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Dans sa bulle : Le grand retour de Kid Paddle, le roi des jeux vidéo et du gentiment gore

Dans sa bulle : Le grand retour de Kid Paddle, le roi des jeux vidéo et du gore

Dans cette rubrique bimensuelle, on fait le tour des BD sorties ces dernières semaines. | © Dupuis

Littérature

Cette semaine nous vous présentons quatre bandes dessinées, aux styles très différents. Que ce soit l’ultime aventure d’Adèle Blanc-Sec, la vie de Jeanne d’Arc ou l’imagination débordante de Kid Paddle, il y aura forcément un ouvrage qui vous conviendra !

 

Par Elodie Metral et Laurent Depré

Depuis cet été, Parismatch.be vous invite chaque semaine à vous plonger dans l’univers de la bande dessinée en vous proposant toute une série d’aventures pour adultes, pour jeunes et ados ! L’offre en 2022 est abondante et de qualité : c’est un secteur qui, période de crise oblige, a connu un boom durant la Covid-19. Voici nos coups de coeur cette semaine !

Bunker : L’adolescence des sens

Le Pitch : En un an, Jessica a changé. Garçon manqué aux cheveux hérissés et courts, aux épaules carrées et à l’énorme poitrine aplatie sous un survet de caillera, elle retrouve Antoine et Bozo, ses camarades de vacances qu’elle n’a pas vus depuis l’été précédent. Ensemble, ils élisent quartier général dans un bunker abandonné. À l’intérieur de cet espace clos, le petit groupe traîne, fume, se bat, s’invente des histoires, se disloque et se ressoude.

Notre avis : Histoire d’ados en vue ! Et tous les tremblements, les orages, les incompréhensions, les questionnements qui en découlent. Cette nouvelle parution de la collection Les Ondes Marcinelle cadre parfaitement avec la volonté de faire de la BD sociale et humaine chez Dupuis. C’est le Français Camille Poulie qui est à la manoeuvre dans cette histoire de désoeuvrement de la jeunesse en région picarde. Le trait sombre, noir même, de l’auteur convient parfaitement à ce bunker qui recueille et enferme tant de petites choses. Un témoignage historique de la folie humaine fait de béton qui est transcendé en lieu de fantasme, d’expérimentation, de jeu et d’espionnage pour des jeunes qui n’ont pas beaucoup de perspective à part celle de comparer la taille de leur sexe…

©Dupuis

Adèle Blanc-Sec – Le bébé des Buttes-Chaumont (Tome 10) : La der des der !

Le Pitch : Grâce à Honoré Fia, son illustrateur de beau-frère, Adèle échappe au poison du Docteur Chou, qui transforme son prochain en bovin écervelé. Mais elle n’est pas tirée d’affaire pour autant, puisqu’un autre danger la guette : des clones explosifs qui lui ressemblent comme deux gouttes d’eau et se font sauter aux côtés de pontes du gouvernement pour lui faire porter le chapeau !

Notre avis : La série démarée il y a 46 ans par Tardi connait donc un dixième et dernier tome, 15 ans après Le Labyrinthe Infernal. Et comme argument marketing imparable, l’auteur et Casterman nous le disent déjà : « n’attendez pas la suite, il n’y en aura pas ! » Quel plaisir de retrouver une ultime fois cet univers déjanté comme dans un rêve sous asbinthe… Ces rues et monuments parisiens qui se découpent dans les faisceaux de l’éclairage public sous un petit crachin dégueulasse. Avec toujours cette galerie de personnages échappés du musée des horreurs. Ne prenez pas la série en cours, vous n’y comprendriez rien tellement c’est rempli de références aux tomes passés. Tardi ne fait aucune concesion, n’essaie pas de s’attirer un nouveau public. L’univers d’Adèle Blanc-Sec n’a pas évolué depuis 1976 et c’est tant mieux. Comme le disait l’auteur lui-même sur France Culture il y a quelques semaines : « J’avais laissé mes personnages sur une violente épidémie et sur des clones explosifs d’Adèle en 2007… L’histoire m’a un peu rattrapé et j’ai dû composer une suite avec cette réalité. Vous remarquerez que le volume est un peu plus épais. Je devais régler certains comptes et il était hors de question d’un onzième tome. » Pour notre plus grand plaisir !

Moi, Jeanne d’Arc – Fille de France adulée et puis brûlée

Le Pitch : À la veille de son exécution, Jeanne d’Arc se raconte au fil d’une vibrante confession. La Pucelle d’Orléans passe en revue les grands épisodes de sa destinée hors norme : de son enfance à Domrémy jusqu’à son procès à Rouen, en passant par le siège d’Orléans ou le sacre de Charles VII à Reims. Jugée comme sorcière, reconnue plus tard comme sainte, Jeanne est d’abord une jeune femme qui s’élance au-devant de tous les dangers dans la tourmente de la guerre de Cent Ans. Celle qui se dit guidée par des voix célestes laisse parler la sienne à travers un récit épique.

Notre avis : En 2021, pour « commémorer » les deux cents ans de la disparition de l’empereur Napoléon, la même maison d’édition sortait le premier livre de cette série de romans graphiques consacrés aux grands personnages historiques de France. C’est Jeanne d’Arc qui se retrouve cette fois-ci sous l’inspiration du même duo Vincent Mottez-Bruno Wennagel. Et c’est une excellente manière de se plonger dans la vie de celle qui a beaucoup laissé de traces et dont la courte vie a donné lieu à des centaines d »ouvrages et de films. Cette jeune fille, qui n’avait pas même 20 ans lors de son supplice sur le bûcher à Rouen en 1431, à tout pour inspirer la jeune génération qui ne la connaîtrait pas bien. L’alternance textes courts et planches dynamiques qui placent l’héroïne dans une scène de ses aventures donnent un rythme parfait à ce récit historique. Tout comme le découpage des faits marquants de la cheffe de guerre en une quinzaine de dates clés ainsi que la narration à la première personne. Une collection à découvrir au plus vite !

Kid Paddle – Silence of the lamps, tome 18 : Un personnage et un style qui ne viellit pas

Le pitch : Kid Paddle devrait s’appeler « King Paddle », tant il est un super pro des jeux vidéo (surtout ceux où l’on dégomme des Blorks). Mais Kid porte ce nom car il est aussi un gamin comme les autres, si ce n’est qu’il possède un faible pour tout ce qui est gore, gluant et répugnant… Ce qui lui donne mille et une idées de blagues qu’il va vous présenter dans son tout nouvel album ! Sa sœur Carole, première de classe désespérément raisonnable, risque encore d’avoir quelques petits soucis, tout comme son père fonctionnaire aussi cravaté que flegmatique !

Notre avis : Court et efficace. C’est ce qui pourrait le mieux résumer les bandes dessinées Kid Paddle. Bien que Midam signe son dixième album de la collection, le style, le dessin et les personnages ne prennent pas une ride. On retrouve toujours une certaine fraicheur que ce soit grâce aux personnages qui ne manquent pas de nous surprendre, dans les gags toujours plus inventifs que jamais, ou dans les nouvelles technologies avec les nouveaux airpods de Kid. Les fans de la première heure dévoreront cette BD d’une traite, comme les nouveaux lecteurs… et c’est aussi ce qui fait la force de Kid Paddle : des personnages directement attachants sans avoir besoin d’avoir lu les tomes précédents. Même si le papa est parfois désabusé par son fils, il n’hésite pas à acheter exprès des légumes aux formes étranges pour lui faire plaisir. Concernant Rachel et Carole, on adore leur amertume.

Dans sa bulle : Le grand retour de Kid Paddle, le roi des jeux vidéo et du gore
Kid Paddle, Silence of the lamps. © Dupuis
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