Paris Match Belgique

Décès de John le Carré : 3 romans incontournables du maître d’espionnage à (re)découvrir

john le carré

John le Carré en 2011. | © 51. Internationale Filmfestspiele / Berlinale in Berlin : John le CARRE , britischer Schriftsteller , 11.02.2001 John le CARRE , Writer , 11.02.2001 IMAGO

Littérature

John le Carré celui par qui l’espionnage est devenu un genre littéraire nous a quitté ce samedi 12 décembre à l’âge de 89 ans. Il laisse derrière lui une vingtaine de romans inspirants et addictifs.

 

John Le Carré avait accédé à un succès international après la parution de son troisième roman, L’Espion qui venait du froid (1964), qu’il écrivit à 30 ans, « mangé par l’ennui » que ses activités de diplomate à l’ambassade britannique de Bonn en Allemagne lui procuraient. Le roman, vendu à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde, raconte l’histoire d’Alec Leamas, un agent double britannique, passé en Allemagne de l’Est. Son adaptation au grand écran, avec Richard Burton dans le rôle-titre, marque le début d’une longue collaboration avec le cinéma et la télévision.

Pour revenir plus largement sur son oeuvre, nous avons demandé à Marc Filipson, à la tête de la librairie Filigranes, les trois incontournables du maestro britannique à découvrir ou à découvrir. Voici sa sélection.

Les 3 incontournables de John le Carré selon Marc Filipson

1. Retour de service

Marc Filipson : « Parce que c’est son dernier roman qu’il a écrit à 88 ans »

Synopsis : À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une dernière mission : diriger le Refuge, une sous-station du département Russie où végète une clique d’espions décatis. À l’exception de Florence, jeune et brillante recrue, qui surveille de près les agissements suspects d’un oligarque ukrainien.

Nat n’est pas seulement un agent secret. C’est aussi un joueur de badminton passionné. Tous les lundis soir dans son club il affronte un certain Ed, grand gaillard déconcertant et impétueux, qui a la moitié de son âge. Ed déteste le Brexit, déteste Trump et déteste son travail obscur. Et c’est Ed, le plus inattendu de tous, qui mû par la colère et l’urgence va déclencher un mécanisme irréversible et entraîner avec lui Prue, Florence et Nat dans un piège infernal.

2. L’espion qui venait du froid

livres john le carré

« C’était une ouverture au genre littéraire et j’ai découvert cette littérature d’espionnage que je ne connaissais pas »

Synopsis : 

« – Roulez à trente à l’heure, ordonna l’homme d’une voix tendue, anxieuse. Je vous indiquerai le chemin. Quand nous serons arrivés, il faudra descendre de voiture et courir jusqu’au mur. Le projecteur sera braqué sur l’endroit où vous devez passer ; tenez-vous immobiles dans le rayon lumineux. Dès que le faisceau sera déplacé, commencez à grimper. Vous aurez quatre-vint-dix secondes. Vous monterez le premier, dit-il à Leamas, et puis ce sera au tour de la fille. »

Le livre qui a révolutionné le roman d’espionnage.

3. La Taupe

« Parce qu’on y retrouve Georges Smiley, le personnage-clé des livres de John le Carré. C’est un grand classique »

Synopsis : Petit et bedonnant, George Smiley est l’un des meilleurs agents du « Cirque, » le quartier général des services secrets britanniques. À la retraite depuis un an, il envisage de vendre son hôtel particulier londonien pour s’installer à la campagne. Son rêve prend fin lorsqu’il est discrètement conduit chez un membre du cabinet du Premier ministre. Il s’y retrouve en compagnie de Ricki Tarr, un agent récemment revenu de mission à Hong-Kong. Là-bas, il avait réussi à retrouver l’espionne russe Irina, mais celle-ci a été rapatriée d’urgence à Moscou. Toutefois, elle a réussi à lui confier un message capital : une taupe s’est infiltrée dans les rangs de la direction du « Cirque ». Smiley est secrètement chargé de démasquer le traître.
Personnage fétiche du romancier, Smiley se trouve ici opposé pour la première fois à Karla, chef du « Centre » et maître de l’espionnage soviétique.

CIM Internet