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Joël Dicker : «C’était le bon moment pour monter ma maison d’édition»

Un imprimeur et un auteur-éditeur feuilletant un ouvrage tout juste sorti des presses. Hubert Pédurand (à g.) et Joël Dicker. Éric Garault / Paris Match

Littérature

L’auteur a fondé sa propre maison d’édition pour publier un nouveau best-seller, L’affaire Alaska Sanders, la suite de L’affaire Harry Quebert. Nous l’avons accompagné jusqu’à l’imprimerie, là où tout commence… Extraits de notre interview.

D’après un article Paris Match France de Gaëlle Legenne

Paris Match. Comment est née “L’affaire Alaska Sanders”, votre nouveau roman ?
Joël Dicker. Quand, en 2011, j’ai terminé La vérité sur l’affaire Harry Quebert, j’avais en tête une trilogie. J’avais démarré une suite, qui a été contrariée par le succès. Je me suis dit : les gens ont aimé L’affaire Harry Quebert, mais le suivant ? S’il est différent, ils trouveront que c’est moins bien, ou le même que le précédent ? Comment vais-je me renouveler ? J’ai préféré laisser l’histoire de côté. J’ai ensuite écrit Le livre des Baltimore. Ce n’était pas un policier mais une saga. Et puis je gardais Marcus, mon personnage. C’était comme un tome 3. Finalement, il y a deux ans, j’ai senti que je devais écrire ce tome 2. J’avais pris du recul, évolué. Dix ans avaient passé depuis Harry Quebert. C’était le moment.

Vous vous êtes retrouvé sans éditeur l’an dernier… Comment avez-vous vécu cette période ?

Après le décès de Bernard de Fallois, en  2018, puis quand j’ai appris que sa maison d’édition allait fermer, je me suis posé pas mal de questions. Au fil des ans, j’avais commencé à donner des idées pour la couverture, ensuite j’ai eu envie de prendre une place dans la conception du livre, la promotion, les décisions stratégiques. J’avais repris moi-même les droits étrangers, avec tout ce que cela implique comme gestion dans 50 pays. J’aime ces responsabilités. Débarquer chez un éditeur traditionnel en lui disant : “J’aime mettre mon nez de la conception à la fabrication du livre”, ç’aurait pu être vu comme une prise de pouvoir. Ç’aurait été difficile.

Vous avez dû quand même être sollicité par quelques maisons ?

Il y en a eu, mais je savais que je ne pourrais pas remplacer Bernard. Et je ne suis pas très intégré dans le milieu de l’édition de Saint-Germain-des-Prés. Mais ça me va très bien. Peu à peu, je me suis dit que j’allais mettre le centre des opérations à Genève. Bref, c’était le bon moment pour monter ma propre maison. Si ça ne marche pas, je pourrai toujours chercher un éditeur, un jour. Dans ce sens, c’est plus facile. J’aurai essayé au moins…

«L’affaire Alaska Sanders», éd. Rosie & Wolfe, 576 pages, 23euros.

Retrouvez la suite de cette interview dans Paris Match n°3801 du 10 au 16 mars 2022

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