Quatre-vingt journalistes tués en 2018, « une violence inédite » selon RSF

Quatre-vingt journalistes tués en 2018, « une violence inédite » selon RSF

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Jamal Khashoggi, figure d'une presse toujours plus meurtrie. | © AFP / Yasin AKGUL.

Médias

La Chine compte à elle seule 60 journalistes détenus.

Au début du mois, le magazine américain Time désignait ses traditionnelles personnalités de l’année avec une série de couvertures chocs. Quatre Unes dédiées à des journalistes « défenseurs » de « la guerre contre la vérité » : Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, Maria Ressa, dont les travaux ont été mis en examen aux Philippines, les deux reporters de l’agence Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo, détenus dans les prisons birmanes, et la rédaction du journal local américain Capital Gazette, dont cinq des membres ont été tués en juin dernier. Le rapport annuel de Reporters sans frontières, publié ce mardi, vient confirmer une nouvelle année particulièrement meurtrière pour les journalistes aux quatre coins du globe.

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« Une violence inédite »

80 journalistes ont été tués en 2018, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages, indique mardi Reporters Sans Frontières (RSF) dans son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes. Ces chiffres sont en hausse et traduisent, selon l’ONG, « une violence inédite contre les journalistes ».

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Près de 5000 personnes avaient manifesté dans les rues de la capitale slovaque, Bratislava, en hommage aux assassinats du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne. © AFP / JOE KLAMAR.

Tous les compteurs à la hausse

L’année 2018 a été particulièrement meurtrière avec 80 journalistes tués, soit 63 journalistes professionnels (contre 55 en 2017), treize journalistes non-professionnels (contre sept en 2017) et quatre collaborateurs de presse, selon le décompte de RSF.

« En 2018, plus de la moitié des journalistes tués ont été sciemment visés et assassinés », affirme RSF, qui estime leur nombre à 49 (61% des décès). Deux assassinats ont été très médiatisés : ceux du Saoudien Jamal Khashoggi et du Slovaque Jan Kuciak.

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Le nombre de journalistes détenus est lui aussi en hausse : 348 contre 326 en 2017. Cinq pays détiennent à eux seuls plus de la moitié des journalistes emprisonnés : l’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Turquie et la Chine, qui compte à elle seule 60 journalistes détenus. RSF dénombre également 60 journalistes pris en otage, contre 54 l’an dernier. L‘ONG a enregistré trois nouveaux cas de journalistes disparus : au Mexique, en Haïti et en Russie.

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