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Eurovision : La parodie « antisémite » de la chanson gagnante qui passe mal

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L’ambassade d’Israël aux Pays-Bas s’est plainte d’une parodie néerlandaise de la chanson de la gagnante de l’Eurovision 2018, Netta Barzilaï, la qualifiant de « honteuse » et de « mauvais goût ».

 

Il y a tout juste dix jours, son morceau « Toy » – dont le message s’inscrivait dans la lignée du mouvement Me Too – avait conquis le jury de la 63e édition de l’Eurovision. Au quatre coins de l’Europe ont retenti les bruits de bouche et le déhanché singulier de Netta Barzilaï, devenue la nouvelle coqueluche décapante et extravagante de son pays : Israël.

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Ce samedi 19 mai, lors d’une émission diffusée à la télévision néerlandaise BNNVARA, la gagnante de l’Eurovision a vu sa chanson durement parodiée par une actrice et artiste de cabaret néerlandaise. Une interprétation qui n’a pas manqué de susciter l’indignation, au point que l’ambassade d’Israël aux Pays-Bas porte plainte contre la télévision publique nationale, qualifiant cette parodie de « honteuse » et de « mauvais goût ».

Paroles remaniées

En kimono multicolore similaire à celui que portait Netta Barzilaï à l’Eurovision le 12 mai dernier, Sanne Wallis de Vries reprend dans sa parodie les bruits de gloussement et les mouvements de danse de la chanteuse israélienne. Si jusque là, tout semblait n’être qu’une mauvaise reprise du tube de l’Eurovision, c’est au moment où l’interprète néerlandaise se met à chanter – en modifiant les paroles originales – que tout dérape. Non seulement, Sanne Wallis de Vries retravaille entièrement les paroles de « Toy », mais elle y associe (derrière elle, en fond de scène) la diffusion de vidéos de manifestants palestiniens et de murs érigés à la frontière israélienne.

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« Regardez-moi, je suis un charmant petit pays, les dirigeants du monde mangent bravement dans ma main et d’un baiser j’éteins tous les incendies », chante-t-elle, sur le même air. « Regardez comme c’est beau quand je lâche des bombes. Encore, oh oui, Israël gagne. Depuis 70 ans maintenant, cette fête continue », poursuit-elle.

« Allusions antisémites »

Une parodie d’autant plus malvenue qu’elle a été diffusée quelques jours après des violences meurtrières dans la bande de Gaza, où, le 14 mai, jour de l’inauguration par les États-Unis de leur ambassade à Jérusalem, 62 Palestiniens avaient été tués pendant des manifestations par les tirs de soldats israéliens.

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Elle « comportait malheureusement des allusions antisémites comme se moquer de la nourriture casher ou se référer à l’argent, dans la vieille tradition antijuive », a réagi le ministère israélien des Affaires étrangères dans une lettre envoyée à la télévision néerlandaise BNNVARA, mettant en copie le ministère des Affaires étrangères, et dont l’AFP a pu se procurer quelques extraits. « Montrer des vidéos tristes et déprimantes en toile de fond de la chanson gagnante de l’Eurovision n’était pas seulement de mauvais goût, c’était aussi inadmissible et honteux », ajoute le ministère.

« Les événements de la semaine passée (du 14 mai) sont abordés de manière satirique », a de son côté expliqué BNNVARA, disant que la parodie « n’est en aucun cas une critique de la communauté juive ». L’artiste Sanne Wallis de Vries s’est quant à elle refusée à tout commentaire, selon le groupe public de radiotélévision NOS.

 

– Avec Belga

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