Paris Match Belgique

Le reggae fait désormais partie du patrimoine culturel de l’Humanité

reggae unesco

Rihanna, Bruno Mars, Sting, Ziggy, Stephen et Damian Marley lors d'un concert hommage au "grand Bob", en 2013 à Los Angeles. | © AFP / JOE KLAMAR.

Musique

L’Unesco a annoncé avoir ajouté la musique jamaïquaine à sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité. Il n’est jamais trop tard et on applaudit.

Une juste victoire pour le style musical qui rend tout le petit monde plus heureux ! Véritable fierté nationale et élevé au rang de chant quasi religieux au pays, le reggae est un des nombreux trésors de la Jamaïque, la petite île luxuriante des Caraïbes. Son peuple ne va sûrement pas manquer de faire la fête ce jeudi 29 novembre, car la musique incarnée par Bob Marley vient officiellement d’être inscrite sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, comme annoncé par l’AFP.


L’Unesco a par ailleurs tenu à saluer « la contribution » du reggae dans la prise de conscience internationale « sur les questions d’injustice, de résistance, d’amour et d’humanité ». Une mesure davantage symbolique qu’autre chose, puisque le genre musical rejoint une liste de quelques centaines de « traditions culturelles », où se côtoient notamment l’art du pizzaiolo napolitain et la lutte coréenne traditionnelle.

Lire aussi > Tout ce que vous devez savoir sur… Sting & Shaggy

Une musique porteuse d’espoir

Et même s’il ne s’agit que d’un symbole, il y a des raisons de se réjouir pour le style musical qui s’est exporté des Caraïbes (et pas seulement de Jamaïque) au début des années 1960. Très vite dans la décennie suivante, le style musical issu du ska et du rocksteady s’est imposé aux États-Unis et en Occident, notamment grâce à un discours prônant la paix et l’amour (« Peace & Love ») inspiré du rastafarisme, un courant spirituel qui voit l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié tel un Dieu et qui recommande une consommation intensive de la « ganja », autrement dit le cannabis. Le reggae s’est souvent revendiqué comme la musique des opprimés, abordant des questions sociales et politiques, la prison et les inégalités. En témoigne le cultissime « War » de Bob Marley : « Tant que la philosophie qui tient une race pour supérieure et l’autre inférieure ne sera pas définitivement discréditée et abandonnée, il y aura la guerre… » Ce morceau ô combien humaniste et pacifiste est directement et en partie tiré du discours de l’empereur Haïlé Sélassié en 1963 devant les Nations unies à New York. Peut-être le titre le plus emblématique de Bob Marley, et du reggae tout entier. Un plaisir pour les oreilles.

Lorsque l’on pense au reggae, on pense évidemment Bob Marley & The Wailers, mais pas seulement. Une flopée de légendes ont fait l’histoire du style musical qui se danse au ralenti, souvent en planant dans un écran de fumée. On citera Toots & The Maytals, Burning Spear ou encore Barrington Levy et la liste est longue. Comment ne pas penser au pionnier du genre Lee Scratch Perry et au virtuose Jimmy Cliff.

Lire aussi > Un chanteur jamaïcain réclame 300 millions dollars à Miley Cyrus pour plagiat

« Le reggae est exclusivement jamaïcain », a commenté Olivia Grange, la ministre de la Culture de l’île caribéenne avant le vote. « C’est une musique que nous avons créée qui a pénétré partout dans le monde ». À la différence de celle du patrimoine mondial, cette liste n’est pas établie selon des critères « d’excellence ou d’exclusivité », selon l’Unesco. Elle ne cherche pas à réunir le patrimoine « le plus beau » mais à représenter la diversité du patrimoine culturel immatériel, à mettre en lumière des savoir-faire portés par des communautés.

CIM Internet