Dans Chocolat, Roméo Elvis dénonce le passé colonial belge (et le déni du gouvernement)

Dans Chocolat, Roméo Elvis dénonce le passé colonial belge (et le déni du gouvernement)

Roméo Elvis

Roméo Elvis sera en concert à Forest National, le samedi 20 avril. | © Straussphere

Musique

Sur son premier véritable album solo Chocolat, sorti le 12 avril, le rappeur belge Roméo Elvis s’attaque au passé colonial belge, tout en ayant Théo Francken dans le viseur. 

 

On le sait, Roméo Elvis est « fier d’être Belge ». Porte-drapeau de cette scène hip-hop belge qui rafle tout son sur son passage, le rappeur de 26 ans le dit une nouvelle fois dans son dernier album, tout fraîchement sorti ce vendredi, Chocolat. Sur le morceau « Belgique Afrique », il n’hésite tout de même pas à porter un regard critique sur son pays adoré, en abordant son passé colonial. « J’suis vraiment fier d’être Belge. Même si j’ai honte de nos ancêtres, ah c’est du passé. Vive notre économie (quoi ?), on n’en serait pas là sans les colonies. Et même si je suis vraiment fier d’être Belge. J’ai quand même honte de ce qu’on enseigne, Theo Francken », lance-t-il comme refrain, en s’attaquant à sa cible préférée : le Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration.

Roméo Elvis n’a jamais caché sa position quant à la politique migratoire de la Belgique. En septembre dernier, il s’en était déjà pris publiquement à l’homme de la N-VA sur Instagram, réagissant à la décision de ce dernier de maintenir une famille serbe en centre fermé. Après l’avoir qualifié de « crasse », le rappeur avait appelé les citoyens belges à voter de manière consciente aux prochaines élections. Dans son premier véritable album solo, le Bruxellois déplore la popularité de Theo Francken, dénonce « l’accueil réservé aux migrants » et condamne « le discours mal caché de la N-VA ».

Roméo Elvis plaide pour une mise à jour des cours d’histoire

Dans une interview accordée à BRUZZ, le rappeur sans son acolyte, Le Motel, déclare : « Je suis Bruxellois et fier de l’être. Je défends les couleurs de la Belgique à l’étranger. Mais je suis bien conscient des défauts de mon pays. Je n’entends pas fermer les yeux sur notre passé et nos mauvais comportements actuels. Aujourd’hui, tous les Belges peuvent en témoigner : nous sommes gênés par certaines actions politiques. Combien de fois notre pays ne s’est-il pas tapé la honte sur la scène internationale ? Ce qui me dérange le plus, ça reste notre politique migratoire et notre passé colonial ». Dans le deuxième couplet de « Belgique Afrique », Roméo Elvis lâche : « Nos sociétés malades, les anciens n’assument pas leur passage (jamais). Les photos du Congo belge de mon grand-père me mettent mal à l’aise même si c’est pas moi. À l’école, on ne parlait pas trop de ces affaires, c’était plus en privé, comme si ça faisait pas parti du passé », avant de demander à l’Etat belge de s’excuser pour son passé colonial. Tout comme un groupe d’experts de l’ONU pour les atrocités commises durant cette période « sombre » de son histoire. À leur rapport, Charles Michel avait affirmé que la Belgique a « toujours essayé de mener au plus loin le combat contre toute forme de discrimination », sans présenter les excuses attendues.

Selon Roméo Elvis, une mise à jour des cours d’histoire est « urgente ». « Il faut rétablir la vérité historique des faits, plaide-t-il dans le journal bruxellois. À l’école, les gamins n’ont aucune prise sur cet épisode. Tous les manuels d’histoire présentent Léopold II comme ‘le roi bâtisseur’. Et pour le reste, on en parle ? » 

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