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Cafés littéraires, book clubs : la lecture se réinvente en Belgique

En groupe ou en solo, en 2017, la lecture revient à la page | © CJ

Littérature

Attentats, inégalités de plus en plus marquées, montée des extrémismes… Face à un quotidien de plus en plus anxiogène, la lecture s’avère plus nécessaire que jamais. Et en 2017, les initiatives se multiplient pour la savourer.

Meubles chinés, brique apparentes, produits bio et/ou locaux. De prime abord, rien ne distingue Parade des autres établissements qui entourent le bouillonnant Parvis Saint-Gilles. Et pourtant : ici, le café se déguste sucré ou serré, mais surtout, accompagné d’une bonne dose de lecture. Ouvert à l’automne dernier à l’initiative de Sarah Riguelle, ce café littéraire offre une oasis en pleine ville, et une échappée salutaire au gré des pages tournées.

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Magazines, littérature et produits bio et/ou locaux au menu de chez Parade – Parade

Recette gagnante

Au menu : romans graphiques, littérature made in Belgium ou encore magazines engagés, à l’image de Médor, que l’on déguste accompagné de sandwiches maison ou d’une tranche de crapuleux carrot cake. Une recette qui plait, et que l’on retrouve également à l’Air Libre, café littéraire ouvert à l’ombre des étangs d’Ixelles l’année dernière. Le pari de Medhi Blondiau, heureux propriétaire de ce café culturel tout de bois blond vêtu : réinstaurer la convivialité dans les librairies.

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Des livres, des bières artisanales mais aussi des jeux de société à l’Air Libre – L’Air Libre

La convivialité au chapitre

Ainsi qu’il la confié à La Libre, « j’ai travaillé plusieurs années durant dans différentes librairies, Tropismes et 100 papiers, notamment. Je voulais ouvrir ma propre librairie, mais se limiter à l’activité de la vente de livres ne suffit pas. J’ai donc pensé au café littéraire, mais pas seulement pour la rentabilité ! Je voulais surtout réinstaurer de la convivialité dans les librairies, souvent trop austères. Ici, je ne veux pas qu’on se sente gêné. L’endroit est accueillant et convivial » .

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En 2017, le book club se dépoussière – Alphabeta Magazine

« On lit ce qu’on veut, avec l’envie qu’on a »

Autre recette gagnante pour une lecture conviviale : le book club, qui avec l’avènement des réseaux sociaux, n’est plus confiné aux papivores compulsifs et aux retraités. La preuve : Alphabeta Magazine, parangon du cool à la belge, a lancé son « Wonderful Alphabeta Book Club » le mois dernier. Réflexion à l’origine du projet : « on aime tous ça, se plonger dans un livre un dimanche après-midi, le nez dans la buée d’un thé fumant… Mais il manque quelque chose, non ? Et si on partageait nos impressions avec d’autres personnes qui l’ont lu ? ». Dont acte : roman graphique, science-fiction et épopée féministe sont au programme, avec un rendez-vous fixé au 23 avril prochain pour les disséquer. Et une promesse : « On lit ce qu’on veut, avec le temps, l’énergie et l’envie qu’on a. À la fin, pas d’examen, mais du temps pris pour soi et l’occasion de se retrouver pour lire, fêter et réfléchir » . Vous reprendrez bien une petite page ?

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