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Avec Les Ondes Marcinelles, Dupuis s’attaque au roman graphique

Nouvelle collection de BD chez Dupuis : Les Ondes Marcinelle

A l'image d'Air Libre, Les ondes Marcinelle se détachent partiellement du coeur de cible historique. | © Dupuis

Littérature

Le célèbre éditeur belge de bande dessinée vient de combler un vide avec une collection qui se veut néanmoins en lien avec l’ADN de Dupuis. Rencontre avec son directeur éditorial Stéphane Beaujean.

 

Par Laurent Depré

Fin août, le nouveau label « Les Ondes Marcinelle » a vu le jour avec comme oeuvre de lancement l’autrice flamande Clara Lodewick et son « Merel ». Deux autres ouvrages sont déjà prévus au moins avant la fin de l’année.

« Les Ondes Marcinelles » entendent se détacher du coeur de cible historique de la maison Dupuis tout en gardant un point d’ancrage avec la bande dessinée populaire. Il s’agit de « défendre une vision humaniste et de proposer des portraits du monde faits de conviction et d’authenticité ». Nous avons discuté avec Stéphane Beaujean qui destine cette collection aux amateurs de récits romanesques, de films et d’épopées humanistes.

Pouvez-vous expliquer la genèse de cette nouvelle collection chez Dupuis, Les Ondes Marcinelle ? 
« Nous voulions proposer une nouvelle collection de bandes dessinées contemporaine basée sur le travail de jeunes auteurs. Dans l’ensemble des projets que nous recevons, trois livres avaient des caractéristiques assez similaires qui ont confirmé notre volonté d’aller vers ce nouveau label. Nous avons ouvert les portes à des auteurs novices dans une veine romanesque plutôt que dans des livres à « pitch »… Ce sont plutôt des portraits d’un territoire ou d’une époque à travers un personnage.C’est un regard sur la société via le récit. Dupuis veut les accompagner dans leur développement en tant que jeunes artistes. »

Vous mettez un pied dans un style dans lequel Dupuis était plutôt absent jusqu’à présent. C’était important ?
« Oui, cela nous permet en effet de nous engager dans la veine du roman graphique très importante dans la BD contemporaine. Avec cet ADN Dupuis car l’autrice de Merel est Belge, ce qui était déjà un élément de départ très important à nos yeux. Il est rare aussi de voir dans les grandes maisons d’édition des premières oeuvres. L’habitude étant davantage d’aller débaucher des auteurs de la scène indépendante. C’est la philosophie historique du Journal de Spirou : cette sorte de grand laboratoire. »

Selon des dernières statistiques du secteur du marché du livre en fédération Wallonie-Bruxelles, la BD se porte plutôt bien. Le marché est tiré par les ‘petites cases’ avec 33% d’augmentation en 2021.
« Vous avez raison, la BD a eu le vent en poupe suite au confinement… On sait que le monde du livre réagit souvent aux crises économiques. C’est un secteur prisé en ces temps-là. C’est donc plus d’ordre conjoncturel mais il faut souligner que la BD s’ouvre de plus en plus à des profils de lecteurs différents et sort de sa niche. »

La vague manga, qui connait une fulgurante progression aussi chez nous, touche-t-elle également les éditions Dupuis ?
« Nous en éditons depuis deux ans et nous constatons également une belle croissance. C’est un genre très populaire en effet qui correspond de plus en plus à l’époque, c’est ce qui explique son succès avec une offre pléthorique. »

Merel : une humanité sans faille face aux cancans d’un village

Merel partage sa vie entre l’élevage de canards et le journalisme pour la presse locale du petit village de la campagne flamande. Dans son temps libre, elle cultive une relation amoureuse avec un amant plus jeune qui partage ses passions et habite la commune voisine. Mais un soir, lors d’une réunion entre habitants, Merel fait une blague candide sur la sexualité de l’un des joueurs de l’équipe de foot du village qui est très mal reçue par sa femme. Commence contre cette femme libre une kabbale qui s’envenime lentement….

C’est donc la Belge Clara Lodewick qui ouvre le bal de cette nouvelle collection. Et c’est à un bal aux « faux-culs », aux médisants et autres hypocrites auquel elle nous invite… Le choix de cette histoire colle parfaitement avec la philosophie des Ondes Marcinelle. On est accroché à un récit qui pourrait se terminer très mal. Heureusement, c’est souvent dans la sagesse d’un enfant que la clef réside… À découvrir !

 

©DR

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