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Lily Allen raconte son viol et dénonce les abus sexuels dans l’industrie musicale

Lily Allen en 2009. | © EPA/ADAM WARZAWA POLAND OUT

Musique

Dans son autobiographie où elle raconte l’agression dont elle a été victime, Lily Allen rappelle qu’après le mouvement #MeToo, les abus sexuels restent « monnaie courante » dans l’industrie musicale.

 

Dans son autobiographie My Thoughts Exactly, dont la publication est prévue le 21 septembre au Royaume-Uni, Lily Allen vide son sac. Évoquant ses échecs amoureux, son combat contre la drogue et l’alcoolisme, la chanteuse britannique revient également sur une agression sexuelle qu’elle a subie en 2015. À travers le récit de son viol, commis par un producteur musical, elle rappelle qu’après le mouvement #MeToo, les abus sexuels restent « monnaie courante » dans l’industrie du disque.

« J’ai fui aussi rapidement que possible »

Dans une interview accordée au Guardian, qui publie des extraits de son autobiographie, Lily Allen avertit que malgré les révélations encouragées par le mouvement #MeToo, « l’industrie de la musique permet et encourage même parfois les comportements toxiques de certains hommes à l’égard des femmes ». Et l’artiste sait de quoi elle parle. En 2015, à Los Angeles, elle raconte comment son producteur de l’époque a abusé d’elle lors d’une soirée arrosée.

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« Je me suis réveillée à cinq heures du matin, car je pouvais sentir quelqu’un appuyant son corps nu contre mon dos. J’étais aussi nue. Je pouvais sentir quelqu’un essayer d’insérer son pénis dans mon vagin et gifler mes fesses comme si j’étais une strip-teaseuse dans un club », raconte-t-elle. « J’ai fui aussi rapidement que possible, j’ai trouvé mes habits rapidement et couru de sa chambre d’hôtel à la mienne.« 

 

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Coupable et impuissante

Longtemps restée discrète sur cet événement, Lily Allen a mis du temps à ne plus s’en vouloir. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il profite de ma faiblesse. Je me suis sentie trahie, honteuse. J’étais en colère et très confuse », explique-t-elle. À l’époque, faire appel à la justice lui semblait impossible. « Quel était le crime ? Le dirigeant de l’industrie ne m’a pas violée. Si les choses se passaient mal, je me suis dit qu’il gagnerait », ajoute-t-elle, évoquant la toute puissance des gens de ce monde.

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Plus tard, elle déposera un affidavit récapitulant les faits chez un avocat. Mais aujourd’hui, elle dénonce le silence qui continue de régner autour du phénomène. « Comme Rose McGowan, j’en ai parlé autour de moi, même à des femmes, et personne ne fait rien », déplore-t-elle, suggérant la piste d’un #MeToo de la musique. « Essayons et apprenons à nos filles à être plus fortes et plus résistantes, à être moins reconnaissantes, plus instantes à vouloir être prises au sérieux et plus bruyantes pour dire non. »

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