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ONPC : Laurent Ruquier et Christine Angot reviennent sur la rencontre houleuse avec Sandrine Rousseau

Laurent Ruquier est revenu sur l'épisode dans un message enregistré avant l'émission de samedi. | © KAT/MAXPPP

Médias

L’animateur et la chroniqueuse d’ « On n’est pas couché » sont revenus sur les propos tenus dans l’émission la semaine dernière, qui avait pour invitée Sandrine Rousseau.

Depuis une semaine, le clash entre Christine Angot et Sandrine Rousseau à « On n’est pas couché » ne cesse de faire réagir. Mercredi, l’ancienne élue écologiste qui revient dans son livre Parler sur ses accusations d’harcèlement et d’agressions sexuels contre Denis Baupin, a raconté les coulisses de ce débat houleux qui l’a opposée à Christine Angot sur le plateau de « Quotidien ». Jeudi, c’est Christine Angot qui a raconté sa version des faits dans une interview accordée à Télérama.

Elle explique que ce n’est pas son désaccord avec Sandrine Rousseau qui l’a fait quitter le plateau mais les huées du public. « Je commençais à parler, et j’ai entendu des huées, à plusieurs reprises. Mais les huées se sont reproduites, je ne pouvais plus parler, ma tête s’est vidée. Je n’y arrivais plus, alors pourquoi rester sur le plateau ? À ce moment-là, je me suis dit que je quittais l’émission. Définitivement. Je ne suis pas là pour y occuper une place, je m’en moque. Et c’est Catherine Barma, la productrice, qui est venue me voir, j’étais retournée dans ma loge, dans un état de détresse, en larmes. Et c’est elle qui m’a convaincue que je pouvais retrouver mon calme, ma concentration », raconte-t-elle.

©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Frédéric Dugit – L’écrivaine aux côté de Yann Moix.

L’auteur de L’inceste est également revenue sur son emportement lorsque l’invitée de samedi a prononcé la phrase : « Des gens formées pour accueillir la parole » en parlant de ceux qui recueillent les témoignages des victimes de violences sexuelles. Christine Angot lui avait alors lancé que les femmes victimes devaient se « débrouiller ». « Ce que je conteste, c’est le choix du système, des procédures, des formats, des schémas. C’est ce que je veux dire par : ‘on se débrouille’, en réponse à ‘comment on fait ?’. On se débrouille. On ne nous laisse pas le choix. Il ne faut pas ‘aider’ les gens, ce n’est pas assez, il faut les sauver. Le lien qui se crée avec un psychanalyste peut sauver. Car une grande souffrance n’est jamais strictement personnelle, et la psychanalyse le sait, ça ».

« Ce que vous avez vu n’est rien d’autre que la vie »

Ce samedi, soit une semaine après la rencontre entre les deux femmes, Laurent Ruquier est revenu sur l’épisode, dans un message enregistré avant la nouvelle émission. « Dans les larmes de Sandrine Rousseau comme dans la colère de Christine Angot, je n’ai vu que deux victimes exprimer leur douleur, différemment certes, mais avant tout exprimer leur souffrance, chacune à sa façon. Il fallait n’y voir rien d’autre ».

« Parmi tous ceux qui, depuis une semaine, pétitionnent, crient au boycott, il y a sûrement des téléspectateurs que la séquence a sincèrement mis mal à l’aise, mais j’y vois aussi des raisons bien éloignées de la cause féminine, de l’ignorance aussi parfois », a ajouté Laurent Ruquier. « Comment peut-on reprocher à Christine Angot son extrême sensibilité sur un tel sujet quand on sait ce qu’elle a subi elle-même? Certains parlent, d’autres préfèrent écrire, certaines pleurent. Ce que vous avez vu sur le plateau samedi dernier n’est rien d’autre que la vie », a exprimé l’animateur, avant de conclure : « Malgré tous les commentaires lus ou entendus depuis huit jours, je reste fier d’animer une émission où un tel espace de liberté où de tels échanges, même difficiles parfois, peuvent avoir lieu ».

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