Dua Lipa : « J’apprends à comprendre ce truc de la célébrité »

Dua Lipa : « J’apprends à comprendre ce truc de la célébrité »

Dua Lipa

La chanteuse Dua Lipa lors des German Radio Awards 2018 à Hambourg. | © Axel Heimken/dpa

Musique

La chanteuse anglo-albanaise Dua Lipa triomphe dans le monde entier. Rencontre avec une jeune femme déjà incontournable.

Dans la suite présidentielle de l’hôtel Marriott de Cannes, les équipes sont en ordre de bataille. Pendant que la coiffeuse vaporise de laque la tête noir corbeau qui lui fait face, un assistant sort d’une housse une robe longue noire au décolleté ultraplongeant. Face à la baie vitrée qui donne sur la Croisette, Dua Lipa jette un œil dehors alors qu’en bas de l’immeuble, des dizaines de fans espèrent apercevoir la star.

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La chanteuse lors de l’un de ses derniers concerts. ©Capture d’écran Facebook/@dualipaofficial

Notre conte de fées des temps modernes, qui pourrait aussi être un teen movie produit par Netflix, commence à Londres, un matin d’août 1995. Quelques années auparavant, les Lipa ont fui le Kosovo pour la capitale britannique. Dua grandit dans une maison où la culture kosovare est à l’honneur. On parle albanais et la musique résonne dans toutes les pièces. « Au Kosovo, mon père était musicien, raconte la chanteuse de sa voix cassée. Il était rock’n’roll et vivait au jour le jour. Il comprend mon amour de la musique même si lui, à l’époque, ne vivait pas au même rythme que moi aujourd’hui. Je dois faire attention à ma voix, ma préparation physique ressemble plus à celle d’une athlète ».

À l’aube de ses 11 ans, sa famille décide de retrouver sa contrée d’origine. « J’étais contente de voir enfin ce pays dont ma famille m’avait tant parlé ! Cette expérience m’a fait grandir plus vite. Ma double nationalité influe beaucoup sur ma personnalité ». La jeune fille étudie dans une école de théâtre, et rentre finalement au Royaume-Uni pour avoir plus de chance de percer. Avec son mètre soixante-treize et sa bouche charnue, c’est sans peine qu’elle est repérée pour faire du mannequinat, en parallèle d’un job de serveuse. Et le soir, elle se pose devant sa caméra : « Salut, je suis Dua Lipa, j’ai 15 ans et voici ma reprise de “Price Tag” de Jessie J ». Naissent ainsi des dizaines de covers aux sonorités pop – Christina Aguilera, J. Cole, Nelly Furtado… – et des compositions personnelles qu’elle poste sur YouTube. Jusqu’à « New Love », qui lui vaudra d’être signée par Warner. « Je suis sûre que toutes les vues de la vidéo viennent du Kosovo… Mais chut, personne ne le sait ! » Le clip en question compte plus de 38 millions de vues… pour un peu moins de 2 millions de Kosovars.

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S’ensuit le succès « Be the One », sauf que le titre n’est pas une création de Lipa. « C’est la seule chanson, avec « New Rules », que je n’ai pas écrite. Pour être honnête, quand j’ai entendu “Be the One”, j’étais très agacée de l’adorer autant, sourit-elle. J’aime que le mérite me revienne. J’écrirai seule tous les titres de mon prochain album ».

Je demande toujours aux gens qui m’abordent s’ils sont vraiment sûrs de vouloir une photo. Ça n’a pas vraiment de sens pour moi.

Janvier 2016 marque le début de sa première tournée européenne. Habillée en icône des années 1990, carré impeccable, tee-shirt court et jogging à pressions Adidas (elle a été égérie de la marque), elle offre des prestations enflammées. Sans playback. « Les gens qui me voient sur scène disent souvent qu’ils ont l’impression que je danse seule dans ma chambre ». Son premier album, qui porte simplement son nom, voit le jour en juin 2017. Un million d’exemplaires vendus plus tard, Dua Lipa devient l’artiste féminine la plus streamée. Et pour les quelques personnes encore réticentes, toutes les radios diffusent « Scared to Be Lonely », duo avec Martin Garrix, « No Lie », avec Sean Paul, tous deux disques de platine, et cerise sur le gâteau, « New Rules », qui fait exploser les compteurs avec pas moins de 1,7 milliard de vues.

2018 ne la laisse pas en reste, avec notamment la sortie de la vidéo de « Idgaf », dont la direction artistique est confiée à Stromae. Les prix pleuvent : Brit Awards, American Music Awards, entre autres, et, consécration, Grammy Awards, en février dernier. « J’apprends à comprendre ce truc de la célébrité. Je demande toujours aux gens qui m’abordent s’ils sont vraiment sûrs de vouloir une photo. Ça n’a pas vraiment de sens pour moi. Quand j’entends des horreurs à mon sujet, ça me touche, mais c’est le prix à payer quand ta musique s’étend à travers le monde. Je me dis que pour chaque mauvais commentaire, il y en a des centaines de positifs », remarque-t-elle, songeuse.

Dernier coup d’éclat en date : après « Swan Song », chanson star du film Alita : Battle Angel, superproduction pilotée par James Cameron, elle serait l’interprète de la bande originale du prochain James Bond. Son nom à elle est Lipa, Dua Lipa. Et la déferlante n’est pas près de s’arrêter.

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