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Philippe Gildas et Maryse, les matins du bonheur

Philippe Maryse Gildas

Philippe et Maryse Gildas au micro d'Europe 1. | © Capture d'écran Youtube Europe 1

Médias

Le journaliste Philippe Gildas, animateur phare de Canal+ dans les années 90, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Il avait 82 ans

D’après un article de Paris Match France de La Rédaction

Sur le plateau de «Nulle part ailleurs», Philippe Gildas n’était pas le dernier pour rire de bon coeur aux blagues des Nuls et de son comparse Antoine de Caunes. C’est ce dernier qui a annoncé la mort de l’animateur et journaliste à l’AFP. Philippe Gildas s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à 82 ans des suites d’un cancer.

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Homme de télévision et de radio – il a notamment été un des piliers de RTL et Europe 1 – le Breton a été l’un des premiers à mélanger journalisme et divertissement en France, notamment aux commandes de l’émission phare de Canal+ «Nulle part ailleurs» entre 1987 et 1997. Il excellait dans son rôle de Monsieur Loyal et ne manquait pas d’autodérision. Les «Guignols» pouvaient se moquer de son brushing et de son expression « Formidable ! », José Garcia l’asperger d’eau et de mousse… jamais « Philou » ne perdait son flegme, ni son sourire.

Voici l’interview de Maryse et Philippe Gildas, publiée par Paris Match en 1987…

Paris Match n°1979, 1er mai 1987
Maryse et Philippe Gildas ou comment s’aimer en travaillant

par Sabine Cayrol. 

Maryse vient de publier  Vivre Plus  (Edition°1 ), un livre de conseils pour mieux vivre au quotidien. Elle sait de quoi elle parle puisque tous les jours, elle anime avec son mari Philippe Gildas les matinées d’Europe 1.

Philippe Maryse Gildas
© MICHEL GANGNE / AFP

Paris Match. Dormir ensemble. Sortir ensemble. Travailler ensemble…

Maryse. Se réveiller ensemble. Je me lève plus tôt que Philippe. A 5 heures 30 tous les matins. Je prends l’antenne à 7 heures, lui seulement à 9 heures. II pourrait rester au lit plus longtemps, mais j’ai peur dans le parking. À 6 heures 20 exactement, il enfile un peignoir et m’accompagne à la voiture. J’ai simplement pour consigne de ne pas lui parler. En fait, je le soupçonne de dormir encore en marchant. Mais tous les jours, il est là, près de moi.

Philippe. Travailler ensemble, c’est plus facile qu’on ne croit. Le seul risque, c’est qu’un quiproquo professionnel ne prenne des allures de scène de ménage. Cela dit, nous avons, l’un et l’autre, des idées très semblables sur le métier. Donc, ce danger-là est écarté.

Vous formiez un couple lié par le travail avant que l’amour ne s’en mêle.

Maryse. Nous nous sommes retrouvés tous les matins pendant cinq ans. Philippe était marié et quelqu’un partageait ma vie. En 1981, Philippe a été nommé directeur d’antenne et, brusquement, on ne s’est plus vus. C’est à ce moment-là qu’il s’est aperçu que je lui manquais et que ce n’était pas uniquement sur le plan professionnel. II se trouve que, pure coïncidence, l’homme avec qui je vivais venait de me quitter. J’étais malheureuse et assez désemparée. ,

Philippe. Nous avons occupé la meilleure tranche horaire de la radio : 7-9 heures, de janvier 1976 à juin 1981. Ce que je prenais pour une connivence professionnelle, le plaisir que j’avais à partager ces petits matins avec elle, a évolué à partir du moment où ça n’a plus existé. J’avais besoin de sa présence.

N’avez-vous pas peur que, dans la réussite qui couronne aujourd’hui votre travail, la jalousie professionnelle s’installe entre vous, aussi venimeuse que celle qui rompt les couples normaux, la jalousie amoureuse ?

Maryse. Non. Nos métiers sont complètement différents. Je sers de faire-valoir. Cela me permet de rester un petit peu en dessous.

Philippe. Nos professions sont différentes, complémentaires. Maryse a une voix en or. L’art d’occuper les ondes. C’est-à-dire qu’elle parle et qu’on l’écoute quoi qu’elle dise. Moi, je suis journaliste. Je ne peux parler que si j’ai quelque chose à dire. Au-delà de notre rencontre privée, il y a ce plaisir purement professionnel à nous sentir bien ensemble.

Lorsque deux personnalités sont aussi construites et reconnues que les vôtres, n’y a-t-il pas un danger d’affrontement ?

Maryse. J’adore son caractère de chien. II peut être d’une parfaite mauvaise foi et ça me fait rire. C’est le charme, ça ! Je ne peux pas aimer si je n’admire pas. Et j’admire Philippe professionnellement.

Philippe. Maryse existe sans moi. Elle a un sacré caractère, mais nous sommes d’accord sur l’essentiel.

Vous vous êtes mariés en 1983. Vous formez un couple d’adultes. Vous semble-t-il que votre rencontre ait pu vous apporter quelque chose ?

Maryse. Je n’ai qu’une seule chose à dire : quand j’ai aimé Philippe, je venais d’avoir quarante ans. II me semblait que j’avais tout vécu. Je me trompais. Je ne savais pas qu’on pouvait être si heureuse.

Philippe. Elle m’a aidé à vaincre ma timidité. Elle m’a changé, surtout en apparence. Dans le métier que je fais, l’apparence c’est plus que l’apparence. Parce que ce que vous montrez extérieurement de vous, c’est l’idée que se font les autres de votre personnalité. Maryse trouvait que je m’habillais mal. C’était vrai. En me transformant, elle m’a fait gagner vingt ans

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