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4 musiques qui sont profondément liées au mur de Berlin (et à sa chute)

La chute du mur de Berlin a eu lieu le 9 novembre 1989

Le mur de Berlin a été le symbole pendant 28 ans de la séparation entre la République démocratique allemande (RDA) et la République fédérale d'Allemagne (RFA). | © EPA PHOTO / LEHTIKUVA / FILES

Musique

La musique n’adoucit pas seulement les mœurs, mais fait aussi passer des messages. Qu’il soit direct ou plus subtil, nous retenons quatre musiques qui font référence au mur de Berlin, et à sa chute il y a 30 ans.

 

Le mur de Berlin chutait il y a maintenant 30 ans, le 9 novembre 1989. La fin de ce symbole a été un changement majeur dans l’Histoire, provoquant par la suite la réunification de l’Allemagne, et par effet boule de neige, l’éclatement de l’URSS deux ans plus tard. Surnommé le « mur de la honte » par les Allemands de l’Ouest, il a été édifié pour mettre fin à l’exode des habitants de la République démocratique allemande (RDA) vers la République fédérale d’Allemagne (RFA). Construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961, il a brutalement séparé des familles pendant plus de 28 ans.

Beaucoup de voix se sont alors fait entendre pour dénoncer cette séparation qui a fait de nombreuses victimes. En effet, les gardes-frontières des deux côtés n’hésitaient pas à tirer sur ceux qui tentaient de franchir le mur. Nous sélectionnons aujourd’hui quatre musiques qui font référence à ce passage de l’Histoire.

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« Heroes » de David Bowie (1977)

Cette chanson est probablement le titre le plus connu du chanteur britannique. Inspiré par son producteur, Tony Visconti, embrassant une de ses choristes, Antonia Maass, devant le mur de Berlin, David Bowie écrit et compose alors cette chanson racontant l’histoire de deux amants, l’un vivant à Berlin Est et l’autre vivant à Berlin Ouest.

« Standing by the wall / And the guns shot above our heads / And we kissed, as though nothing could fall » (« Debout près du mur / Et les fusils tirant au-dessus de nos têtes / Et nous nous embrassions comme si rien ne pouvait arriver ») chante David Bowie le 6 juin 1987 au pied du Mur, alors que de jeunes Berlinois de l’Est bravent la police pour entendre cette musique « décadente » et interdite. En janvier 2016, le ministère allemand des Affaires étrangères rend hommage au défunt chanteur, le remerciant « d’avoir aidé à faire tomber le mur ».

Au-delà de la référence au mur de Berlin, la chanson est vue par des spécialistes comme le potentiel triomphe de l’esprit humain sur l’adversité.

 

« Suites pour violoncelle seul » de Jean-Sébastien Bach, par Mstislav Rostropovitch le 11 novembre 1989

Seulement deux jours après la chute du mur séparant la ville de Berlin, le célèbre violoncelliste russe se rend devant un pan de mur pour jouer un extrait de Bach. « Je suis venu jouer ici pour que l’on se souvienne de tous ceux qui sont morts à cause de ce Mur », confiait Mstislav Rostropovitch. Soutenant les opposants au régime soviétique, l’artiste et sa famille avaient dû partir en exil aux États-Unis au début des années 1970. Il revient officiellement dans son pays en janvier 1990, deux mois après la chute du mur. Les images le montrant jouer devant le mur en partie détruit ont fait le tour du monde et sont devenues le symbole même de la chute du mur.

 

« Wind of Change » de Scorpions (1990)

Ces premières notes de guitare et ces sifflotements sont devenus légendaires et instantanément reconnaissables. Le chanteur du groupe allemand Scorpions, Klaus Meine, écrit les paroles de cette chanson à son retour du Moscow Music Peace Festival de 1989. Ce « vent de changement » symbolise aussi bien la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, que la fin du bloc soviétique deux ans plus tard. Avec ses paroles « Did you ever think / That we could be so close, like brothers / The future’s in the air / I can feel it everywhere / Blowing with the wind of change » (« As-tu déjà songé / Que nous pouvions être proches à ce point, tels des frères / Le futur est dans l’air / Je peux le ressentir en tout lieu / Soufflant avec le vent du changement »), le groupe allemand chante en l’honneur de la liberté retrouvée. Cette ballade reste aujourd’hui encore le titre le plus vendu de tous les temps en Allemagne.

 

« A Great Day for Freedom » de Pink Floyd (1994)

« On the day the wall came down / They threw the locks onto the ground / And with glasses high we raised a cry for freedom had arrived » (« Le jour où le mur est tombé / Ils ont jeté les cadenas par terre / Et en levant nos verres nous avons poussé un cri : la liberté était arrivée ! ») commence la chanson. L’auteur-compositeur et interprète David Gilmour racontera par la suite l’importance de la chute du mur de Berlin, mais également la déception de ne pas voir les choses changer plus rapidement. « Il y a eu un moment d’optimisme merveilleux quand le mur est tombé – la libération de l’Europe de l’Est du côté non démocratique du système socialiste, mais ce qu’ils ont maintenant ne semble pas être beaucoup mieux. Je pense que l’histoire évolue à un rythme beaucoup plus lent que ce que nous pensons, mais je pense que le vrai changement prend beaucoup de temps », expliquait-il 6 mois après la sortie de la chanson dans une interview.

Bien que leur titre le plus célèbre soit « Another brick in the Wall », il ne fait en aucun cas référence au mur de Berlin. Il sera tout de même utilisé comme symbole de la chute du mur suite au concert qui aura lieu à Berlin en juillet 1990. Le groupe reprend alors son tube en duo avec Cyndi Lauper devant plus de 350 000 personnes.

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