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Nous sommes devenus accros aux fake news malgré nous

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Les fake news ont une influence sur notre jugement et notre mémoire : c’est l’étonnant résultat d’une étude menée par des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). 

Ces dernières années, surtout depuis l’arrivée de Donald Trump, pas une semaine ne passe sans qu’on entende parler de fake news. Et si le président américain a plus recours à ce terme pour décrédibiliser des reportages et articles qui ne lui conviennent pas, certaines fake news sont effectivement des informations manipulées ou erronées.

D’après une étude menée par des chercheurs de l’ULB, il est difficile d’ignorer les (vraies) fake news, même quand on sait qu’elles sont fausses. Résultat : celles-ci influencent notre jugement et notre mémoire.

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Pour mener leur travail, trois chercheurs de l’université bruxelloise ont mis sur pied un test pour mesurer la crédulité de l’être humain, en s’inspirant d’un test d’une université du Texas. Durant cette expérience, les participants, seuls devant un ordinateur, devaient juger Etienne, qui a commis un délit. Pour les aider à déterminer la peine à infliger à Etienne, ils reçoivent plusieurs informations. Certaines sont vraies, d’autres fausses qui pouvaient être aggravantes ou atténuantes. Point important : dès le début de l’expérience, les participants étaient avertis que les fausses informations étaient erronées.

Les résultats de l’étude sont pour le moins étonnant : les participants ayant reçu des affirmations fausses aggravantes ont eu tendance à condamner plus sévèrement Etienne que ceux qui ont reçu des informations fausses atténuantes. Les premiers condamnaient Etienne à 5 ans de réclusion ferme quand les seconds le condamnaient à 3,65 ans en moyenne. Autrement dit : les affirmations fausses ont donc été prises en compte alors qu’elles étaient annoncées comme erronées.

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Autre résultat interpellant : les participants se souvenaient, en moyenne, de 27 % des affirmations fausses comme vraies et de 7 % d’informations vraies comme fausses. « La mémoire agit comme une éponge qui absorbe les informations fausses et les transforme en informations vraies. Il est donc difficile d’avoir un jugement critique efficace quand on est confronté en permanence à des fake news », explique Olivier Klein, auteur de l’étude dans un communiqué de presse.

Pour que chacun puisse se rendre compte de l’influence des fake news, les chercheurs proposent aux internautes de se tester via le site http://cescup.ulb.be/JugezEtienne.

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