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La Sainte Victoire de Clara Luciani, "animal déguisé en madone"

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Avec Sainte Victoire, Clara Luciani, madone à la voix chaude et armée de sa guitare électrique, marque l’année 2018 du signe de son album qui explose tel une grenade.

 

On l'avait rencontrée il y a un an pour la sortie de son premier EP aux accents de rupture amoureuse. Si ça frémissait déjà pour elle en France, personne ou presque ne connaissait en Belgique Clara Luciani. Cette fois-ci, quand elle arrive pour la session live et l’interview, Clara Luciani s’excuse d’être si fatiguée après une première journée de promo belge harassante. C’est que l’ex-chanteuse du groupe La Femme attise toutes les attentions médiatiques depuis la sortie de Saint Victoire, son premier album aux saveurs de résilience aux blessures d’amour. C’est que l’amour à la mort, la rupture à en crever ont été les déclencheurs pour pousser Clara Luciani à quitter l’ombre des groupes pour s’assumer en chanteuse à part entière.

Si son premier EP Monstre d’amour parlait de la douleur d’être quittée, d’être dévastée par la rupture au point de se croire morte, Sainte Victoire est comme un match de boxe enlevé où elle rend coup pour coup aux mauvais moments du passé. « De me battre pour sortir de ce chagrin d’amour m’a rendu combative. Je me suis rendu compte que je pouvais me remettre de tout. Ce qui ne tue pas rend plus fort dit-on. C’est vrai». De "La Grenade" à "Drôle d’époque", Clara Luciani parle d’elle. De ses démons, de ses joies, de ses combats. « À part 'Eddy' (NDLR : Eddy se fait assassiner étouffé dans un lit), j’ai encore du mal à raconter autre chose que ma vie. Mais à présent, j’ai envie  d’ouvrir mes horizons  et d’aller plus dans l’imaginaire ».

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De sa voix grave, Clara Luciani est bien partie pour marquer l’année en cours. Au milieu d’un revival pop 80’s aux voix éthérées, Clara Luciani se démarque par sa chaleur et son sens aigu du texte au point d’attirer sur elle le regard bienveillant de pointures comme Juliette Armanet ou Benjamin Biolay. « C’est très précieux d’être validée par des gens qu’on admire. Ils m’ont tous encouragée en me proposant par exemple de faire leurs premières parties. J’aimerais bien dans le futur pouvoir travailler avec des gens comme eux. C’est peut-être le moment de lancer des requêtes », conclut-elle en souriant.

Sur scène durant l'été

Élégante, regard chaud et silhouette élancée, Clara Luciani a souvent été d’abord présentée pour son physique avant de souligner ses qualités d’interprète-compositrice-auteure. « Ca m’emmerde quand on commence par une description physique sauf si on le fait pour les hommes aussi », confirme-t-elle. Un rapport à la féminité compliqué qu’elle exprime dans "Drôle d’époque », le dernier morceau composé pour cet album. « 'Drôle d’époque' raconte cette impossibilité que je ressens face à tout ce que l’on attend de moi en tant que femme. On nous demande l’impossible. On n’accepte pas d’une femme qu’elle vieillisse. Ca met un poids insupportable sur nos épaules ». Cette vulnérabilité s’exprime par le format du morceau, seul guitare-voix de l’album pour cette artiste qui pourtant se révèle encore plus dans cet exercice où la simplicité lui va bien. « Je me sens en effet très vulnérable en guitare-voix mais c’est important pour moi de garder ces morceaux de nudité ».

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Déjà présente aux Nuits Botanique 2017 et au Brussels Summer Festival, la chanteuse française sera de retour en Belgique pour les festivals estivaux comme les Francofolies de Spa, le BSF à nouveau ou les Solidarités. Sur scène comme en dehors, en témoignent de nombreuses instastories en guise de preuves, Clara Luciani s’éclate avec son groupe composé de cinq autres musiciens. « Être en groupe a tout changé pour moi. C’est vraiment addictif. On s’amuse tellement qu’on a l’impression de partir chaque fois en colonie de vacances. Quand on ne se voit pas pendant trois jours, ils me manquent ».

Une presse unanime, des dates qui se jouent à guichets fermés, des sessions live qui sont autant de moments de grâce devraient convaincre cette fille enjouée à la ville mais, de son propre aveu, terriblement peu sûre d’elle de profiter du succès actuel. « Bien sûr je me sens flattée mais je n’ai pas envie de décevoir alors je travaille déjà à l’écriture du second album. Car pour ça dure, il faudra maintenir le cap et toujours progresser ».

Fin de journée de promo, la fatigue pique les yeux à celle qui se définit comme « être un animal déguisé en madone » mais le sourire tient le cap. Il est définitivement loin le temps de la dépression où elle s’exhortait à pleurer sur « Pleure, Clara, Pleure ». « L’album m’a fait reprendre des forces. J’espère que les gens qui ont le cœur brisé pourront l’écouter comme remède comme moi il m’a servi de remède ».

Clara Luciani : "Sainte Victoire" chez Initial Artist Services.

Clara Luciani sera le 19 juillet aux Francofolies de Spa, le 26 août aux Solidarités et le 15 août au Brussels Summer Festival.

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