Paris Match Belgique

YouTube n'aime pas les "vulves" du clip de Charlotte Abramow

Vidéo Musique

Malgré le succès de son interprétation visuelle des "Passantes" de Georges Brassens, la photographe belge Charlotte Abramow est victime de la censure de YouTube. En cause, des vulves en épluchures de carottes.

C'était pourtant un joli buzz en cette journée des droits des femmes, loin des publicités navrantes et des blagues sans excuses : 83 000 vues en 24 heures, et une critique quasiment unanime ; le clip de Charlotte Abramow pour "Les passantes » de Georges Brassens était rafraichissant, inspiré et délicat... Mais pas vraiment du goût de YouTube, qui a décidé de rétrograder la vidéo imaginative dans sa catégorie "plus de 18 ans ».

Ce sont les "représentations métaphoriques de vulves » qu'on y retrouve sous la forme d'une pétale de rose, d'un pain de savon ou d'un chewing-gum, qui ont été jugées "offensantes » pour les utilisateurs, raconte Charlotte Abramow, visiblement en colère. "Je ne vois pas en quoi la nature et le corps de la femme peuvent être offensants », écrit-elle à ce propos dans un communiqué sur sa page Facebook. "C'est quand même hallucinant de censurer une ode à la Femme pour la Journée Internationale des Droits des Femmes ».

Lire aussi > Lutte contre l’excision : Des petits papiers pour dénoncer les mutilations génitales féminines

Là où la jeune photographe belge de 24 ans voulait proposer "aux gens une interprétation, une invitation à ouvrir son esprit et à devenir plus tolérant », Youtube voit donc un contenu obscène, voire dégradant. "On le censure pour une vulve évoquée par des épluchures de carotte, et de la peinture rouge sur un pantalon. Quelle tristesse », déplore l'artiste.

Lire aussi > Projet Maurice : une série de photos pour immortaliser l’oubli

À l'instar d'autres intiatives du genre, dont le fameux cas de la photo de la poétesse féministe Rupi Kaur, qui avait posé pour une photo "en flux libre », nos plateformes se bornent donc à trouver les représentations taboues d'une certaine féminité inappropriées. Une censure d'un autre âge - pour les moins de 18 ans -, d'ores et déjà décriée par de nombreuses femmes sur les réseaux sociaux. Drôle de temps pour les algorithmes aveugles et l'art qui dépasse les bornes.

CIM Internet