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Cœur de Loup : Juan d’Oultremont séduit avec Alicia, son roman graphique surprenant

Artiste protéiforme, peintre, collectionneur : Juan d'Oultremont est toujours là où on ne l'attend pas. | © Juan d'Oultremont

Littérature

Artiste plasticien, chanteur, parolier, auteur, collectionneur. Juan d’Oultremont est un artiste inclassable à la fantaisie furieusement belge. Dernier projet en date : Alicia, une pépite sortie aux éditions du Caïd. À la frontière entre roman graphique et thriller métaphysique, cet ovni littéraire étonne et séduit. 

Dans une autre vie, Juan d’Oultremont a écrit des chansons. Une, en particulier, qui a marqué les esprits : Coeur de Loup, de Philippe Lafontaine, c’était lui. Plutôt qu’un simple tube, le résultat de plusieurs années de travail acharné. « J’ai fait mes études avec Philippe, on s’est connus quand on avait 17 ans. On est restés très amis, et on a très vite travaillé ensemble. Quand on a écrit Coeur de Loup, cela faisait déjà treize ans qu’on écrivait des chansons, en s’étonnant qu’elles n’aient pas plus de succès. Quand c’est enfin arrivé, c’était de l’ordre du miracle ».

Collectionneur de collections

Il est comme ça Juan. Mystique, mythique, fantasmagorique. Il collectionne les rencontres, les moyens d’expression, et puis les collections. « J’en ai plus de 200. Je collectionne les soldats de plomb, mais uniquement ceux qui sont morts ou blessés, les faux cacas de farces et attrapes, les noms de tuberculeux. Avoir autant de collections, c’est un peu pathologique, mais ça a aussi un côté chasse au trésor. Et ça traduit mon envie de comprendre le monde à travers le prisme de la série ». Ou celui de la photographie.

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Un ovni littéraire qui mêle dessins, collages et écriture – Éditions du Caïd

La photo pour les nuls

Avant qu’Alicia ne prenne vie dans son récit, elle apprenait aux novices les bases d’une photo réussie. « J’ai une collection de livres pour apprendre la photo. Ils sont obsolètes aujourd’hui avec les appareils numériques, mais avant, il y en avait plein, avec à chaque fois des petits dessins explicatifs. Je me suis amusé à découper ces images, et j’en ai vite eu des centaines. J’ai acheté un album prévu pour coller des timbres, et j’ai commencé à faire des associations de dessins. Tout s’est fait de manière organique : la fille d’un des dessins est devenue mon héroïne, et un dessin de temple grec m’a inspiré pour ses origines » .

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Éditions du Caïd

À contre-courant

Le résultat : un thriller passionnant, différent, fascinant qu’on dévore d’une traite et qui hante les pensées longtemps après qu’on l’ait terminé. « J’aime bien les oeuvres d’art et les artistes qui résistent à la consommation rapide. Je réalise des oeuvres pour lesquelles il ne faut pas avoir d’à priori, et dans lesquelles l’imagination des lecteurs peut s’investir ». Et Juan d’Oultremont pousse le vice jusqu’à leur proposer d’entrer dans la peau de ses personnages : dimanche 19 mars, chez Cook & Book, on profite du lancement pour poser dans le décor d’une planche géante. Et si on s’apelle Alicia, on prend le volant de sa Ford Mustang de ’67. Un lancement sur les chapeaux de roue pour un artiste qui sort constamment des sentiers battus.

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