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La cérémonie des « Fake News Awards » créée par Donald Trump, c’est pour bientôt

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Et le gagnant sera... | © AFP PHOTO / JIM WATSON

Médias

Donald Trump a annoncé la création d’une cérémonie de remise de prix pour les médias « les plus malhonnêtes et corrompus de l’année ». Prévue le 17 janvier prochain, certains présentateurs se sont alors lancés dans une campagne pour gagner un prix.

Après les Golden Globes, c’est une autre cérémonie qu’attendent impatiemment les Américains : les Fake News Awards. Annoncé par le président des Etats-Unis, cet événement récompensera les médias « les plus malhonnêtes et corrompus de l’année », soit ceux qui ont diffusé le plus de « fake news » à propos de sa politique.

Pour les plus dubitatifs, c’est Donald Trump qui en parle lui-même sur son compte Twitter. Annoncée initialement pour le lundi 8 janvier à 17 heures, cette remise de prix en l’honneur de son expression favorite a finalement été décalée au mercredi 17 janvier prochain. « L’intérêt et l’importance de ces récompenses sont bien plus grands que n’importe qui aurait pu anticiper », a tweeté Donald Trump.

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Certains animateurs répondent présents

Depuis cette annonce, des célèbres présentateurs américains ont pris le président américain au pied de la lettre et se sont lancés dans une campagne pour gagner, avec beaucoup d’ironie. Comme Trevor Noah du « Daily Show » qui s’est payé une pleine page du New York Times pour l’occasion. « Une propagande politique déguisée en divertissement », peut-on ainsi lire sur l’affiche qui suit les codes des publicités cinématographiques vantant les qualités du film. Ou encore « Le Daily Show avec Trevor Noah, tellement faux que même cette publicité n’est pas réelle », pour pousser la moquerie jusqu’au bout.

L’animateur du « Late Show » sur CBS s’est lui aussi lancé dans une campagne pour gagner un prix aux « Fakies ». Sur son compte Twitter, Stephen Colbert a ainsi présenté sa candidature dans des catégories telles que « fakest dishonesty » (« la plus fausse malhonnêteté ») ou encore « le plus petit bouton », en référence à la récente déclaration du président américain, affirmant qu’il avait un plus gros bouton nucléaire que le président nord-coréen.

La contre-attaque des journalistes

En réponse à cette cérémonie, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a annoncé la création des « Press Opressors Awards » le 8 janvier dernier. Le comité a ainsi décerné un prix aux oppresseurs de la presse, c’est-à-dire des dirigeants mondiaux « qui ont fait des pieds et des mains pour attaquer la presse et saper les normes qui soutiennent la liberté des médias ».

Et les gagnants sont… le président turc Erdogan, dans la catégorie « le plus susceptible », suivi de très près par Donald Trump. C’est également le vainqueur de « l’utilisation la plus scandaleuse des lois antiterroristes contre la presse », qui devance le chef d’Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Dans la catégorie « plus grande mainmise sur les médias », qui exclut les pays sans médias indépendants comme la Corée du Nord et l’Erythrée, le gagnant est le président chinois Xi Jinping, devant le président russe Vladimir Poutine. Sans grande surprise, l’ex-lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi se trouve être la gagnante de « la plus grande désillusion en matière de liberté de la presse » pour son silence lors de la crise des Rohingyas en Birmanie. Le prix global pour la déstabilisation de la liberté de la presse mondiale est, quant à lui, revenu au président américain Donald Trump. Sans surprise.

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