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Devenu pasteur, le père de la techno minimale mixe et prêche dans une église de Berlin

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Un destin hors du commun. | © AFP / John MACDOUGALL.

Musique

On vous présente Robert Hood, le DJ qui tentait de pénétrer les voies du Seigneur.

Des platines sont posées sur l’autel. Des cierges tamisent la lumière bleue des stroboscopes. Le son accélère le rythme cardiaque. Un millier de clubbers en extase se trémoussent au milieu d’une nef à Berlin. Le mythique DJ de Detroit, Robert Hood, père fondateur de la techno minimale devenu pasteur, avait convié vendredi dernier ses fans dans une église luthérienne de la capitale allemande à une première et inédite messe techno.

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Évangiles et sons technos

L’homme apparaît, monte à l’autel, met son casque, touche un bouton. Le sample commence. Les voutes de Saint Thomas Kirche, l’une des plus vastes églises de la ville en style néogothique de briques, tremblent sous la force des basses. Un frisson parcourt le public. « J’ai rêvé de cet instant depuis des années », lance de sa voix caverneuse Robert Hood, après un premier set d’une demie heure.

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L’église Saint Thomas Kirche, à Berlin, a pris des allures de club underground. © AFP / John MACDOUGALL.

« Cette église est magnifique, je ne m’attendais pas à ce qu’il s’en dégage une telle énergie, je suis si heureux d’être là », poursuit-il au micro, en quittant ses platines pour prendre place devant le pupitre ou il récite, sans transition, un extrait des Évangiles. Accompagné par un choeur amateur de gospel, et de deux femmes pasteurs, ce pionnier de la techno se montrait pour la première fois à ses fans européens avec sa double casquette de DJ et de pasteur.


Robert Hood, 53 ans, est considéré comme le père fondateur de la musique techno dite minimale. Avec son label « Underground Resistance », l’américain a régné sur les clubs les plus undergrounds de Detroit et Berlin pendant toutes les années 1990. La techno minimale a émergé dans la foulée des premiers sons de musique house, dans la ville post-industrielle de Detroit, la rivale de Berlin pour les amateurs de musique électronique.

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La minimale, reine des clubbers

Le son est caractérisé par une structure encore plus répétitive et linéaire que la techno classique, comme si l’aiguille restait plantée dans le sillon du vinyle, suscitant une attente particulièrement hypnotique. Cette variante de la techno est désormais plébiscitée par la jeune génération de clubbers européens, fascinée par l’esthétique des années 1990, dans le style vestimentaire comme musical.

Le DJ/pasteur a réalisé vendredi à Berlin un set mariant house et voix gospel, notamment avec son morceau phare « We magnify his name » (2011), mettant en transe aussi bien le public de jeunes clubbers que les quelques fidèles plus âgés de la paroisse, disséminés dans une foule au look déjanté. L’afro-américain Robert Hood, qui a quitté Detroit pour vivre en retrait dans la campagne de l’Alabama, a été ordonné pasteur en 2009, mais continue de produire une musique connue à travers le monde.

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« J’aime la musique, j’aime mixer, j’aime la techno, mais j’ai aussi eu besoin du Christ dans ma vie, pour être le mari, le père que je voulais être, j’ai connu la dépression, la solitude, mais Dieu m’a montré la voie », dit-il lors de sa prêche dans une allusion aux années de gloires à se produire de clubs en clubs.

Avec Belga

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