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Typh Barrow, invitée d’honneur des Meilleurs de l’année : « Je ressens beaucoup de gratitude »

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Un grain de voix envoûtant, une présence scénique qui emporte tous les suffrages. Typh Barrow entame l’année sur scène comme dans le fauteuil rouge des coachs de The Voice. Alors que Paris Match et C’est du Belge la désignent comme LA personnalité de 2018, une reconnaissance pleine de sens.

Paris Match. Que ressentez-vous après cette année 2018 de folie ?
Typh Barrow. Je ressens beaucoup de gratitude au vu du chemin parcouru avec toute mon équipe. Certes, j’ai franchi de nombreux obstacles mais ils m’ont été bénéfiques. Je suis d’une nature à me fixer sans cesse des objectifs, mes attentes sont parfois considérables. Or, l’attente crée souvent la déception. J’ai vu des rêves de petite fille se concrétiser sans prendre le temps de les savourer vraiment. Aujourd’hui, j’ai appris à vivre le moment présent et je me réjouis enfin pleinement de ce qui m’arrive, ce qui s’avère sans doute être une de mes grandes victoires. Le succès ne m’est pas tombé dessus du jour au lendemain et heureusement.

Comment vivez-vous le fait d’être la nouvelle coach de The Voice ?
Je ne m’y attendais pas du tout. N’étais-je pas trop jeune pour coacher des talents ayant parfois 20 ou 30 ans d’expérience ? D’autant que les choix des coachs, ou leurs non-choix, sont abondamment décortiqués et commentés. J’essaye vraiment de me mettre dans la peau du talent en face de moi. Quand on se retourne, les mots viennent facilement car on est séduit. Pour les talents qui ne sont pas retenus, la déception peut se révéler énorme. Là réside l’erreur du coach débutant, faire preuve de trop d’empathie. Nous avons tous déjà subi des échecs dans notre vie. Il faut juste les considérer non pas comme des échecs mais comme des expériences. J’ai la chance d’avoir une très belle équipe de talents, avec des voix magnifiques mais également des personnalités très attachantes. On s’est fait une raclette à Noël, on vit tous une histoire humaine très forte. J’en avais déjà eu un aperçu en étant co-coach lors de la saison 5. Je reconnais être super exigeante avec mes talents tout en ayant envie de les protéger et de les rassurer, et surtout de leur donner un élan.

Mes concerts deviennent des rendez-vous

Peut-on dire que vous vous êtes construite sur scène, avec votre public ?
C’est vrai, un parcours à l’ancienne. Ce public me donne autant que ce que je lui donne. J’ai tracé mon chemin à l’image des artistes que j’admirais, de grands musiciens de blues et de jazz. L’échange avec le public est mon moteur, le sens même de mon métier. Si une seule personne vient me remercier à l’issue d’un concert, ma mission est réussie. Et je connais ce bonheur de voir des gens qui reviennent et me suivent. Mes concerts deviennent des rendez-vous. Heureusement, 2019 s’annonce aussi très riche, il y a encore tellement de dates, pour ensuite préparer le prochain album. J’ai vite compris que le seul facteur qu’on ne contrôlait pas était l’inspiration. J’écris et je compose continuellement, de nouveaux titres figurent dans mes concerts.

Le succès aide-t-il à se sentir plus libre ?
Il flatte l’ego mais ne résoud ni les doutes ni les blessures antérieures. Le succès peut même se révéler inquiétant quand il vous met la pression pour la suite, avec la peur de décevoir. Je me protège donc au maximum, je reste dans ma petite bulle en continuant à faire les choses selon mes désirs. Je me ressource en lisant, en pratiquant différents sports… Je me suis initiée, il y a quelques années, à la méditation et au yoga, ce qui m’aide énormément. Le sport permet d’évacuer mon surplus d’énergie et la méditation de me reconnecter à moi-même. Deux pratiques très complémentaires et qui m’ont permis d’enlever quelques-unes de mes cuirasses. Un travail de toute une vie… Les moments heureux qui s’enchaînent en ce moment m’apportent une énergie très positive.

Communion avec le public lors d’un premier sold out à l’AB. Le début d’une longue série.

Comment recevez-vous le fait d’être désignée invitée d’honneur de la cérémonie des Meilleurs 2018 ?
J’ai du mal à réaliser que je vais recevoir une telle distinction. J’ai toujours une certaine gêne avec les compliments et les honneurs. Que des médias comme Paris Match et la RTBF reconnaissent mon travail et mon parcours, et me soutiennent autant, me touche beaucoup. Paris Match m’a aussi donné la chance, l’année passée, de vivre une journée d’exception en devenant la marraine des Amis de l’Institut Bordet, un moment qui reste gravé à jamais dans ma mémoire et qui aura marqué 2018. Au contact de tous ces médecins, du personnel soignant, et bien sûr des patients, on relativise nos propres actes, j’ai reçu une leçon d’humilité. Est-ce que je mérite un prix ? Un des médecins m’a envoyé un mail pour me dire « Nous, médecins, soignons les corps. Vous les artistes, soignez les âmes. » J’en ai eu les larmes aux yeux.

Qu’est-ce que cette année 2018 vous a appris sur vous-même ?
J’ai appris à me faire confiance, et à faire confiance à ma voix. Mon corps, mon mental, je me découvre sans arrêt. J’ai tissé des liens encore plus intenses avec mon équipe et mes musiciens. Et j’ai vu mon approche avec le public évoluer, tant pendant les concerts qu’après où je peux échanger avec lui. Je n’ai pas fini de grandir.

Son actualité : En tournée en Belgique : le 26 avril au Cirque Royal à Bruxelles, le 3 mai au Manège à Mons, le 9 mai au Pais des Beaux-Arts de Charleroi et le 10 mai au Forum de Liège.

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