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Blanche : « J’ai hâte d’être à l’Eurovision »

Un univers ultra-féminin, chic sans être sophistiqué. Blanche a choisi son monde pendant qu’Ellie se la joue plus cool. | © Marie Warnant

Musique

À 17 ans, la jeune Ellie, révélée par The Voice, représentera la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson en mai, en Ukraine. Sa voix grave met en valeur un titre très dansant qui devrait envoûter les millions de téléspectateurs. Instantané d’une jeune fille en fleurs…

 

Tout va très vite pour Ellie Delvaux, Bruxelloise en dernière année rhéto, depuis sa participation à la célèbre émission révélatrice de talents vocaux. Coachée par les Cats on Trees, elle en a séduit plus d’un avec sa voix de velours au timbre si particulier pour une si jeune adolescente. Tant et si bien que Pierre Dumoulin, le leader de l’excellent groupe Roscoe, l’a contactée pour composer avec elle. Entretemps, Ellie est devenue Blanche, nom de scène pour s’affirmer et s’envoler. Et nous on craque pour le 1er single « City Lights » qui défendra nos couleurs.

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Paris Match : Désormais, les artistes désirent composer pour vous. Vous vivez un rêve éveillé ?

Blanche : Il y a de ça, la chanson et la musique n’ont longtemps été qu’un loisir, je m’amusais à faire des reprises d’autres artistes. Même si je pénétrais dans leur univers, ce n’est pas pareil que d’interpréter sa propre chanson. Quand Pierre Dumoulin est venu vers moi, il avait une idée très précise de ce que ma voix lui inspirait. Moi qui ne connaissais pas bien Roscoe, j’ai découvert son style et j’ai adoré les démos qu’il m’a proposées. Je me suis tout de suite sentie à l’aise avec lui et ses créations et nous allons vraisemblablement continuer à travailler ensemble pour la préparation d’un prochain EP.

Jouez-vous d’un instrument ?

Un peu de guitare. Mais comme les choses se précisent pour moi, j’ai vraiment envie de me mettre au piano afin de composer par moi-même. Ma grand-mère est pianiste, elle me donne des cours et m’apprends à lire une partition. En fait, je cours toujours après le temps, je fais plein de trucs et je n’étais sans doute pas assez motivée, ce qui est différent aujourd’hui. Il faut savoir que j’ai toujours eu un piano à la maison, ma maman en joue également. La chanson et la musique occupent une place essentielle dans ma famille. Mon frère aîné, Oliver Lord, chante et est auteur-compositeur, il a aussi participé à the Voice, a sorti un album et en prépare un autre. Toute petite, nous avons 8 ans d’écart, je suivais son évolution.

Entre romantisme et modernité, Blanche avoue son goût pour les tenues vintage, avec un petit parfum d’autrefois. Et s’est déjà trouvé un style bien à elle.

Qui vous a poussé à participer à The Voice ?

Moi toute seule ! Je rêvais de faire la Star Academy mais j’étais trop petite alors dès que cette opportunité s’est présentée, j’ai foncé. Ma voix a mué d’un coup, elle est devenue très grave. De voir les réactions du public m’a fait prendre conscience que j’avais peut-être un truc différent. J’ai vécu The Voice avant tout comme une aventure humaine. Il régnait une incroyable entente entre les candidats et les équipes, surtout à partir des Live où on vit tous ensemble des moments tellement intenses. L’atmosphère détendue faisait que je ne me rendais pas vraiment compte de l’enjeu ou même des milliers de téléspectateurs qui me regardaient. Mais il est vrai que l’encadrement a son importance aussi. Même si on dispose de peu de temps avec les coachs, on bénéficie par contre d’un coach vocal qui nous apprend à respirer, à placer notre voix, et surtout à prendre confiance en nous. Cet exercice combiné à l’accueil du public nous aide à aller de l’avant.

Comment élaborer son style et son image ?

Comme j’ai de plus en plus confiance en moi, j’arrive à prendre plus de recul. Au début, il est très difficile de se regarder. Là, je ne suis plus Ellie, la candidate, mais une jeune artiste sous le nom de Blanche.  Je suis moins à nu. C’est moi avec ma personnalité mais tout en construisant un personnage, un style cohérent, un monde qui me correspond.

Quel est le style d’Ellie au quotidien ?

Je suis plutôt pantalon et pull quand je manque de temps. Mais j’adore me rendre dans des magasins de fripes vintage, de beaux habits plus anciens. Si dans la vie de tous les jours je ne suis pas du genre à porter des tenues sophistiquées, j’en ai profité pour proposer, en tant que Blanche, une image plus féminine, recherchée, chic. Avec toujours un côté décalé, classique… et fleuri. J’aime beaucoup les fleurs.

Blanche est votre troisième prénom. Une évidence ?

Oui, même si mon choix a suscité beaucoup de discussions. Soyons clair, j’adore mon prénom Ellie et je n’ai nulle envie de me cacher ou de me protéger derrière un autre nom. Mais j’ai le sentiment que Blanche me correspond artistiquement.

L’éclosion d’une artiste. Blanche, voix grave et allure gracile, est prête pour nous faire danser ces prochaines semaines. Son premier single « City Lights » l’emporte jusqu’à l’Eurovision.

Comment choisissez-vous vos tenues pour les photos, les clips ?

Je travaille avec une styliste anversoise extraordinaire, Farah El Bastani. Je lui ai envoyé plein de photos afin de définir mes goûts, les atmosphères que j’aime, de quoi lui permettre de me proposer différentes tenues. Elle m’a tellement bien cernée que je vais continuer à travailler avec elle. J’ai compris très vite une chose : l’importance de déléguer. Je suis jeune et je ne peux pas tout gérer. Même si je suis bien décidée à avoir un droit de regard sur tout, à chacun son métier. Il y a des gens bourrés de talent qui savent vous habiller, réaliser un clip, organiser un shooting photo… Comme toute fille de mon âge, j’aime les fringues et faire du shopping. Mais je ne veux pas que cela devienne une préoccupation professionnelle.

Est-il désormais clair dans votre esprit que vous ferez carrière en tant que chanteuse ?

Même si tout va vite, je me suis à présent engagée auprès d’une maison de disques qui me soutient. Alors oui, je pense que vous allez voir Blanche pendant un petit moment… 30 ans ? 10 ans ? 3 ans ? Nul ne sait combien de temps va durer ma carrière. Je termine mes études, littérature et histoire avec pas mal d’options artistiques. Vais-je en commencer d’autres l’année prochaine ? Je verrai comment les choses se déroulent. Dans deux mois, ce sera l’Eurovision, un truc de fou. Mais j’ai tellement envie d’y être. Et d’ici là, on doit élaborer une chorégraphie, une mise en scène, des costumes… Vraiment, j’ai hâte.

Single : City Lights, Blanche, PIAS

Une interview réalisée pour les Carnets de Match « Spécial Mode » du 09/03/2017

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