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Charlotte Cardin, la voix québécoise que l’Europe va adorer

Charlotte Cardin

Charlotte Cardin, la voix à suivre assurément en 2018. | © Facebook

Musique

Charlotte Cardin a une voix. Charlotte Cardin a l’élégance. Charlotte Cardin a le flow. Cette jeune Montréalaise s’attaque à l’Europe avec son premier EP « Main Girl ». Un titre qui lui va comme un gant et qui l’amènera à Bruxelles en mars pour un concert déjà complet.

Charlotte Cardin a le succès précoce. À 15 ans, la jolie Québécoise est mannequin. À 18 ans, elle atteint la finale de la première saison de « La Voix », le « The Voice » québécois. Garou l’adore et l’invite sur son album. Elle prendra ensuite le temps de devenir elle-même. Ni mannequin, ni chanteuse de « La Voix », mais chanteuse, auteure et compositrice de ses propres morceaux.  Ses textes, elle les écrit aussi bien en anglais qu’en français. « C’est très naturel pour moi de m’exprimer dans les deux langues. Bien que toute mon éducation soit francophone, j’ai une grand-mère qui vient de l’Alberta et j’ai grandi à Montréal où le français et l’anglais se mélangent ».

Dans sa musique aussi, Charlotte Cardin ne s’embarrasse pas de barrières ou de cases à remplir. Ses compositions flirtent tant avec la soul que la jazz et bien entendu la pop à laquelle elle voue un vrai respect « moi je dis que je fais de la pop insipirée de soul, de jazz et de trip-hop. Je dis que je fais de la pop car j’ai grandi dans cet univers musical et que je suis très fière de me définir comme « pop » car le terme pop englobe aujourd’hui beaucoup de chose même si je sais que je ne sonne pas comme de la « pop FM américaine » à laquelle on pense qu’on cite le terme de « pop » ».

D’Amy Winehouse à Céline Dion ou inversément

Quand on lui demande de citer des références qui l’ont guidées, elle cite sans hésitation Radiohead et Céline Dion dont elle admire totalement tant la personnalité que son œuvre. Et pourtant, c’est un autre monstre de la musique à qui on fait souvent référence quand on veut parler de Charlotte Cardin : Amy Winehouse. « Je trouve ça très flatteur car elle a fait de grandes choses. Elle a donné un nouveau nom au jazz. Elle avait un truc unique. Mais Amy Winehouse n’est pas pour moi une référence. Je ne l’ai finalement pas tant écoutée que cela ».

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Au-delà des références, Charlotte Cardin voudrait surtout qu’on parle de sa propre musique sur laquelle elle mise tout. Pas question pour elle d’utiliser son passé de mannequin pour séduire. Au fil de l’entretien se déroule un fil rouge qui rejoint sa musique : la simplicité. « Je me présente souvent sur scène comme je suis durant la journée. Sans habit de scène. J’ai été mannequin donc le trip d’être dans la peau de quelqu’un d’autre pendant plusieurs heures en étant maquillée, coiffée, habillée différemment de ce que l’on est, je l’ai vraiment vécu et je l’ai assez vécu. Je suis juste prête à me présenter telle que je suis ».

Trois ans après la Voix

Cette volonté d’être elle-même, de ne pas être « un produit » l’a poussée à prendre le temps après son succès à la version québécoise de « The Voice » dont elle fut dans le trio de tête de la première saison. « La Voix m’a aidée à me bâtir une certaine fanbase. Certains fans sont restés. D’autres n’ont pas accroché à mes propositions plus personnelles. J’ai attendu trois ans avant de sortir le premier morceau qui était 100% personnel. De cette expérience, j’en ai retenu le meilleur.  Ca m’a appris la scène, à gérer les entrevues avec la presse,. Il faut juste ne pas croire que tout est arrivé avec la notoriété que fournit une telle émission  car tout le travail ne fait que commencer ensuite. Et il faut accepter de passer de salles de 3000 personnes à des petites salles intimes. Ca apprend vraiment des choses si on comprend que ce n’est pas la vraie vie musicale. La vraie musique, ce n’est pas la téléréalité ».

Charlotte Cardin à l’assaut de l’Europe

Avec son répertoire bilingue, Charlotte Cardin peut nourrir tous les rêves. Aucun marché ne lui semble fermé. Londres, Berlin , Hambourg, Paris… et Bruxelles sont d’ailleurs au menu de sa première tournée au printemps prochain. Et la date à l’AB Club de Bruxelles est déjà complète preuve d’un engouement certain pour la Québécoise qui aborde l’Europe avec l’envie de séduire au premier contact. « Je trouve ça génial d’être à l’état de l’introduction de ma musique. De recevoir les premiers feedbacks, les premières impressions  et voir comment les gens en Europe reçoivent ma musique. C’est très excitant », explique-t-elle. « Et puis au Québec, même si on est plus connus, on n’est pas non plus des stars. On remplit des plus grandes salles mais ça ne fait pas une différence si énorme car au Québec on a que deux EP et on a même pas encore d’album ». Modeste, la belle Québécoise oublie de dire qu’elle remplit des salles de plusieurs milliers de personnes au Québec et que ses vidéos accumulent les millions de vues. Le tout, en effet, alors que son premieralbum n’est attendu que pour l’automne 2018. Un album qui devrait avoir la couleur des 2 EP québécois rassemblés en un seul EP pour l’Europe.  Et cette mini-tournée printanière, Charlotte Cardin l’attend avec impatience : « Jouer dans des villes pour la première fois est aussi un beau défi et super important pour la première impression qu’on donnera. Je voudrais que les gens voient que ma musique est très proche de qui je suis. Qu’il n’y a pas d’artifice, que c’est juste vrai ».

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Son premier EP « Main Girl » voit déjà sa plage éponyme diffusée en boucle sur certaines radios belges. Il n’aura pas fallu beaucoup plus que ces 8 titres sur l’EP pour faire de sa date à l’AB Club un rendez-vous déjà sold-out plus de trois mois à l’avance. C’est que de Dirty Dirty aux réels accents « Amy Winehousien » à des titres en français plus « poppy » comme Faufile, Charlotte Cardin brouille les pistes entre chanson, jazz, hip-hop et soul. Le tout avec une voix d’une telle maturité qu’on oublierait presque que la Québécoise n’a que 23 ans. De belles promesses assurément.

Charlotte CardinMain Girl (EP – 8 titres)
Parlophone – Warner Music

En concert le 7 mars à l’AB Club – Complet

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