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Juicy remet Theo Francken à sa place sur le financement des artistes (et sur la liberté d’expression)

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Julie et Sasha forment l'explosif duo Juicy. | © Juicy

Musique

Espérons qu’il ne soit pas le prochain ministre de la Culture.

Sasha Vovk et Julie Rens n’ont pas leur langue dans leur poche. Audacieuses, déjantées, engagées et un brin insolentes, juste comme il faut, celles qui forment le groupe bruxellois Juicy ont une nouvelle fois tout donné sur la scène du festival Het Groot Verlof, à Louvain, ce samedi 10 août. Sans filtre. Dans une commune qui a voté majoritairement pour la N-VA le 26 mai dernier, les deux chanteuses n’ont pas hésité à interpréter leur morceau « Didn’t Knock », dédié à Theo Francken. Jouée à chaque concert depuis plus d’un an (mais présente sur aucun EP), cette chanson dénonce le projet de loi proposé par l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations qui vise à autoriser les perquisitions policières sans mandat d’arrêt chez les personnes soupçonnées d’héberger des femmes et des hommes sans-papier. Ce qui n’a visiblement pas plu au principal intéressé.

Sur les réseaux sociaux, l’homme politique a partagé son agacement : « Selon ces dames, qui sont payées par la ville de Louvain pour ce concert gratuit, je suis un ‘enfoiré’, et c’est pourquoi elles m’ont dédié une chanson. #Pathétique #avecvoscentimes Ha oui, ce groupe s’appelle Juicy ou quelque chose comme ça », écrit-il samedi soir, publiant une photo du concert en question.

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Volgens deze dames, die betaald worden door Stad Leuven voor gratis optreden op Half Oogst, ben ik een ‘klootzak’ en…

Publiée par Theo Francken sur Samedi 10 août 2019

Ce à quoi les chanteuses féministes ont répondu : « Ce matin notre dédicace à Theo Francken a été entendue. Tout d’abord nous aimerions lui rappeler que si nous avons été payées par la ville de Leuven pour jouer au festival Het Groot Verlof, c’est parce que c’est notre métier. Et ce n’est pas parce que nous sommes rémunérées avec de l’argent public que nous sommes en accord avec les politiques mises en œuvre », rappellent-elles, avant d’expliquer leur dédicace à l’un des hommes politiques les plus populaires de Flandre. « Notre chanson ‘Didn’t knock’ dédicacée à Theo Francken dénonce la cruauté du projet de loi visant à permettre les perquisitions sans mandat d’arrêt. Nous voulons dénoncer toutes initiatives de l’état et de monsieur Francken à empêcher l’entraide citoyenne. Nous continuerons à écrire et à chanter nos désaccords avec les politiques par lesquelles nous ne nous sentons pas représentées. »

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