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La Chine lance une nouvelle version de « The Voice » avec des avatars comme candidats

La Chine lance une nouvelle version de "The Voice" avec des avatars comme candidats

Amy a 19 ans et des millions de fans, mais elle n'est pas réelle. | © GREG BAKER / AFP

Médias

Les candidats ont déjà des millions de fans sur les réseaux sociaux… mais ils ne sont pas réels.

 

C’est la nouvelle star d’une émission chinoise sur le modèle de « The Voice ». Amy a 19 ans, les cheveux rouges et déjà des millions de fans. Particularité : c’est un avatar virtuel créé par ordinateur. Comme elle, 31 autres « candidats » participent à ce télé-crochet musical très particulier, où ils affrontent grâce à la magie de l’incrustation numérique un jury de trois professionnels – en chair et en os, eux.

Lancée cette année, « Dimension Nova » est regardée en ligne par des millions d’internautes à chaque émission. Elle surfe sur le phénomène, né au Japon mais désormais populaire ailleurs en Asie, des « idoles », ces jeunes chanteurs ou chanteuses enjoués à l’image inoffensive, soutenus par un intense marketing afin d’obtenir un maximum de fans.

La Chine lance une nouvelle version de "The Voice" avec des avatars comme candidats
Liu Jun regardant l’émission « Dimension Nova ». © GREG BAKER / AFP

Selon ses producteurs, « Dimension Nova » est le premier télé-crochet au monde à mettre en scène des candidats virtuels. Contrairement aux vraies stars, « on ne connaît pas leur vie de tous les jours, donc ils alimentent davantage l’imagination », déclare à l’AFP Liu Jun, un jeune homme de 28 ans fan d’Amy. « Une idole virtuelle est indestructible. Du moment que son image est là, elle reste dans ton coeur pour toujours », explique-t-il en référence à son idole, dont il a assisté à une dizaine de concerts et d’événements avec des centaines d’autres spectateurs aussi réels que conquis.

Lors de l’un d’entre eux, Liu Jun a pu « discuter » avec elle via un écran géant. Et une imprimante distribuait des « autographes » de la star.

« Montrer que les idoles virtuelles peuvent débarquer dans le monde réel »

Les idoles virtuelles, dont le concept est lui aussi né au Japon, gagnent en popularité en Chine via concerts, émissions télévisées et reportages. Selon la plateforme internet de diffusion de vidéos iQiyi (sorte de Netflix chinois), qui diffuse « Dimension Nova », 390 millions de Chinois s’intéresseraient à ce phénomène. « L’idée de ce télé-crochet, c’est de montrer que les idoles virtuelles peuvent débarquer dans le monde réel », explique à l’AFP Liu Jiachao, le producteur de l’émission.

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L’apparence extérieure des personnages est créée par des animateurs 3D sur ordinateur. Mais ce sont de vrais acteurs qui leur donnent vie grâce à la technique de la capture de mouvements. En clair, lorsque les comédiens bougent, leurs avatars virtuels effectuent les mêmes gestes sur l’écran. « Chaque idole virtuelle a une vraie âme », assure à l’AFP Liu Yong, le PDG de Beijing Mizhi Tech, l’entreprise qui a créé le personnage d’Amy. « Ils ont leur propre personnalité, caractéristiques et préférences. »

Durant l’émission, les caméras filment les coulisses, où les concepteurs des personnages virtuels se montrent stressés avant la performance de leurs bébés numériques. « Amy, c’est comme ma fille », explique Xu Xingmei, l’animatrice chargée des expressions et des mouvements de la star virtuelle. « Quand je la vois sur scène, j’ai l’impression qu’elle est enfin devenue adulte. » Amy est le symbole d’un secteur d’activité qui devrait peser 1,5 milliard de yuans (190 millions d’euros) en Chine d’ici deux ans, selon une étude du cabinet pékinois Newsijie.

Avec l’AFP

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