Voici pourquoi il y a eu un avant et un après Woodstock

Voici pourquoi il y a eu un avant et un après Woodstock

Le livre retrace le contexte historique de Woodstock, sa préparation entre rêve et doute ainsi que son incroyable déroulement dans un esprit festif, joyeux et pacifique | © Belga

Littérature

En août 1969, durant trois jours, un festival organisé dans l’État du New Hampshire va entrer au panthéon de l’histoire de la musique rock, folk, hippie et psychédélique. Un livre revient sur une incroyable aventure humaine et artistique qui avait toutes les chances de ne jamais voir le jour.

 

Par Laurent Depré. 

Quelle année, ce millésime 1969… En juillet, deux hommes posaient les premiers pieds humains sur la lune. Le même mois, Eddy Merckx remportait son premier Tour de France. Il y en aura quatre de plus. En France, le général de Gaulle quittait le pouvoir. Les États-Unis restaient englués dans la guerre du Vietnam… Et, bien évidemment, ce fameux festival de Woodstock les vendredi, samedi et dimanche 15, 16 et 17 août 1969. La matrice des festivals qui verront ensuite le jour partout dans le monde.

Révolution et psychédélisme

« Au commencement, il n’y avait rien. Ou presque. Au début des années soixante, aux États-Unis, les grands festivals musicaux qui se tiennent en plein air ressemblent à des kermesses familiales. Les scènes sont rudimentaires : quelques palettes de chantier, sommairement assemblées en guise d’estrade, à peine surélevée. » Ce sont les premières lignes de l’excellent ouvrage de Michka Assayas Woodstock – Three days of peace & music. L’auteur l’explique en préambule, c’est à une vraie révolution, musicale et existentielle, que l’on assiste à cette époque. Le tout tient en un seul mot : psychédélisme. « Le psychédélisme cristallise toutes les conditions qui lui donneront sa dimension historique : le besoin de communion, la prise collective de stupéfiants pour atteindre un état de délivrance. Sans oublier un élément essentiel : la surenchère sonore. »

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Comme le rappelle Michak Assayas, Woodstock reste emblématique cinquante ans après pour bon nombre de raisons. Parmi celles-ci, le nombre de festivaliers : 400 000. Le lieu : d’immenses champs de luzerne créant un amphithéâtre naturel magique. La logistique : rien ou presque rien pour accueillir de centaines de milliers de personnes. L’incertitude jusqu’au bout : très vite les organisateurs se retrouvent sans plus aucune liquidité. La musique : des prestations de dingues de groupes relayées par des enceintes dignes de ce nom.

Un livre de 168 pages avec de nombreuses photos rares et inédites. © GM Editions.

Le livre retrace donc le contexte historique de Woodstock, sa préparation entre rêve et doute ainsi que son incroyable déroulement dans un esprit festif, joyeux et pacifique. Aucune panique, aucun fait divers sur une période de trois jours avec un aussi grand nombre de jeunes, pour la plupart défoncés aux drogues, tient du miracle. Certains voudront y voir un miracle… hippie. Une Amérique libérée de ses démons, sans dimension raciale, sans distinction sociale. Une Amérique réconciliée dans laquelle ne règne que l’amour.

L’attrait de cet ouvrage tient aussi de la précision chirurgicale avec laquelle les prestations de l’ensemble des combos est analysée : line-up, composition des groupes, setlist, force de la prestation, accueil du public, ambiance générale, anecdotes sur les groupes… Il y a aussi des témoignages directs de personnes ayant vécu ce festival. C’est rempli d’informations pertinentes qui offriront aux plus anciens de beaux souvenirs et aux plus jeunes un éclairage sur ces fameuses sixties.

Avec un constat, de part et d’autre de ces cinquante années, l’espoir d’un autre monde, meilleur, est toujours le moteur de la jeunesse. Notons encore le partage de la discothèque Woodstock idéale tout comme la playlist d’avant-Woodstock. Des titres qui fleurent bon l’effervescence sociale de l’époque comme « A change is gonna come », « People got to be free », « Bring’em home », « The land is your land »… Il y a cinquante ans, vraiment ?

Woodstock, Three days of peace & music – Michka Assayas, GM Éditions

L’artiste Richard Evans en plein show à Woodstock. © KPA

 

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