Paris Match Belgique

Alvaro Soler : « La rue des Bières à Bruges : un truc de dingue »

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Alvaro Soler était ce week-end à Bruxelles. | © D.R.

Musique

Alvaro Soler, qui était ce week-end à l’affiche du Brussels Summer Festival, s’est confié à Paris Match Belgique.

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Avec entre autres « Sofia », « El Mismo Sol » ou « Yo Contigo », vous avez décroché la lune en Belgique.
Alvaro Soler. Comme ma musique est espagnole, tout le monde pense qu’elle doit sonner à chaque fois comme le tube de l’été. En réalité, tout dépend dans quel pays on se trouve. Je suis heureux d’avoir pu amener mon style en Belgique. Mon dernier single, « Loca », y a reçu un accueil exceptionnel. La population belge est en fait plus latino qu’on ne le pense, plus exotique et plus cool qu’en Allemagne, par exemple. Je ne dis pas que je me sens belge, mais j’ai un peu de cela en moi. Les Belges sont connus pour avoir un grand cœur musical et j’aime cette énergie.

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Vous êtes aussi célèbre pour vos duos avec Jennifer Lopez et Maître Gims.
C’est toujours chouette de partager avec les gens. J’avais chanté avec le Belge Milow lors de mon passage au Cirque royal et je rêve de faire de même avec Stromae ou Angèle. Maintenant, concernant Jennifer Lopez, j’étais forcément intimidé. Surtout au début. C’était vraiment très bizarre pour moi, je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait… Je me demandais sans cesse : « Mais pourquoi veut-elle faire une chanson avec moi ? » J’ai ensuite compris que la musique était bonne et que donc oui, forcément, il fallait être au top. Quand vous écrivez une chanson avec Jennifer Lopez, il faut faire le job ! Quant à Maître Gims, son équipe est venue vers moi. J’adore sa musique, il a vraiment une voix spectaculaire et c’est un vrai bosseur. Je préfère d’ailleurs la méthodologie de travail des Européens à celle des artistes américains. Aux USA, c’est : « Je suis une superstar, personne ne peut me toucher ni m’approcher ». Alors qu’ici, c’est : « Il faut travailler dur là-dessus, on finira seulement quand ce sera réellement fini ! »

Vous avez un rapport plus intime encore avec la Belgique…
Oui, ma grand-mère est originaire d’Anvers. Elle y a habité durant dix-huit ou dix-neuf ans, puis a déménagé à Barcelone. Pour ma part, j’ai été plusieurs fois à Anvers, dont une fois pour le mariage de la cousine de ma mère, mais je n’y ai jamais vécu. J’ai par contre été à Bruges dans la rue des bières (Alvaro Soler veut parler du « Beer Wall », mais il y a aussi un musée de la Bière dans la ville, NdlR). Un truc de dingue… Et c’est surtout très bon !

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Alvaro Soler. ©DR

Avec vos chiffres et succès fous, comment faites-vous pour ne pas flancher ?
Personne ne m’a préparé à cela, si ce n’est mon éducation familiale. Si j’y arrive, c’est grâce à ma touche belge. Je ne truste pas les magazines people parce que je suis une personne joyeuse à la base. Il n’y a pas de mauvais côté chez moi. Cela me rappelle une discussion avec ma mère et ma grand-mère. « Comment peux-tu donner autant de concerts et ne pas prendre de drogues ? » s’inquiétaient-elles. On n’a pas besoin de cela, mais tout dépend des personnes. Physiquement, on est tous différents. Par exemple, je n’ai pas besoin de dormir beaucoup. J’essaie de rester au lit parce que je sens que cela rassure mes boss. Mais quand je viens dans un pays comme la Belgique, j’aime me lever tôt, profiter de la journée pour visiter et me faire une bonne bouffe avant mon concert. Surtout si la météo est de la partie. J’aime les choses simples.

Quelle est la morale de votre histoire à succès ?
J’ai toujours été quelqu’un de très réaliste. Vous ne pouvez pas vivre en faisant de la musique dans votre pays sauf si vous êtes régulièrement classé dans le top 5. Le reste, c’est une bataille constante. C’est triste, mais je m’y suis fait. C’est aussi pour cela que j’ai commencé ma carrière comme designer. Mais je ne voulais pas rester toute ma vie dans cet emploi en regrettant de ne jamais avoir rien tenté. Après un an et demi, j’ai fait un camp de musique à Berlin, j’ai sympathisé avec un groupe allemand et tout s’est enchaîné pour m’emmener là où je suis aujourd’hui. Bref, la morale est simple : il faut vivre ses rêves.

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