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Disney VS Netflix, le combat à coups de milliards prévu pour 2019

star wars disneyflix

Une nouvelle série "Star Wars" verra le jour sur le catalogue de VOD Disney, prévu pour fin 2019. | © Disney / Lucasfilm Ltd.

Médias

Disney, le géant américain du divertissement, a annoncé le lancement d’une plateforme de streaming fin 2019 afin de concurrencer Netflix, leader du marché actuellement.

Tout un symbole. Le 24 mai dernier, une journée historique dans le secteur des médias s’était jouée. Pour la première fois, la valorisation boursière du service de vidéos à la demande Netflix, estimée à 152 milliards de dollars, avait dépassé celle de Disney.

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Hier, le président de Disney, Bob Iger, a confirmé l’arrivée d’ici fin 2019 d’une offre « directe aux clients » à travers la création de sa propre plateforme, déjà surnommée « Disneyflix » dans le tout Hollywood. Le service devrait offrir toutes les anciennes productions estampillées Disney, mais aussi proposer des contenus originaux uniquement destinés au streaming. Neuf films seraient en préparation pour un budget compris entre 20 et 60 milliards de dollars. Un remake de La Belle et le Clochard est notamment prévu pour l’automne 2019 et d’autres projets de fiction sont en cours autour de l’univers des marques Monstres et Cie et High School Musical.

Une série à 100 millions de dollars


Et pour sa nouvelle série phare, centrée sur l’univers Star Wars, le géant du cinéma américain a décidé d’investir pas moins de 100 millions de dollars, selon le New York Times, soit la série la plus chère de l’histoire, devant la saison finale de Game of Thrones. Autant dire qu’il n’y a pas de place à l’échec pour Disney, qui a mis la lourde tâche de réaliser ce projet sur les épaules de Jon Favreau (Iron Man, Le Livre de la jungle). Interrogé à ce sujet au mois de mai, le réalisateur a simplement confirmé que l’histoire se déroulerait entre le Retour du Jedi et le Réveil de la Force, avec des nouveaux personnages.

Disney détient un catalogue bien plus qualitatif que Netflix. © Disney / Marvel Studios, « Avengers Infinity War ».

Le combat est prévu de longue date. D’un côté, Netflix « la fusée », âgée de vingt ans seulement, dont dix comme service de streaming payant en ligne (SVOD). De l’autre Disney, presque centenaire, gloire de la culture populaire, détenant les plus légendaires franchises et studios de l’histoire du cinéma et de la télévision : les studios Pixar (Toy Story, Ratatouille) et Marvel (Avengers, Deadpool), les sagas Star Wars et Avatar, ou encore les bouquets de chaînes sportives ESPN.

L’ère d’un nouveau divertissement digital

Netflix a-t-elle définitivement bousculé les codes du divertissement ? Avec ses huit milliards de dollars annuels investis dans des productions (films, séries et documentaires) américaines et étrangères, ses séries phares comme Stranger Things ou Orange is the new black, et la possibilité de regarder ses contenus partout et tout le temps pour environ 10 euros par mois, la plateforme a profondément changé les règles du jeu. En témoignent ses 125 millions d’abonnés à travers plus de 180 pays, dont la moitié en dehors des États-Unis. Dans tous les territoires où elle est présente, Netflix oblige ses concurrents privés, de la télé payante et gratuite, mais aussi le secteur public audiovisuel, à s’adapter sous peine de ne plus compter. La BBC, en Angleterre, s’inquiète de la fuite de ses audiences jeunes. En France, le groupe Canal+ tente quant à lui d’aligner ses prix sur ceux du géant américain.

Is Disney the new Netflix ?

Pendant ce temps, Disney a préparé et calculé sa riposte. L’empire de Mickey avait d’ores et déjà prévenu qu’il ne céderait plus ses productions à Netflix d’ici fin 2018. Il a également prévu de racheter les studios 20th Century Fox pour plus de 71 milliards de dollars. Cette énorme fusion doit donner naissance à un mastodonte du secteur et permettre ainsi de rivaliser avec Netflix.

Logo de la 20th Century Fox.

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Pour autant, a précisé Bob Iger, Disney, « grâce à la valeur de ses marques », ne sera « pas dans un jeu de volume à tout prix », laissant entendre que son service de streaming devrait avoir un catalogue moins volumineux que Netflix. Il a par ailleurs fait savoir que l’abonnement sera moins cher que celui actuellement proposé par sa concurrente.

Une chose est sûre : la guerre stratégique du divertissement à grande échelle bat son plein.

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