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The Kooks voit la vie en grand

Le groupe sortira un nouvel album le 31 août. | © DR

Musique

The Kooks était ce vendredi à l‘affiche de Rock Werchter, un festival que le groupe a déjà honoré à trois reprises, en 2006, 2007 et 2008. En attendant la sortie de leur 5e album le 31 août.

 

Il y a douze ans, The Kooks sortait du plus grand anonymat pour s’imposer de façon éclatante sur la scène pop avec Inside In/Inside Out, leur premier album cinq fois disque de platine. Depuis le temps a passé, le succès des débuts un peu aussi, même si Luke Pritchard et les siens continuent de remplir les plus grandes salles. À 33 ans, le chanteur originaire de Brighton affiche toujours la même dégaine, celle d’un grand ado, les yeux rieurs et les cheveux bouclés en cascade. Seule la longueur de ces derniers a perdu quelques plumes lorsqu’on le rencontre sur la terrasse d’un bar bruxellois. Il est d’humeur joviale à un peu plus de deux mois de la sortie de Let’s Go Sunshine, le cinquième album de son groupe.

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Au programme, quinze titres d’une pop qui a pris de la maturité grâce à des orchestrations beaucoup plus riches et qui, par moments, n’est pas sans rappeler les Beatles de Rubber Soul et Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Ou encore les Beach Boys pour les harmonies vocales. “Nous avons enregistré ce disque à Los Angeles et il y a un peu de la Californie dessus, dit-il. J’aime beaucoup écrire des harmonies, ça m’amuse énormément. Ce qui est fabuleux avec les Beach Boys, c’est que leurs chansons ont parfois l’air très simples mais une fois que vous les décortiquez, vous vous apercevez qu’il y a une superposition de couches. En fait, elles ne sont pas aussi évidentes qu’on pourrait le croire et c’est exactement ce que nous avons voulu faire sur Let’s Go Sunshine. Ça reste de la musique pop mais ces couches font que les gens écoutent les titres 50.000 fois. Mon ambition, c’est d’un jour faire un album entier de la sorte. Sur le nouveau, certaines chansons ont déjà cette classe et un côté intemporel.

©Andrew Whitton

L’amour des scènes

Cet album, The Kooks l'a présenté en avant-première au public de Rock Werchter puisqu’ils étaient une nouvelle fois à l’affiche du plus grand des festivals de l’été sur nos terres. Cette scène, Luke Pritchard et les siens la connaissent bien même si cela fait un bout de temps qu’ils n’y ont plus eu accès. Dans la foulée de leur incontournable premier album, ils s’y sont produits trois fois consécutivement entre 2006 et 2008. “Je vis pour ces moments, confie-le chanteur. J’aime les grandes scènes, j’adore les grandes affluences. Je ne peux pas parler pour l’ensemble du groupe mais pour moi, c’est le kif. Je suis très excité à l’idée de m’y produire, j’attends ces instants avec impatience. Par contre, je suis plus nerveux à l’idée de jouer sur une petite scène.” Et le chanteur de sortir une de ces anecdotes dont il a le secret pour expliquer son appréhension. “Il n’y a pas si longtemps, explique-t-il, ma copine se produisait dans un petit pub dans lequel il y avait une scène installée dans le fond. J’assistais à ce concert acoustique et très calme quand elle m’a invité à venir interpréter trois chansons de mon cru. J’étais très nerveux en allant m’exécuter parce que dans le pub, personne ne beuglait ou buvait de bière, le public était silencieux. Je me suis dit : Mince, il va falloir que je joue très bien ! (rire) Je suis habitué aux grandes scènes, c‘est là que je me sens le mieux.

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Difficile de ne pas lui faire remarquer que cette appréhension ne colle pas bien à l’image du chanteur d’un groupe à la discographie multi-platinée et au milliard d’écoutes en streaming. “C’est pourtant la vérité, insiste-t-il. En tant qu’auteur-compositeur-interprète, j’ai fait partie de ces chanteurs qui se produisent tous les jours et tous les soirs partout. J’ai joué dans toutes les salles possibles et imaginables de Londres, absolument toutes. Jusqu’au plus petit des pubs ! Mais aujourd’hui, je ne veux plus refaire ça parce que c’est épuisant et difficile. Dans les petites salles, le public est vraiment attentif à ce que vous chantez. Les gens posent un regard critique sur ce que vous leur proposez, ils décryptent chacune de vos paroles. Ça n’a rien à voir avec un festival où tout le monde est là pour prendre du bon temps, où le public a entendu vos chansons à la radio et vous soutien. Ce public-là me donne de l’énergie, c’est alors plus simple pour moi.

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