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10 faits pas très glorieux sur la culture en Belgique francophone

Plus d'un Belge sur dix n'a pas ouvert de livre 2016. | © Flickr/AnveshPandra

Médias

Diminution de la fréquentation des salles de cinéma, rapport très « tradi » à la BD et le roman, parent pauvre du secteur : la Fédération Wallonie-Bruxelles a livré son rapport culturel annuel.

 

C’est désormais une tradition : depuis six ans, le service culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles publie un précieux bilan chiffré de l’année culturelle écoulée, baptisé « Focus ». Du milieu du cinéma à celui du livre, en passant par les arts vivants, le document passe tout au peigne fin… livrant parfois quelques tristes surprises.

Pauvres livres

Le premier fact demande de s’accrocher sérieusement à son roman : en 2016, 14% des Belges n’ont pas ouvert un seul livre. Et puisque l’enquête a été menée en ligne, elle suppose que les personnes intérrogées maîtrisaient « l’usage fonctionnel de la lecture et les outils informatiques de base. Elle exclut donc les 15% de la population qui quittent l’école secondaire sans diplôme et sans l’usage fonctionnel de la lecture« , précise-t-on.

Pas sûr non plus que parmi les 86% de lecteurs, on se soit plongé dans la lecture d’un bon policier ou d’un roman historique : la BD conservait en 2015 sa place de grand leader du marché de l’édition francophone avec 57% de chiffre d’affaire… contre moins de 2% pour le roman belge. De drôles de chiffres à imputer peut-être au peu d’aides accordées au secteur : le domaine des « Lettres et du Livre » ne reçoit qu’1% des subventions, alors qu’il réunit 9% des opérateurs culturels.

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Et quand les pages ont du succès, c’est que les goûts sont encore très classiques, puisque les plus gros tirages de la bande dessinée concernent encore et toujours les héros de son âge d’or : Lucky Luke, Blake & Mortimer, Thorgal et consorts évincent encore et toujours les nouveautés graphiques.

À l’écran comme à la scène

Finies, les scéances de cinéma bondées coincé entre un amateur de popcorn et une bande d’ados surexcités ? Ça pourrait, au vu des chiffres de fréquentation des salles belges : 8% de baisse, soit 19,4 millions de spectateurs en 2016. Mais surtout, les spectateurs qui s’y rendent ne consomment pas forcément « local » : les films américains représentent 78% des recettes et parmi les dix films préférés des spectateurs en 2016, en termes de nombre de places vendues, seul un est belge : De Premier.

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©BELGA PHOTO DAVID STOCKMAN – Le film De Premier a comptabilisé près de 400 000 entrées.

En même temps, le choix est limité : les films de chez nous représentent 9% de ceux à l’affiche, pour 43% pour les pellicules américaines. Et pour les irréductibles consommateurs de cinéma belge, il a fallu aimer les sous-titres : le top dix des films du plat pays ne compte que des histoires flamandes.

Quant au théâtre, on y va, mais point trop n’en faut : moins d’un spectateur sur cinq s’est abonné à une salle de spectacle.

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