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Suarez : surfer sur la vague de l’amour

“J’apparais comme calme et posé mais, dans la vie, je suis plutôt quelqu’un de bouillant !”

Musique

Un nouvel album « Ni rancoeur ni colère » entre mélancolie et envolées lyriques, des concerts sold out partout en Belgique, une sortie en France sur le label de Loïc Nottet et Alice on the Roof… Suarez n’a jamais perdu le lien magique noué avec son public. Conversation avec Marc Pinilla sur le mode douceur…

Le feu n’est jamais loin de l’eau limpide… Sous ses airs de garçon sage, mais capable de coups de coeur musicaux torrides sur le plateau de The Voice, Marc, leader d’un groupe qui enchante les foules depuis dix ans, multiplie les belles rencontres, toujours plus avide d’expériences. Qu’est-ce qu’on aime ça !

Paris-Match. Pour quelle raison voyez-vous cet album comme un nouveau départ ?
Marc Pinilla. L’ADN de Suarez reste et démontre combien le groupe est un projet solaire, de partage et de communion avec le public. Le renouveau s’exprime plutôt dans la forme, l’accent a été mis davantage sur les textes et les chansons plutôt que sur la production et les sonorités africaines exploitées auparavant. Nous avons beaucoup tourné, en Suisse, en France, au Canada, aux Pays-Bas, et même à
Madagascar. L’influence malgache de Dada et des autres membres de Suarez, elle est dans l’attitude et pas dans la forme. Il existe toujours une vraie dynamique dans le partage lors d’un de nos concerts.

Le fait d’avoir travaillé pour d’autres artistes vous a-t-il été bénéfique ?
Il y a 3 ans, entre le succès du dernier album, le nombre de concerts et The Voice, il n’y avait plus assez d’espace pour respirer, vivre et surtout savourer ce qui nous arrivait. Il y a donc eu la nécessité de s’isoler. Mais la musique étant tellement présente dans ma vie, je n’ai pas pu arrêter d’en faire et ai donc coiffé ma casquette de producteur, goûtant au plaisir d’écrire pour d’autres, et notamment Alice on the Roof. Dada et moi, le binôme idéal, avons pu nous exprimer autrement. De toute façon, depuis ma rencontre avec Dada, je ne conçois plus la musique qu’à plusieurs.

Avant d’être une histoire musicale, il s’agit d’une histoire humaine, nous aimons beaucoup composer ensemble. Nos automatismes sont tels depuis 10 ans qu’ils auraient pu devenir un frein à notre créativité. Le fait d’avoir travaillé avec Alice, aussi charmante que brillante, nous a permis d’explorer d’autres voies, pour ensuite mieux revenir à Suarez avec une nouvelle fraîcheur. Que ce soit une femme nous a aussi poussés à nous montrer plus à l’écoute, patients.

Teniez-vous à aborder certains thèmes dans ce nouvel album ?
Je voulais absolument parler d’amour, dans tous les sens du terme et à toutes les étapes. Mais la priorité était de raconter des histoires, des récits de 3 minutes sans que le public ait l’impression d’avoir tout entendu après 10 secondes. J’avais envie de dire les choses en finesse, de me montrer moins droit au but et de raconter des tranches de vie qui me correspondent. J’ai travaillé avec des auteurs comme Barcella, Ben Mazué, des gars de mon âge, des chanteurs sur la route qui ont femme et enfants. Eux savent trouver les mots pour le partager.

Quant à Antoine Hénaut, il est très fort pour trouver les phrases et les formules qui font mouche. On lui doit ‘La Foudre’ mais aussi, par le passé ‘Qu’est ce que j’aime ça’ ou ‘Au bord du gouffre’. C’est un type à slogans, il devrait écrire pour les hommes politiques ! La paternité m’a également aidé à relativiser, elle nous freine dans nos élans fougueux. Jeune, on veut tout, tout de suite. En devenant père, on doit se montrer plus réfléchi et patient. Je pense que, désormais, j’accomplis les choses de façon plus sereine, plus apaisée. J’apparais comme calme et posé mais, dans la vie, je suis plutôt quelqu’un de bouillant! Très impatient, je m’énerve vite. Avec un enfant, on apprend à se raisonner.

Comment abordez-vous cette longue tournée, qui connaît déjà un succès considérable, avec cette date importante au Cirque Royal ?
Je vis cet album encore plus intensément. En chantant les titres, je me fais mon film, j’ai des images en tête, je partage des moments de voyage, d’émotion. Peut-être y a-t-il plus de douceur dans mon interprétation, même si je n’ai rien calculé. Notre concert au Cirque le 18 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, sera un grand moment puisque plusieurs titres seront joués avec un quatuor à cordes. J’ai besoin des autres, de nouvelles collaborations, d’autres défis. Ce concert sera le dernier en salle avant les festivals, et une nouvelle tournée à la rentrée.

©BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE – Sur la plateau de The Voice.

Jeans et chemise à carreaux. c’est votre tenue préférée ?
Dans la vie de tous les jours, je n’accorde aucune attention à mon paraître. Dans mon village, les gens me remarquent à peine quand je conduis mon fils à l’école. Je devrais faire un effort… Mais en TV, pour The Voice ou sur scène, je fais très attention. Si je ne faisais pas ce métier, je serais vraiment limite. En fait, je suis très peu matérialiste. J’ai beaucoup de chance car on me prête des voitures, des vêtements… Le métier fait que j’ai accès à beaucoup de choses.

Si je craque c’est pour les vacances et les voyages, j’aime me faire plaisir avec mes proches. Je suis d’une famille italo-espagnole, le mélange des cultures signifie énormément pour moi. Les rencontres, les parfums, les
saveurs, j’en ai besoin en tant qu’être humain. Récemment, nous sommes allés à l’île Maurice.

Quel est votre rêve de voyage ?
Je rêve d’être surfeur ! J’ai 36 ans. À 45 ans, il faut que je sois un as de la planche. Le surfeur est un beau mec sportif qui s’entretient, à la chevelure décolorée par le soleil et le sel et qui ne pense qu’à une seule chose : la vague. J’adore cette idée de nonchalance et de lâcher prise. Ado, je faisais du skate. C’est déjà un bon début, enfin j’en doute… En tout cas, je compte m’y mettre. Je commencerai par le Pays Basque mais un jour, je viserai la Californie ou le Costa-Rica.

Suarez.  Ni rancoeur ni colère, PIAS

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