Angleterre.

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À 87 ans, le Dr Jack est l’inventeur de la médecine de rue en Inde. Il a passé 40 ans à soigner les déshérités des bidonvilles, entre Bangladesh et Calcutta. Intransigeant, pur et dur, il n’a jamais accepté l’aide d’États ni d’ONG. Pire, il a été jeté du Bangladesh et de l’Inde, emprisonné pour avoir dénoncé une mafia d’enfants volés, pour avoir soigné les démunis clandestinement…

Sous les bâches, il construisait une clinique d’un jour… rangeait tout le soir… Quand il ne se faisait pas balayer par les bataillons de flics qu’il dérangeait, décidément.

N’empêche, envers et contre tous, il a soigné aujourd’hui quelque 300 000 personnes.

Les personnages du film forcent l’admiration

Ce film raconte à la fois le quotidien du toubib et ses inlassables combats sur plusieurs années. L’homme est brut de décoffrage, rembarre, réconforte, jamais un mot de trop, un British qui ne la ramène pas. C’est poignant et parfois très drôle. Les personnages du film forcent l’admiration. Par exemple sœur Cyril, une Irlandaise de 77 ans qui dirige une école à Calcutta, une vieille amie. Elle a imposé une école privée où les riches paient pour les pauvres. On l’a forcée à prendre sa retraite mais… le combat continue ! Et il y a tous les Indiens à commencer par Debu, 48 ans, son super assistant, qui gère les innombrables cliniques mobiles. Et les malades, très lucides, qu’il a aidés…

L’infatigable Dr Jack, enfin reconnu dans ses œuvres, lutte ces temps-ci pour créer une école pour les « enfants du canal », à Calcutta. Un taudis qu’il parcourt chaque matin. Il va y arriver.

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