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Ce qu’il faut retenir du premier JT de la chaîne Russia Today version française

(Capture d'écran) | © Journal RT France du 18 décembre 2017.

Médias

Lundi dernier était diffusé le tout premier JT de la version française du groupe Russia Today. De Jérusalem aux relations russo-syriennes en passant par la montée de l’extrême droite en Europe, petit tour d’horizon des sujets abordés.

 

C’est officiel. La chaîne Russia Today est enfin arrivée sur les antennes de l’Hexagone. Financée par l’État russe, la chaîne accusée d’être un outil de propagande en tant que « voix du Kremlin » fait ses premiers pas à la télévision française et ce, malgré une réputation controversée. Il y a quelques mois, le président français Emmanuel Macron considérait encore la chaîne comme d’un « organe d’influence » et « de propagande mensongère », diffusant « des contre-vérités alarmantes ». Si RT France existait déjà sur internet depuis 2015, elle est parvenue à se frayer un chemin pour accéder au petit écran. Ce lundi 18 décembre, elle diffusait son tout premier JT.

Personnalités télévisées

Pour présenter le journal de l’émission flambant neuve, Stéphanie de Muru. Après douze années de bons et loyaux services, l’ex-présentatrice de BFMTV décide de faire le grand saut en participant au lancement de la chaîne russe version française. Au Parisien, elle déclarait : « C’est dans ma personnalité de prendre des risques. Et être au lancement d’une chaîne, c’est magique ».

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À ses côtés, sur le plateau situé près de Paris, entre les bâtiments de Canal+ et de TF1, d’autres journalistes au passé bien connu. Parmi eux, Jean-Marc Sylvestre (ancien chroniqueur économique à TF1), Jacques Sapir (économiste spécialiste de la Russie), Jean-Maurice Potier (ancien journaliste de France 3) ou encore Jérôme Bonnet (ancien de Siné Hebdo).

Les États-Unis ouvrent le bal

En guise de sujet d’ouverture, RT France revient sur le veto américain à la résolution de l’ONU qui condamne leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. En images : manifestations, soulèvements et drapeaux en flammes. Sans surprise, le président américain est directement visé par l’invité du plateau Mezri Haddad, ancien diplomate et journaliste tunisien. Interviewé par la présentatrice, il fustige notamment la décision de Donald Trump « qui jette de l’huile sur le feu » et « qui n’a pas comme fonction de préparer un climat de paix ». Quant à savoir si les États-Unis sont isolés, questionne Stéphanie de Muru, la réponse semble évidente pour M. Haddad. « Évidemment qu’ils sont isolés », déclare-t-il, et de poursuivre : « Il n’y a pas que les États-Unis qui gouvernent le monde, il est dépassé ce temps-là ».

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Kebab, terrorisme et extrême-droite

Dans la suite du journal, la chaîne met fièrement la Russie en avant avec une rétrospective des interventions russes en Syrie illustrée par la rencontre entre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad. La présentatrice évoque ainsi les accusations proférées par le président syrien à l’encontre de la France qui aurait été – d’après el-Assad – « le porte-étendard du soutien au terrorisme en Syrie dès les premiers jours » du conflit.

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Populations laissées pour compte, lutte contre le terrorisme, pouvoirs d’extrême droite… Après les sujets internationaux, le reste du JT se concentre sur l’Europe avec des thèmes variés mais qui peinent à maintenir la cadence. Sur fond de musique sensationnaliste, on évoque l’autorisation de la présence de phosphate dans le viande de kebab, on dresse la liste des mesures prises par les états de l’Union européenne concernant le terrorisme et on interroge les riverains d’un appartement où le Raid a mené l’assaut contre Abdelhamid Abaaoud (l’organisateur présumé des attentats du 13-Novembre). Sans oublier d’évoquer le retour au pouvoir de l’extrême droite en Autriche. Soupçonnée par beaucoup d’être un porte-voix du parti d’extrême droite, RT France fait ici le choix en demie-teinte de donner la parole aux Autrichiens de gauche. « Nous demandons que la société soit solidaire, ouverte d’esprit, anticapitaliste, et qui surtout est à l’opposé des extrêmes », déclare l’un deux à leur micro.

Et sur les antennes belges ?

Attendue au tournant par le monde francophone qui la regarde encore du coin de l’œil, la chaîne se prépare à faire ses preuves pour prouver son indépendance. Car pour beaucoup, RT France n’est rien d’autre qu’un organe de propagande de l’État russe. Pourtant, elle se considère comme « purement informative », revendiquant fièrement son slogan : « Osez questionner« . « Nous voulons encourager les spectateurs à poser des questions et à penser en dehors de la ‘bulle d’informations’ des médias ‘mainstream' », qui négligent certains points de vue », déclarait récemment sa présidente.

Déjà émise sur les antennes de Washington, Londres, Tel-Aviv et maintenant Paris, la chaîne controversée pourrait-elle aussi débarquer sur les antennes belges ? À l’heure actuelle, le sujet n’est pas encore discuté.

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