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L’ensorcelant Olivier Norek côtoie les sommets du polar : « Mon métier m’a fait voir la part la plus sombre de l’être humain »

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Olivier Norek sera le parrain du tout nouveau salon de l’Iris Noir, dédié au polar, qui se tiendra à Bruxelles les 1er et 2 novembre. | © Bruno Chabert

Littérature

Il n’aura pas fallu longtemps à l’auteur pour connaître l’engouement du public et la reconnaissance de ses pairs. Son 5e roman Surface le fait accéder au succès populaire. Olivier Norek a tout bon : le style, le sens du rythme et les intrigues fouillées.

Certes, Olivier Norek n’est pas le premier officier de police à passer du terrain aux mots. Mais au-delà de l’ouvrage bien troussé à vocation de divertissement, il magnifie le polar humaniste. Son roman précédent Entre deux mondes levant le voile sur la Jungle de Calais n’est rien moins qu’un pur chef-d’œuvre, justement acclamé. Avec son nouvel opus, Surface, il crée un personnage fort de femme-flic, le visage défiguré, parachuté dans un village de rase campagne à la criminalité zéro. Mais la jeune femme tenace sait chercher les indices engloutis…

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Après 18 ans comme lieutenant de police, il est en « disponibilité ». S’il ne pense pas renouer un jour avec ce métier, Olivier Norek commence seulement à se voir comme un auteur à part entière. Qu’il se rassure, il en est un et majeur.

Paris Match. Comment amorcez-vous une nouvelle intrigue ?
Olivier Norek. Quand j’imagine une histoire, il peut m’arriver de regarder le vide durant 2 h dans mon bureau, je laisse des images venir, je visionne mon film. Et pour l’écriture des dialogues, je parle, je les récite à voix haute. Cela me permet de mieux cerner le bon vocabulaire pour chaque personnage.

Retrouvez-vous votre costume de lieutenant de police quand vous effectuez des recherches pour un nouveau roman ?
Au plus je choisis un sujet d’investigation, au plus je réalise que je n’y connais rien ! J’ai donc besoin d’enquêter, de rencontrer des gens, en l’occurrence ici des plongeurs de la fluviale pour comprendre le matériel qu’ils utilisent. Une fois les infos rassemblées, je réalise un « criminal board », un tableau similaire à celui utilisé chez les flics pour étudier les différents suspects et hypothèses. Vient ensuite un tableau d’émotions afin d’alterner les scènes d’enquête avec des scènes de groupe, de famille, d’action, de mystère… Enfin, je retiens la leçon de John Irving : terminer avec cette idée de « Tout ça pour ça ! ». Le final doit être un climax et justifier les 500 pages qui précèdent pour que le lecteur reste sur un sentiment puissant.

Olivier Norek, Surface, Michel Lafon, 424 p.

Était-ce un choix de travailler à la police judiciaire ?
Flic c’est 100 métiers différents, tout dépend de votre sensibilité, qui aime bosser à la Brigade criminelle ne se passionne pas pour la financière. J’ai fait partie durant 2 ans d’une brigade anti-viol et je menais les interrogatoires des victimes d’agressions sexuelles. Il y a 250 000 flics et gendarmes en France,t de la sociét on ne peut pas être autre chose que le reflet exacé, avec aussi ses tordus, ses fachos, ses racistes. Mais il y a tellement de gens bien parmi les flics.

Je pense être au sommet de mes névroses !

L’humain n’est-elle pas la notion qui guide toutes vos décisions professionnelles ?
Je ne sais pas faire autrement. J’ai fait l’armée, des missions humanitaires de 17 à 19 ans, flic et maintenant auteur, je pense être au sommet de mes névroses ! J’ai toujours besoin de l’autre pour exister, de comprendre le monde et de transmettre mon ressenti. En écrivant un roman noir sur la Jungle de Calais, je n’apporte pas de solution mais j’espère ouvrir les yeux du lecteur. Et avec « Surface », j’aborde le thème de l’acceptation de l’autre. Mon métier m’a fait voir la part la plus sombre de l’être humain, l’écriture me fait aborder toute sa complexité.

Où en êtes-vous de vos projets d’adaptation et de tournage de vos romans ?
Je suis en train d’étudier la possibilité d’adapter « Surface » en série. Pour « Entre deux mondes », il s’agira d’un film au casting international réalisé par Gilles Paquet-Brenner. Le tournage est prévu en 2020.

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