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Typh Barrow s’offre de nouveaux horizons

Typh Barrow sera en concert le 2 mai au palais des Beaux-Arts de Charleroi ; les 7, 8 et 9 mai au Forum de Liège ; les 15 et 16 mai au Cirque royal de Bruxelles. | © Photos Bernard Demoulin

Musique

Avec Aloha, son second album, la Bruxelloise propose un disque plus mature et élargit son univers.

 

Par Valentin Dauchot

Piano sensuel, guitare sèche, mélancolie douce, Typh Barrow ouvre son album exactement comme l’auditeur s’y attend. On entend déjà pratiquement venir son timbre grave et puissant, quand subitement émerge une voix masculine dans un langage dont nous ne comprenons pas le traître mot. Rien de plus normal, Gulaan chante en nengone, idiome kanak de Nouvelle-Calédonie, où la chanteuse bruxelloise de 32 ans est partie puiser en partie l’inspiration de cette deuxième livraison.

Long de sept minutes, cet « Aloha » d’introduction est gonflé, agréablement surprenant, et place d’emblée Tiffany Baworowski sur une nouvelle voie. Exit la tradition soul et l’héritage écrasant d’une Amy Winehouse. L’interprète se libère, prend le large et trace plus distinctement son propre sillon en alternant tubes calibrés pour la bande FM (« Replace », « Colour », « Doesn’t Really Matter »), blues charnel (« Very First Morning ») et retour à ses racines soul (« The Other Woman », « Damn You’re Bad »).

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Paris Match. Comment vous êtes-vous retrouvée en Nouvelle-Calédonie ?
Typh Barrow.
« J’ai écrit le morceau ‘Aloha’ chez moi et j’ai réalisé tout de suite que je ne voulais pas mettre ma voix sur le refrain. J’avais en tête une voix plus atypique, habitée, presque mystique. J’avais envie de grands espaces, d’étendues infinies à l’autre bout du monde. Quand j’en ai parlé à François Leboutte, mon manager, il s’est mis à faire des recherches sans me le dire, et il est retombé sur le chanteur Gulaan, que l’on aimait tous les deux, qui vit en Nouvelle-Calédonie. Gulaan était emballé, il a écrit ses passages en nengone et les choses se sont tellement bien passées qu’on s’est retrouvés sur son île, Maré. »

Il y avait d’emblée une volonté d’élargir le spectre, de diversifier votre univers ?
« Oui, mon univers est très pop-soul, mais j’ai toujours été éduquée dans une tradition musicale assez éclectique. On retrouve du hip-hop, du blues, beaucoup de rock. Ma hantise a toujours été que l’auditeur entende dix fois la même chanson, on s’est donc permis de prendre un peu plus de liberté. Je me suis autorisée à explorer plus en profondeur mes racines blues, par exemple. J’ai été davantage du côté de la folk, que je n’avais pas du tout développée sur l’album précédent. »

En même temps, trois ou quatre morceaux sont très pop, calibrés pour la bande FM…
« ‘Colour’ ou ‘Doesn’t Really Matter’ restent deux morceaux qui groovent beaucoup, mais ils sont effectivement plus sautillants, plus radiophoniques, au niveau de la production surtout. Ça ne partait pas d’une intention précise. Ça fait deux ans que j’ai le nez dans le guidon. Les tournées se sont enchaînées, puis il y a eu le jury de The Voice . Je ne me suis rien imposé de particulier, j’ai juste continué à composer. La seule ligne conductrice de cet album a été de tester quasiment toutes mes nouvelles compositions sur scène, faire du public un baromètre, un laboratoire pour voir si la magie opère ou non. Sur ‘Aloha’, la réaction a été tellement bonne qu’on a placé des micros dans la salle pour enregistrer directement l’audience. Les chœurs que l’on entend sur l’album, c’est la voix du public qui chante. »

 

©Photos Bernard Demoulin.

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