Paris Match Belgique

Jodie Devos, la voix arc-en-ciel, lauréate des « Meilleurs de l’année »

Jodie Devos

Jodie Devos, une voix au sommet de 2017 | © Anthony Delez

Musique

Deuxième lauréat en chant du Concours Reine Elisabeth 2014, la jeune soprano de Libramont, âgée aujourd’hui de 29 ans, a su aussi éblouir le public qui lui avait décerné alors son prix coup de coeur. Cette année, le Prix des Meilleurs couronne un début de carrière éblouissant.

Paris Match : On s’habitue aux prix et aux louanges ?
Jodie Devos : Jamais ! J’ai pensé que l’engouement allait passer après le Reine Elisabeth et il n’en est rien. J’en suis ravie. C’est très touchant de voir à quel point le public belge me soutient. Je réalise enfin que je suis devenue soprano professionnelle et que j’ai trouvé ma place dans le milieu européen.

Vous enchaînez les scènes, de Paris à Liège, de Bruxelles à Toulouse. Est-on dans le même esprit quand on passe d’un rôle dans un opéra à un récital en soliste ?
Non, je ne l’aborde pas de la même façon. Jouer dans un opéra implique un travail en équipe et on peut se « cacher» derrière un rôle. Le travail pour un récital s’avère beaucoup plus intense et plus compliqué, on se retrouve seule face à soi-même. Par contre, le récital permet une liberté dans l’élaboration du programme, selon les mélodies et les histoires que j’ai envie de raconter, et me pousse à explorer d’autres aspects de ma voix et une palette plus large. Je suis aujourd’hui cataloguée comme soprano colorature me portant vers des emplois légers et vocalisants. Avec le récital, je me sens plus près du texte.

Comment le chant est-il arrivé dans votre vie ?
Je ne m’en rappelle pas mais mes parents me disent que j’ai toujours chanté, j’ai commencé le chant choral très jeune. À 11 ans, c’était évident, j’allais devenir chanteuse et pas autre chose ! Mes parents étaient mélomanes mais absolument pas de musique classique et je n’en ai pas écouté avant mes 18 ans. Cependant, cette ouverture a compté, ils nous emmenaient ma soeur et moi à des concerts de rock ou de pop. L’art a toujours eu sa place à la maison, ma maman peint et mes parents m’ont toujours encouragée du fait de leur esprit créatif.

Comment décrire le plaisir physique que vous ressentez en chantant ?
Quand j’ai chanté mes premiers airs de Puccini, j’ai ressenti à quel point la voix pouvait prendre possession du corps et je ne me suis plus posé de questions. Il existe aussi le plaisir à être sur scène. J’aime jouer la comédie.

Quels sont vos rêves de répertoire ?
J’ai carrément une liste des rôles que j’aimerais chanter dans ma carrière. Il y a Manon de Massenet. Qui sait, un jour, selon l’évolution de ma voix, la Violeta de ‘La Traviata’ de Verdi ? Mes professeurs et mes agents y croient. Je ne lâche pas ‘Lucia di Lammermoor’ de Donizetti que j’interprète depuis des années et qui m’a fait aimer l’opéra. J’ai eu la chance d’interpréter, il y a un an, un de mes rôles préférés, Lakmé. Mais j’en ai tellement et cette diversité fait la beauté de mon
métier.

Retrouvez tous les lauréats et toutes les réactions dans le « Spécial Meilleurs de l’année 2017 » dans le Paris Match Belgique du 1er février et dans l’émission C’est du Belge de ce 2 février 2018.

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