Paris Match Belgique

Laurent Mathieu est l’homme du week-end

Laurent Mathieu, au naturel, dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles : après avoir présenté les JT du week-end en alternance avec Julie Morelle d’octobre 2016 à août 2021, il partage l’antenne avec la jeune Mariam Allard depuis décembre dernier. | © Ronald Dersin

Médias

Sûr qu’il va sursauter en découvrant le titre, car se mettre en valeur n’est pas son truc. Mais Laurent Mathieu doit en convenir : à 36 ans, il remporte tous les suffrages aux commandes des journaux télévisés du week-end à la RTBF. Une présentation parfaite et un style qui fait mouche, telle est la recette de la séduction intelligente quand on est journaliste télé. Pourtant, derrière l’image se cache un homme qui craint la lumière.

Reportage Nadia Salmi 

L’histoire commence au téléphone avec une proposition d’interview, qui donne vite lieu à un oui et des questions en pagaille. « Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi moi ? Pour dire quoi ? » Laurent Mathieu est un pro des entretiens mais, quand il s’agit de parler de lui, un frein s’active dans sa tête. « En fait, je me demande si les gens ont vraiment besoin de savoir qui je suis et quelles sont mes passions. Mon boulot, c’est d’informer, d’être le plus rigoureux possible, d’essayer de faire de bons JT. Mais comme je sais que la frontière entre vie publique et vie privée est mince, je veux bien jouer le jeu. On verra ce que ça va amener. »

Sa curiosité est une aubaine qui a permis de mettre ses craintes en sourdine. Et ça, on le sent tout de suite quand il nous accueille chez lui : si on est là, c’est qu’il a décidé de nous faire confiance. Geste d’autant plus précieux qu’il avait d’abord proposé un petit café près de la RTBF comme lieu de rendez-vous. Mais qu’aurait-on pu entrevoir de lui au milieu des bruits d’assiettes et des regards des curieux ? À l’extérieur, on porte souvent un masque social ; dans l’intimité, le jeu des apparences est forcément vain.

« C’est vrai que je recharge mes batteries quand je suis dans un cercle restreint ou seul chez moi. J’aime sortir, voir des potes, mais le lendemain, je suis incapable de le refaire. Je suis quelqu’un d’introverti. Plus jeune, je croyais que j’étais misanthrope, que je n’aimais pas les gens. Mais ce n’est pas ça. Le monde extérieur me prend de l’énergie. Pour récupérer, j’ai besoin de retrouver ma bulle. »

Le présentateur du JT dans son appartement bruxellois. ©Ronald Dersin

La sienne est minuscule, précise-t-il en nous présentant son appartement. Mais ce qu’on remarque, c’est que dans ce tout petit salon où l’on va parler deux heures durant, il y a surtout ce qui compte pour lui : une télévision parce que c’est son métier, un canapé pour se poser, un ordinateur pour créer, des instruments de musique, deux bibliothèques pour élargir ses horizons. « C’est vrai que mon intérieur me ressemble. Et tant mieux. Je déteste les maisons-musées. Elles sont canon, mais il y a un truc qui manque : on n’y retrouve pas la personnalité de ceux qui y habitent. Ici, chaque objet a un sens. Pour moi, il n’y a rien de plus beau qu’une bibliothèque, à part peut-être ma guitare Fender Telecaster. »

Un achat qui a bousculé son besoin de moralité. « Mon péché mignon, c’est de dépenser mon argent dans du matériel de musique. Alors, parfois, je culpabilise un peu. Je me dis qu’il y a peut-être des pros qui n’ont pas les moyens de se les acheter. C’est vrai : est-ce que je suis légitime alors que je n’en fais pas mon métier ? »

(…)

Mots-clés:
RTBF JT Laurent Mathieu
CIM Internet