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Menacée de mort pour un soutien-gorge

soutien-gorge

Des seins très politiques | © Pablo Heimplatz / Unsplash

Musique

Zere Asylbek a sorti son premier tube cet été. Son clip, dans lequel elle chante en soutien-gorge, lui a attiré des insultes et des menaces de mort. Mais cela ne l’arrêtera pas de chanter ni de se battre pour l’égalité des genres. 

Zere Asylbek a porté plainte il y a quelques semaines après avoir reçu des menaces de mort. La raison ? Cette chanteuse de 19 ans a posté sur Youtube un clip musical. Intitulé Kyz, qui signifie fille en kirghiz, on y voit la jeune femme danser en jupe, costume ouvert, laissant son soutien gorge visible.

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Alors qu’elle chante « Un jour viendra où plus personne ne te dira ‘Ne fais pas ça, ne porte pas ça’ », des femmes vêtes de longues robes blanches et noires sautent dans l’eau pour en ressortir parées de maillot de bain, de pantalon ou les cheveux teints en bleu et rasés sur le côté. La vidéo a été vue plus de 500 000 fois.

Menaces sur Facebook

Sur sa page Facebook, un utilisateur anonyme menace de tuer la jeune chanteuse si elle ne retire pas cette vidéo. Sur une capture d’écran, un autre propose de lui couper la tête. Zere Asylbek a posté les menaces et indiqué à ses fans qu’elle allait porter plainte à la police.

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Elle a expliqué à l’AFP que le message principal de sa chanson était de « se respecter » et de « respecter les choix, les opinions et les modes de vie des autres ». Le but de son clip était de faire réagir et de provoquer le débat dans son pays, le Kirghizistan. « Mais là, ça a dépassé toutes mes attentes ».

Угрожающих я буду выкладывать и писать заявление.

Publiée par Zere Asylbek sur Mardi 18 septembre 2018

Créer le débat

Le père de Zere Zsylbek l’a soutenue publiquement, expliquant que sa fille était choquée, notamment depuis le meurtre d’une jeune Kirghize qui refusait de se marier avec l’homme qui lui était désigné. Ce drame avait suscité en mai une vague de protestation au Kirghizstan, où des milliers de jeunes femmes sont enlevées chaque année, principalement dans les campagnes, suivant une tradition héritée des coutumes nomades que les autorités sont accusées d’ignorer.

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Dans ce pays d’Asie Centrale, les droits des femmes sont très restreints. En 2017, 30 à 67% des mariages ont eu lieu suite à un kidnapping de fiancées, selon les chiffres du bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement au Kirghizstan. Et 83% des femmes subissent des violences, tel que le harcèlement de rue et les violences sexuelles. Zere Zsylbek, qui a toujours été encouragée dans ses choix par sa famille, ne se reconnaît pas dans des ces statistiques. « Alors j’ai voulu créer le débat » explique-t-elle.

 

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Вдохновляюсь. Пишу альбом. Хочу чизкейк.

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