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Au Québec, le succès inespéré d'un méga-festival "sans but lucratif"

Image d'illustration | © Unsplash

Musique

Neil Young, Foo Fighters, The Weeknd, Beck, Lorde parmi 243 artistes programmés sur onze jours, un lieu chargé d'histoire pouvant accueillir 90 000 personnes, des tarifs défiant toute concurrence, et pourtant le Festival d'été de Québec est un secret bien gardé.

Imaginez l'un des plus vieux festivals d'Amérique du Nord et des plus fréquentés dans le monde, avec un million de spectateurs qui s'y rendront sur toute sa durée. Un évènement qui se tient depuis plus de 50 ans. Des stars gigantesques attendues par des foules aux quatre coins de la planète. Et pourtant, contrairement à Coachella, Lollapalooza ou Rock in Rio, l'exposition médiatique internationale du Festival d'été de Québec reste incroyablement faible.

"Pour beaucoup, on est catalogué 'le festival le plus extraordinaire dont vous n'avez jamais entendu parler'. On n'est pas très connus à l'étranger ni même dans l'ouest canadien. Et quand je vais y faire de la promo, il y a toujours des visages qui s'illuminent quand ils entendent parler de notre histoire pour la première fois", raconte à l'AFP le directeur de la programmation Louis Bellavance. Une histoire née il y a pile 50 ans, "lorsqu'une bande de rêveurs, qui avaient envie de démocratiser la culture, de l'amener dans la rue, ont créé le FEQ presque comme une fête de quartier, avec cette particularité restée immuable : être un événement à but non lucratif", raconte-t-il.

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Un demi-siècle plus tard, à une époque où les festivals pullulent et génèrent énormément d'argent, la philosophie et le modèle économique du FEQ laissent rêveur. "Il n'y a aucun propriétaire à proprement parler, on a un Conseil d'administration bénévole qui ne tire aucun bénéfice, avec un président qui change tous les deux ans. C'est une structure communautaire, au chiffre d'affaires de 45 millions de dollars canadiens (29,4 M EUR), qui compte une soixantaine d'employés permanents à l'année", décrit Louis Bellavance.

©Festival d'Été de Québec - Le Wu-Tang Clan y était présent en 2013.

Un ticket à partager

Surtout, le FEQ propose probablement les tarifs les plus bas qu'on puisse trouver pour une manifestation de cette taille. Pour 100 dollars canadiens (65 euros), le festivalier pourra voir 250 spectacles dont ceux de plusieurs stars mondiales (Neil Young, The Weeknd, Beck, The War on Drugs...). "En plus, ce laissez-passer est partageable ! Et peu importe avec qui !", s'exclame le directeur de la programmation du festival. "C'est un système qui est farfelu car on s'autocannibalise au niveau des revenus, convient-il. Mais il fonctionne à merveille si on écoule les 120 000 laissez-passer. Or on y arrive. Et au final on atteint à chaque fois l'équilibre financier".

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Une telle jauge, c'est ce que peut accueillir le site des Plaines d'Abraham, situé au coeur de la ville. Sur ce champ de bataille, qui vit les armées anglaises sonner le glas de la Nouvelle-France en 1759, Paul McCartney, les Rolling Stones, les Who, Elton John ou encore Stevie Wonder ont écrit les plus belles pages du FEQ, quand celui-ci a accordé une plus grande place aux artistes internationaux au début du millénaire.

Avec Belga

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