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Kylie Minogue :  « Il y a eu des hauts et des bas mais le public ne m’a jamais lâchée »

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Kylie Minogue dans un show délirant. © Andrew Whitton | © Andrew Whitton.

Musique

Golden, son album, est passé inaperçu. Mais, sur scène, l’Australienne n’a rien perdu de sa superbe. Son nouveau spectacle est époustouflant.

En mars dernier, et pour la première fois depuis vingt ans, Kylie Minogue s’embarquait dans une tournée des petites salles. A Paris, 500 fans transis se précipitèrent au Café de la danse pour découvrir Golden, son 14e  album studio, dans une ambiance country. « C’était très étrange pour moi de voir les visages des gens, commente aujourd’hui Kylie dans son immense loge de l’O2 Arena de Londres. J’ai ressenti une proximité et une intimité que je n’avais jamais vraiment connues. Et c’est ce que j’ai voulu pour cette nouvelle tournée. »

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Car, depuis septembre, l’Australienne est sur les routes avec un show démentiel. Six tableaux, « comme si on allait du soir au matin », permettent à la chanteuse de revisiter son répertoire, donnant une couleur très seventies à « The Loco-Motion », son premier tube, faisant danser la foule sur « Can’t Get You out of My Head » et reprenant même « Especially for You ». Un spectacle qui lui permet aussi de rappeler qu’elle fut la merveilleuse interprète de « Where the Wild Roses Grow », en duo avec Nick Cave.

Kylie se réinvente à chaque show

« Cette chanson a été un vrai tournant dans ma carrière, note Kylie. À l’époque, le monde de la musique était assez cynique, la brit-pop était à la mode et Nick Cave un artiste quasiment underground. Il croyait vraiment que j’étais la bonne personne pour ce titre. Il m’a emmenée dans un univers plus adulte. Et moi, je lui ai peut-être amené un public plus vaste… » De 1997 à 2001, la carrière de Kylie connaît un envol exceptionnel. Ce « Golden Tour » le rappelle aisément. Trois disques lui suffisent pour asseoir sa domination sur la planète pop. Sans jamais tomber dans l’arrogance de Madonna ou se poser en rivale des nouvelles venues que sont alors Pink ou Lady Gaga. Non, Kylie se réinvente à chaque show.

Control freak, je l’ai été. Mais, à la longue, je pense avoir appris à lâcher un peu de lest.

« Il y a des hauts et des bas, note-t-elle cependant. Mais le public ne m’a jamais lâchée. » En Europe, du moins. Son « Kiss Me Once Tour » de 2014 n’ayant pas traversé l’Atlantique. « Je suis une battante, mais je ne lève pas le poing, sourit Kylie. Je sais que je chante mieux aujourd’hui qu’à mes débuts, que j’ai bien plus confiance en moi. » Quand, en 2005, un cancer du sein l’oblige à mettre un terme à ses concerts, elle n’a pas hésité à le rendre public. « Parler de mon cancer a été la bonne chose à faire, je n’aurais de toute façon pas pu mentir à ce sujet. Et cela a participé à me sauver. » Treize ans plus tard, la chanteuse de 50 ans resplendit plus que jamais sur scène. A quel sujet se serait-on trompé à son propos ? « On me rappelle à chaque interview que je suis australienne. Mais je serais bien incapable de vous guider dans Melbourne. Ma patrie, c’est l’Angleterre. Ma vie, c’est Londres. »

On la dit aussi control freak, veillant sur chaque détail, s’entourant toujours de sa famille. Kylie rigole. « Sans elle, j’aurais perdu pied pendant les années “folles”. Si je suis toujours là, c’est aussi grâce à elle », dit-elle, en présence de son frère, qui s’assure au même moment que tout va bien… « Control freak, conclut-elle, je l’ai été. Mais, à la longue, je pense avoir appris à lâcher un peu de lest. Maintenant je peux prendre le temps d’aller une semaine au bord de la mer pour ne rien faire. « 

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