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Nos 5 albums mythiques d’Astérix et Obélix

Le 38e album des Gaulois était paru fin 2019, La fille de Vercingétorix. | © Photo by EMMANUEL DUNAND / AFP

Littérature

Albert Uderzo, orphelin de plusieurs décennies de son copain et comparse René Goscinny, a rejoint lui aussi le paradis des dessinateurs ce 24 mars à l’âge canonix de 92 ans… Retour sur cinq albums d’Astérix et Obélix qui ont bercé notre enfance et restent des classiques du genre encore aujourd’hui.

 

Par L.Dp

L’exercice est forcément subjectif et de mauvaise foi. Comment se mettre d’accord devant une telle œuvre populaire du 9e art ? En avançant seul pardi ! C’est ce que nous avons fait avec l’unique Idéfix de vous donner l’envie de vous replonger dans les albums des Gaulois ou de les faire connaître à votre descendance. Vous serez certainement d’accord ou pas du tout avec ce choix qui est tout sauf exhaustif. D’ailleurs, nous nous sommes arrêtés à l’ultime collaboration Goscinny-Uderzo. Encore une fois, l’auteur de ces quelques lignes s’est fait plaisir…

La Serpe d’or (1960)

 

©DR

Tous les Astérix, encore aujourd’hui, répondent à une série de gimmicks drôles et croustillants, des rendez-vous hilares qui rythment chaque album. Un processus qui se met en place très vite dans le travail de Goscinny et Uderzo. Les auteurs parviennent toujours aussi à tisser des liens, des passerelles entre les époques. C’est le cas de La serpe d’or dans lequel nos héros s’en vont « à la capitale », Lutèce, à la recherche d’un cousin éloigné d’Obélix qui peut leur vendre une nouvelle serpe afin de cueillir du gui, composant essentiel dans la confection de la potion magique dans laquelle Obélix… Bref, vous avez compris.

Dans ce second album, les Gaulois découvrent la grande ville : bruyante, encombrée, polluée, agressive… Une plongée dans un enfer urbain loin de leur Armorique chérie.

Le combat des chefs (1966)

©DR

Sans doute, à nos yeux du moins, l’un des plus marrants de la série. La mise en scène est encore plus dynamique qu’un vaudeville d’un théâtre de grand boulevard parisien. En 1989, un dessin animé nommé Le coup du menhir relata d’ailleurs l’histoire sur grand écran. Abraracourcix doit défier un autre chef gaulois, bien plus costaud que lui, et les Romains n’attendent que cela pour prendre le pouvoir définitivement. Avec la potion préparée par Panoramix, cela ne devrait être qu’une formalité, mais voilà.

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Un album qui voit Astérix s’arracher les cheveux, encore plus que d’habitude, devant les maladresses de son complice. Mention spéciale pour les pages où Panoramix et un autre druide, tous deux rendus amnésiques et fous, font un concours de recettes…Très drôle !

Astérix et les Normands (1966)

©DR

Bon… D’accord, nous sommes un peu influencés par la série Vikings actuellement diffusée sur Netflix. Mais l’album est vraiment une réussite. Un neuvième tome qui s’est écoulé à plus de 1,2 million d’exemplaires. Les Normands, en plein raid sur les côtes « françaises », enlèvent Goudurix, le neveu peureux d’Abraracourcix. Pourquoi lui ? Parce qu’il a… peur et qu’il le montre. Et que la peur, paraît-il, donne des ailes. C’est ce que les hommes du Nord croient et veulent vérifier. Un scénario adapté en dessin animé dans les années 2000 (Astérix et les Vikings) et porté, en partie, à l’écran dans Astérix au service de sa majesté. Le nom du chef des Normands ? Grossebaf !

Obélix et Compagnie (1975)

©DR

Il est aussi une ritournelle dans les albums des deux Gaulois : leur dispute régulière nez contre nez et visages rougis par la colère. Pour ensuite s’ignorer vertement et finir par se sauter dans les bras avec fortes embrassades. Dans cet album, Astérix et Obélix vont être très en dispute, leur amitié vacillant. Bien entendu, ce sont les Romains qui sont à la manœuvre de cette mésentente.

En quelques temps, il font d’Obélix l’homme le plus important de son village, l’enrichissent et en font un entrepreneur. L’argent, la réussite et la fortune éloignent souvent les hommes de leur amis. Le village se divise au lieu d’en tirer profit. Un album intelligent sur fond de crise économique, de campagnes publicitaires tonitruantes. Des thèmes récurrents dans des années 70 touchées de plein fouet par diverses crises.

Astérix chez les Belges (1979)

©DR

Forcément… Mais il y a des raisons ! Rien que pour la galerie de trognes des stars belges de l’époque, cela vaut le détour : Annie Cordy (sur la couverture), Eddy Merckx,… Ensuite, René Goscinny décéda durant l’élaboration de ce 29e album. Il ne restait au duo plus que huit pages pour achever cette aventure chez les voisins du nord. Enfin, c’est une auto-critique aussi du chauvinisme français.

Apprenant que Jules César parle des Belges comme des plus braves des peuples de la Gaule, le village d’Astérix n’en croit pas ses oreilles et veut voir de ses yeux voir qui osent prétendre à un tel titre.

Mais c’est également une histoire de respect et de fraternité entre deux peuples très proches. On ne compte plus les références gastronomiques et culturelles belges. Rien que la couverture fait clairement référence au banquet de Pieter Brueghel l’Ancien, illustre peinture de la Renaissance.

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