Paris Match Belgique

Machine Jihad : « Le recrutement jihadiste commence dès 9 ans »

Maria Mourani s'est penchée sur le destin de 10 jeunes pour en raconter l'embrigadement... | © DR

Littérature

La sociologue et criminologue canadienne Maria Mourani nous emmène, à travers son dernier livre Machine Jihad, dans la tête de dix jeunes qui lèvent le voile sur leur basculement. Troublant et dérangeant, cet ouvrage nous amène à réfléchir aux mécanismes qui peuvent mener à l’innommable…

 

Interview Laurent Depré
Vidéo Maxime Daix

« Au fond, la machine jihad, c’est la cartographie d’agencements de tous les éléments qui traversent une vie et qui amènent à une transformation »… C’est par ces mots que l’auteure démarre le long entretien qu’elle a accordé à Paris Match Belgique.

Maria Mourani a rencontré dix jeunes, ou leurs parents, qui se sont laissés approcher par les réseaux de recrutement djihadistes pour partir en Bosnie, en Syrie ou en Iraq. Beaucoup l’ont fait, d’autres ont reculé au dernier moment dans un sursaut de vie. Beaucoup sont morts là-bas ou ici, d’autres tentent de reconstruire leur vie aujourd’hui.

Avec la chercheuse, nous avons tenté de comprendre, sans jamais dédouaner ou excuser, ce qui peut mener à la plus grande des déshumanisation. Car tous les cas sont différents en ayant néanmoins des traits communs.

Parfois, les explications seront tout simplement inaudibles pour les familles des victimes et à juste titre. Surtout lorsque Maria Mourani parle de jeunes qui sont partis là-bas ou qui ont commis des abominations sur le sol européen afin de « triper » pour fuir la monotonie de leur propre vie…

Mais l’auteur invite, et c’est sans doute le plus urgent, à dépasser la satisfaction du simple anéantissement par voie militaire d’organismes tels que Daech pour un travail en profondeur dans les foyers. Comme elle le dit dans l’entretien, « le recrutement commence dès 9 ans« … Et un futur Daech est probablement déjà en marche.

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