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Un Belge à l’origine de la chorégraphie de Beyoncé aux Grammy Awards

Sidi Larbi Cherkaoui dans l'une des loges de l'Opéra Garnier | © OPALE

Musique

Il y a huit ans, le chorégraphe belge, Sidi Larbi Cherkaoui, accusait Beyoncé de plagiat. Plusieurs mouvements de danse de son « Formation World Tour » ressemblaient étrangement aux siens. Mais aujourd’hui, tout semble pardonné, puisque le Belge a collaboré avec la chanteuse américaine pour sa majestueuse prestation lors des Grammy Awards, hier soir.

Même si elle ne ressort pas comme la grande lauréate, Beyoncé aura néanmoins réussi à marquer les esprits avec un show mémorable aux Grammys dimanche soir. La reine de la pop a, en effet, offert au public une performance à couper le souffle. Une prestation assez atypique puisque Queen B, enceinte de jumeaux, n’a pas, comme à son habitude, offert une entrée acrobatique ou des mouvements danse frénétiques. Bien au contraire, la chanteuse a enfilé un costume d’or et nous a proposé un spectacle virginal, accompagnée par des hologrammes et une voix off préenregistrée. Une chorégraphie très lyrique derrière laquelle se cache un belge… Sidi Larbi Cherkaoui.

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Né à Anvers en 1976, d’un père marocain et d’une mère belge, Sidi Larbi Cherkaoui est l’une des figures emblématiques du monde de la danse contemporaine. Ce danseur et chorégraphe commence la danse à l’âge de 16 ans. Il suit sa formation professionnelle de danse contemporaine à PARTS (Performing Arts Research and Training Studios), une école bruxelloise fondée par la chorégraphe belge, Anne Teresa De Keersmaeker.

En 1999, il débute sa carrière avec sa première pièce intitulée Anonymous Society, une comédie musicale d’Andrew Wale rythmée par des chansons de Jacques Brel. Une création qui lui vaudra trois récompenses internationales et qui constituera un vrai tremplin pour sa carrière. Sidi Larbi Cherkaoui réalise ses premières chorégraphies en tant que membre du collectif Les Ballets C. de la B. Il travaille également avec des compagnies de danse, des opéras et des théâtres de grand renom : on citera le Grand Théâtre de Genève, le Sadler’s Wells à Londres mais aussi, les Ballets de Monte-Carlo.

Il crée, en 2009, pour le Cedar Lake Contemporary Ballet à New-York, Orbo Novo, sa première commande américaine. Auteur d’innombrables chorégraphies, il est lauréat de nombreux prix comme notamment le « Fringe First Award » à Edimbourg, le « Barclay Theatre Award » à Londres ou encore le prix Nijinski du chorégraphe prometteur à Monaco.

2010, l’année de la consécration

L’Anversois fonde en 2010 sa nouvelle compagnie, Eastman, qui « a pour mission de produire et de diffuser » ses œuvres. Ses créations sont très souvent en lien avec l’exploration de l’identité religieuse, ethnique et culturelle. « Ce qui caractérise le travail de Cherkaoui, c’est une grande qualité de mouvement très personnelle et très intéressante », explique Patrick Bonté, directeur générale et artistque du Centre d’art contemporain du mouvement de la Ville de Bruxelles, Les Brigittines. Son travail tend également à s’attacher aux notions de multiculturalité et de différence. En 2011 d’ailleurs, il est proclamé, par l’Unesco, « jeune artiste pour le dialogue interculturel entre les mondes arabe et occidental ».

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Cherkaoui – Beyoncé : round two

Directeur artistique du Ballet Royal de Flandres depuis septembre 2015, le chorégraphe belge n’en est pas à sa première collaboration avec Queen B. Mais les débuts de leur relation n’ont pas toujours été si amicaux. En effet, en 2008, Cherkaoui accuse alors la reine de la pop de plagiat. Le Belge estime que plusieurs séquences de danse du « Formation World Tour » sont identiques à ses mouvements de danse. Sans rancœur toutefois, puisqu’il accepte, en octobre dernier, de chorégraphier la performance de Beyoncé lors d’un événement caritatif, le « Tidal X Charity Concert ». Les Grammy Awards signent donc leur deuxième collaboration… la seconde d’une longue liste ?

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