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Dans la fabrique du nouveau morceau de Stromae pour Mosaert

Le défilé de la dernière capsule de Mosaert au Bon Marché à Paris, où les spectateurs ont pu entendre le nouveau morceau | © E.Debourse

Musique

Ce vendredi, le défilé parisien de la marque Mosaert a été marqué par la voix de Paul Van Haver, qui avait chamboulé le monde de la chanson sous les traits de Stromae. Un retour musical que l’on doit notamment à son frère et à sa femme, Luc Junior Tam et Coralie Barbier, mais aussi à Orelsan.

 

Ceux qui n’avaient pas été mis au courant se sont surpris à tendre l’oreille plus que d’ordinaire lors d’un défilé. Si la mode a déjà par le passé signé quelques belles illustrations musicales, celle qui pointait dans les haut-parleurs du Bon marché ce vendredi avait un certain goût d’inédit : marquant le rythme des mannequins défilant sur le catwalk, la voix de Paul Van Haver.

C’est que depuis plusieurs années, les apparitions musicales de Stromae se font rares. Mais après une collaboration avec Orelsan – qui s’est notamment poursuivie sur scène à Forest National il y a quelques semaines -, il semblerait que « la machine » soit à nouveau en route. Et ce nouveau morceau accompagnant le défilé de sa marque Mosaert est plus représentatif que toute autre apparition sur la direction musicale que semble prendre l’artiste.

Une famille « touche-à-tout »

Bien plus une bande originale qu’un single calibré pour les ondes, Luc Junior Tam, son petit frère et directeur artistique depuis ses débuts, décrit le titre dévoilé ce vendredi lors du défilé comme « un long morceau avec quatre mouvements, qui dure neuf minutes ». Lent, d’abord, planant même, avant d’enchainer sur des images électroniques, basculer dans la trap, pour terminer sur un final « Kavinskyen », du propre aveu de Paul Van Haver. Le tout, explique Luc, avec pour référence principale la B.O. de Ghost in the Shell, un anime cultissime de la culture manga.

Parmi ses autres inspirations, Paul Van Haver ne manque pas de citer Coralie, sa femme et styliste : « Elle m’a envoyé toute une série d’expressions liées à la mode, que j’ai utilisées pour les paroles. Je parle de beauté, je parle de marche… » Les modèles ont ainsi défilé au pas, sur un morceau dansant composé pour eux et la capsule. « Ça m’enlevait toute la pression de devoir faire un single qui allait être joué en radio, qui marcherait ou pas », explique Paul Van Haver. Pour la première fois depuis longtemps – depuis son second album Racine Carrée notamment -, l’artiste s’est affranchi du succès pour composer sans pression.

©Lara Herbinia – Luc Junior Tam et Paul Van Haver, frangins et collaborateurs au sein des projets « Stromae » et « Mosaert ».

De manière toute aussi inédite, son frère s’est fortement impliqué dans le processus de composition. « Pour moi, c’était la continuité de ce qu’on avait fait sur les deux albums, tempère Luc Junior Tam. J’étais déjà toujours en train de lui casser les oreilles avec mon avis sur les instrus et les textes. J’ai toujours composé en dilettante, mais cette fois, en plus des remarques que je lui faisais sur le morceau, j’ai un jour pris la main pour tenter d’ajouter des petites choses ». Et Paul Van Haver l’a laissé faire, voyant dans cette collaboration plus de bienveillance que d’intrusion : « Quand j’ai écouté le morceau après, j’étais super content, se souvient-il. Ça me plaisait à mort, d’autant qu’il a ajouté sa touche avec beaucoup de parcimonie ».

Orelsan, une « inspiration »

Le retour à la musique de Stromae ne se fera pas sans ceux qui l’entourent semble-t-il, de près ou de loin. Son rapprochement avec le rappeur Orelsan pour le récent titre « La pluie » est sans conteste l’un des moteurs récents de Paul Van Haver. « Une chose qui m’a à nouveau donné envie de bosser, c’est la synergie d’eux trois, Orelsan, Skread et Ablaye », explique-t-il à propos de l’artiste français et de son entourage musical. « Leur côté simple et ‘voyage’, aller sur le tournage d’un clip, partir en tournée, revenir à Bruxelles… La petite excitation de cette vie-là, ça m’a redonné envie ! » Et d’ajouter : « Il y a des morceaux qui me reviennent, je compose… »


Pour autant, pas question de retourner dans la dynamique d’une vie dédiée toute entière à la chanson. « Il faudrait que j’arrive à trouver un système qui ferait que je ne tombe pas dans l’excès. Le jour où on me propose une tournée avec une promo et un concert par mois, pas de problème, je signe tout de suite. C’est juste qu’économiquement, ce n’est pas viable de travailler comme ça », confesse-t-il.

Je ne me mettrai plus la pression, ça c’est sûr. – Paul Van Haver

Et si l’idée d’un retour à la musique fait clairement son chemin, « il n’y a pas d’agenda caché », assure son frère, avant de synthétiser la pensée de Paul : « Le jour où tu décideras de vraiment relancer la machine, c’est que tu auras quelque chose à dire et la bonne manière de le présenter ». Et ce dernier de répondre : « En tout cas, je ne me mettrai plus la pression, ça c’est sûr. Tout ça, c’est fini ».

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Quant au nouveau morceau, intitulé « Défiler », il faudra également s’armer d’un peu de patience avant de pouvoir l’écouter : sa sortie sur le circuit classique, en même temps qu’un clip d’une dizaine de minutes – une captation stylisée du défilé – est annoncée pour le 25 avril. Stromae suit le tempo de « la fabrique » Mosaert : un rythme humain.

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