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Childish Gambino : Et si « This is America » était un plagiat ?

Contestataire, "This is America" restera probablement le morceau de 2018. | © YouTube

Musique

Avec « This is America » et un clip qui a fait plusieurs fois le tour de la planète, Donald Glover, alias Childish Gambino, a frappé un grand coup. Mais aujourd’hui, des accusations de plagiat font surface sur Internet, ternissant en partie le succès du titre.

C’est incontestablement le morceau qui marquera l’année, si pas la décennie : une dénonciation des violences faites aux Afro-américains aux États-Unis, sur fond de gospel et de gros beats : le clip de « This is America » de Childish Gambino a déjà été vu plus de 300 millions de fois sur YouTube, et le compteur continue de grimper. Mais au lendemain d’une énième performance aux BET Awards, Donald Glover, l’artiste multi-talents à l’origine du morceau-record fait face à des accusations compliquées : et s’il avait simplement plagié un autre rappeur pour atteindre les sommets ?

C’est d’abord sur Reddit, puis sur Twitter et Instagram que la rumeur a enflé. Des internautes y ont débusqué le titre d’un certain Jase Harley – quelques 4 500 likes sur Facebook -, qui pourrait bien avoir sérieusement inspiré Childish Gambino. « American Pharaoh » traite de la même thématique – une Amérique décadente et violente -, tandis que la rythmique du morceau présente des similarités troublantes avec celui aux millions de vues. On y retrouve les mêmes chœurs joyeux, qui contrastent violement avec l’ambiance et le débit du reste de la chanson. Une ressemblance indéniable, qui ne suffit néanmoins pas à condamner immédiatement l’artiste multi-primé.

C’est que d’après Larry Iser, un expert américain publié dans Forbes, il n’est pas simple de prouver un plagiat musical. Les accusateurs doivent en effet convaincre la justice de la connexion intime et substantielle entre les deux chansons, sur un maximum d’aspects : tempo, paroles, mélodie, ou encore suite d’accords. Les démarches font intervenir des musicologues dans le processus et seraient terriblement coûteuses aux États-Unis.

Un message qui dépasse les artistes

De toute façon, l’équipe de Donald Glover ne semble pas prête à laisser passer ces accusations. Le producteur de « This is America », qui codirige également une agence créative dans laquelle est impliqué l’artiste, a défendu que leur morceau a « trois ans, et nous avons les fichiers Pro Tools pour le prouver », écrivait-il sur Twitter, selon Forbes. Mais le tweet en question a été supprimé depuis, laissant planer un doute quant à la possibilité que Childish Gambino se soit bien inspiré de « American Pharaoh ».

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L’auteur de ce dernier titre ne semble de toute façon pas s’offusquer de la ressemblance entre les deux titres. Au contraire, « Je suis extrêmement honoré d’être reconnu et considéré comme l’une des inspirations originales de l’une des plus importantes œuvres musicales et d’art visuel de notre époque », a-t-il écrit sur Facebook ce lundi, avant d’ajouter : « Ne laissez pas cette controverse diluer le message que moi-même et Childish Gambino tentons de faire passer. Nous parlons des injustices que nous avons endurées et il a contribué à fournir une plateforme pour que toutes nos voix soient entendues. Ne le discréditez pas pour ça ! L’attention devrait être concentrée sur le fait de changer nos communautés et bâtir l’égalité. C’est plus important que moi et lui et plus important que la musique ». Classe.

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