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John Wayne Gacy, le « clown tueur » qui a inspiré Stephen King

John Wayne Gacy, alias Pogo, le clown (tueur). | © DR

Littérature

Sorti en 1986, le roman d’épouvante de Stephen King Ça est l’un de ses plus grands succès. Pour créer un clown qui va terrifier plusieurs générations, l’auteur s’est inspiré d’un seul homme : John Wayne Gacy.

10 mai 1994. Stephen King a déjà publié Ça, son roman qui deviendra culte, huit ans auparavant mais c’est ce jour-là, vers 1h du matin, que le tueur en série dont il s’est inspiré se trouve dans la chambre d’exécution de la prison de Joliet, en Illinois. « Kiss my ass » (« embrasse mon cul ») seront les derniers mots de John Wayne Gacy, 52 ans, adressés au gardien chargé de le mener à la mort. L’un des criminels les plus connus de l’histoire américaine avait violé, torturé et étranglé 33 adolescents, de 15 à 20 ans, dans les années 70 avant de faire disparaître les corps dans le sous-sol de sa maison à l’ouest de Chicago.

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Le jour, John Wayne Gacy était un homme serviable, toujours prêt à donner un coup de main, à se déguiser en clown pour les anniversaires des enfants de son quartier ou pour divertir les enfants malades de l’hôpital local. Une vraie passion pour ce père de deux enfants, au point de peindre des centaines de clowns. Il s’était également trouvé un nom de scène : Pogo, le clown. La nuit, ce patron d’une entreprise de décoration, qui vivait seul depuis son second divorce, menait une tout autre vie. Errant en voiture dans les quartiers gays de Chicago, John Wayne Gacy repérait ses prochaines victimes, leur faisait des avances pour les attirer ensuite chez lui. Ses proies ? des jeunes hommes, beaux, fugueurs, parfois prostitués mais souvent des adolescents avec qui il a travaillé.

L’une des peintures de John Wayne Gacy. © DR

Vie personnelle

Victime d’un père violent et alcoolique, John Wayne Gacy n’a pas eu une enfance facile. Violé à l’âge de 9 ans par un ami de la famille, il cache cet abus sexuel de sa famille et de son père qui le traite régulièrement de « tapette ». À 17 ans, il quitte l’école et se fait engager comme concierge dans un salon funéraire où il aura son premier rapport sexuel avec un cadavre. Congédié pour ses tendances nécrophiles, il mène une vie tranquille, tout en cachant ses relations homosexuelles, jusqu’en 1968 lorsqu’il écope de 10 ans de prison pour agression sexuelle sur un de ses employés adolescent. Il a alors 26 ans.

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Après seulement 18 mois derrière les barreaux, John Wayne Gacy profite d’une liberté conditionnelle pour bonne conduite. Quelques mois plus tard, il déménage à Chicago, dans un nouvel État. Son casier judiciaire ne le poursuit pas. Il peut repartir de zéro, ou de plus belle.

33 meurtres en 6 ans

John Wayne Gacy a commis son premier meurtre en 1972. Après les avoir attirés dans sa maison, son mode opératoire consistait à les menotter et leur enfoncer un tissu dans la gorge avant de leur faire subir les pires sévices. Il enterrait ensuite ses victimes dans le sous-sol de la maison. Au total, 33 garçons sont morts, bizarrement toujours entre 3 et 6h du matin.

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Sa dernière épouse avait remarqué une odeur nauséabonde qui émanait du sous-sol. « Un problème d’humidité », justifiait l’homme qui ajoutait de la chaux-vive pour masquer l’odeur. Sans succès. En décembre 1978, la police arrête John Wayne Gacy suite à la disparition de Robert Piest, un jeune de 15 ans qui devait effectuer un petit job bien rémunéré chez le tueur. Dans sa maison, les enquêteurs découvrent 26 corps dissimulés dans le sous-sol. Trois autres seront retrouvés dans son jardin et quatre dans une rivière. Quelques jours avant cette découverte macabre, John Wayne Gacy, se sachant observé, avait déclaré aux enquêteurs : « Vous savez, les clowns s’en tirent toujours ». Raté.

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