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Sorties BD : une bande de Titis sur les toits de Paris en pleine révolution

Deux fois par mois, on fait le tour des BD sorties ces dernières semaines. | © Casterman

Littérature

Cette semaine nous vous présentons trois bandes dessinées à dévorer en ce début d’année. On vous propose de découvrir une bande de Titis parisiens durant la révolution française, deux jeunes dans une société où l’océan est mort ou encore une révolution d’animaux !

 

Par Elodie Metral et Laurent Depré

Parismatch.be vous invite deux fois par mois à vous plonger dans l’univers de la bande dessinée en vous proposant toute une série d’aventures pour adultes, pour jeunes et ados ! L’offre en 2023 est abondante et de qualité : voici nos coups de coeur cette semaine !

Les enfants perchés de la révolution – L’affaire Réveillon (Tome 1) : Sur les toits de la capitale, ils s’en passent des choses !

Le Pitch : Paris, printemps 1789. Michel, 11 ans, est le fils d’un artisan veuf du faubourg Saint-Antoine. Lorsque celui-ci disparaît au cours d’une émeute contre la baisse des salaires, Michel est confié à un refuge pour enfants trouvés. Suite à des mauvais traitements, il fugue à la poursuite d’une petite voleuse de pain. Il la rattrape sur les toits de la capitale, où toute une bande d’enfants « perchés » survit dans des cabanes de bric et de broc….

Notre avis : Ces dernières années, les récits d’aventures de groupes de jeunes enfants ou d’ados lors de faits historiques, à l’image de La guerre des Lulus ou Les enfants de la résistance, ont régulièrement été proposés aux lecteurs. Cette nouvelle série éditée chez Casterman est dans la même lignée. Ici, le terrain de jeu c’est Paris en 1789 au moment des états généraux devant rassembler les trois ordres sociétaux de la France (en gros : le clergé, la noblesse et le tiers état). Nos héros en culottes courtes font partie de cette dernière catégorie composée des plus humbles et des plus revendicatifs. Ils crèchent au faubourg Saint-Antoine, non loin de la Bastille… Ce premier tome sert surout à installer l’histoire et à acter la rencontre entre Michel et le groupe de petits rebelles. C’est bien ficelé, bien scénarisé et cela invite à se demander quand le tome suivant sortira. Mention spéciale pour les dernières pages qui explique de manière très didactique et plaisante les « concepts politiques » de l’époque aux plus jeunes.

 

©DR

Nocéan – Atari et Tika (Tome 1) :

Le Pitch : Dans un futur où la montée des eaux a redessiné l’Europe, l’océan tel que nous le connaissions n’existe plus : c’est le Nocéan. Gérée par Systéma, une dictature néolibérale, la société vit au gré des conflits sociaux. Devenue adolescente, la jeune Atari décide de venger sa mère activiste, tuée par la police quand elle était enfant. Pour cela, elle se fera Robin Hood post-apocalyptique en compagnie de Tika, une autre orpheline révoltée…

Notre avis : Le scénario de cette nouvelle série laisse une sensation de déjà vu. Un monde, sa nature, en perdition et une société divisée en deux castes : les gros riches protégés et des pauvres rebelles verteux face à l’ordre cela va de soi. Vu et revu… Au-delà de cela, il faut laisser à Efa (à qui l’on doit notamment la série Alter Ego) des personnages bien campés, le dynamisme de ses planches et de jolis rebondissements dans l’histoire. Cela devrait plaire aux ados qui baignent dans ce climat « il faut sauver la planète ». Ce qui n’est pas faux…

 

©Dupuis

Paraiso :

Le Pitch : Dans les ruines fumantes du Japon vaincu de 1945, un orphelinat catholique dirigé par un curé déviant sombre dans la folie et la violence… Des enfants des rues survivent sous l’occupation américaine et sont les victimes des perversions d’adultes déchus. Une femme qui a tout perdu dans les bombardements erre dans la nuit, témoin hagard et monstrueux des vices qui fleurissent sur les décombres. En Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale, un prêtre déporté à Auschwitz se remémore son apostolat à Nagasaki au Japon… Au total cinq histoires sont racontées dans ce manga.

Notre avis : Noir, c’est noir… Suehiro Maruo nous emmène au travers de cinq trajectoires au plus profond de la noirceur de l’humain et de son âme en perdition. La guerre et les abominations qu’elle permet ou déclenche devient le miroir de ce qu’il y a de plus vil caché au fond de nous. Les histoires sont fortes et sans concession. Le trait est juste pour dépeindre la folie humaine dont nous ne sommes jamais sortis… Un coup de poing !

 

©Casterman

Le château des animaux – La nuit des justes (tome 3) : La révolution des animaux

Le Pitch : Avec le lapin César et le vieux rat Azélar, Miss B doit convaincre les animaux de ne surtout pas céder à la violence pour mettre fin au règne de Silvio…
Au château, la dictature continue. Grâce aux efforts de Miss B, les animaux se remobilisent avec peine pour faire renaître, en même temps que le printemps, le mouvement pacifiste des Marguerites. Mais Silvio ne l’entend certainement pas de cette oreille, et le taureau dictateur en a sous le sabot pour conserver son pouvoir. Toujours aidé par sa cruelle milice canine, il décide de faire embastiller les animaux rebelles au donjon. Qu’à cela ne tienne : Miss B et ses amis répondront une nouvelle fois par la ruse… et la solidarité !

Notre avis : Sous le prisme des animaux, cette série raconte avec délicatesse et habileté les prémices d’une révolution. Les animaux veulent une société plus juste, où la terreur n’aurait plus lieu d’être. Sans avoir lu les deux premiers tomes, on rentre sans difficulté directement dans le coeur de l’histoire. Si la métaphore d’une société animale peut sembler enfantine, elle fonctionne très bien aussi pour les adultes grâce aux dessins et aux discours plus subtils. Xavier Dorison (scénario) et Félix Delep (dessin) présente un univers plus complexe qu’il ne paraît au premier abord, et qui donne irresistiblement envie de lire le prochain (et dernier) tome.

Le chateau des animaux. © Casterman

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